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Pour Márquez, Bagnaia a peut-être trop attaqué en début de course

Marc Márquez s'est étonné de la stratégie de Pecco Bagnaia au Mugello, l'Italien ayant lancé une lutte intense en début de course au risque de dégrader prématurément ses pneus. L'Espagnol était persuadé qu'une gestion plus prudente des gommes était nécessaire.

Francesco Bagnaia, Ducati Team, Alex Marquez, Gresini Racing, Marc Marquez, Ducati Team

Photo de : Tiziana Fabi / AFP via Getty Images

Le GP d'Italie a vu un Pecco Bagnaia acculé jeter toutes ses forces dans la lutte qu'autorisait le début de course. Le spectacle était splendide, au grand dam des patrons de Ducati qui ont tremblé à chaque dépassement et contact, mais au moins l'Italien apparaissait en capacité de réagir après des semaines à n'être plus que l'ombre de lui-même en piste.

Seulement, cette parenthèse n'aura duré que six tours, après quoi la Ducati #63 a perdu de son allant. Bagnaia a reculé au troisième rang, puis il a vu les frères Márquez s'éloigner irrémédiablement. "Dans la première partie de la course, j'étais assez confiant, je me sentais bien. Ensuite, au bout de six tours, l'avant a commencé à se dégrader et j'ai dû ralentir parce que je risquais de tomber", a-t-il résumé dimanche. Implacable.

Il est alors entré dans une phase de la course beaucoup plus compliquée, où ses pneus, qu'il avait beaucoup sollicités, ne lui apportaient plus suffisamment de performance, ni pour envisager gagner, ni même pour sauver sa place sur le podium. Car alors qu'il s'est trouvé face à un Fabio Di Giannantonio beaucoup plus fringant, qui n'a fait qu'une bouchée de lui à deux tours de l'arrivée, Bagnaia a décrit l'ampleur des dégâts : "Dans les derniers tours, les vibrations de l'arrière étaient trop fortes, j'avais un trou dans le pneu arrière parce qu'il était très usé."

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Les frères Márquez se sont étonnés après-coup que l'Italien ait pu lancer les hostilités de la sorte au risque de trop user ses gommes. Álex a expliqué s'être fait violence pour tenter de ne pas dépenser ni trop de gomme, ni trop d'énergie dans cette lutte, qu'il jugeait prématurée. Et Marc Márquez a suggéré pour sa part que son coéquipier en avait peut-être trop fait.

"À Jerez, je suis tombé au deuxième ou au troisième tour, alors aujourd'hui je n'arrêtais pas de me répéter dans la tête 'la course est très longue, la course est très longue'. J'ai essayé d'être dans cette bagarre, oui, car mon objectif était de mener cette course, mais dans le même temps j'essayais de gérer mes pneus", a expliqué le vainqueur auprès du site officiel du MotoGP.

"Tout le monde chez Ducati sait que quand on a ce pneu arrière soft [à l'arrière] et qu'on pousse fort au début, on va avoir du mal à la fin. Et effectivement, on a beaucoup tapé dans les pneus dans cette bagarre", a-t-il poursuivi.

VIDÉO - RÉSUMÉ : Les meilleurs moments du GP d'Italie

"Quand Pecco m'a passé, j'ai vu qu'il poussait fort et j'ai essayé de gérer, avec pour but d'être très proche dans les derniers tours et de gagner. Dans le même temps, il était important d'être devant par rapport au pneu avant, pour qu'il ne surchauffe pas. Par contre, quand Álex nous a passés, j'ai vu que le rythme de la course a augmenté, alors j'ai cherché la meilleure manière de le suivre puis de l'attaquer pour passer en tête."

Une stratégie que Márquez ne critique pas : "C'est sa course"

Marc Márquez exprime une certaine compassion à l'égard de son coéquipier, qu'il voit se démener pour tenter de retrouver le niveau qu'on lui connaît. "Il essaye tout et, aujourd'hui, on a vu qu'il a poussé fort au début, peut-être même trop", suggérait l'Espagnol dimanche. "Quand j'étais derrière lui, je voyais qu'il tapait fort dans les pneus. C'est peut-être la seule façon de faire pour lui, parce que quand on a des difficultés, on se bat contre la moto, on se fatigue plus et les chronos baissent."

"Mais on a vu que Pecco a été rapide tout au long du week-end. Or, aujourd'hui, il a eu des problèmes dans la dernière partie de la course, peut-être à cause de ce pneu arrière tendre – il faut qu'on regarde les données, mais je crois que l'usure des pneus a été forte pour tout le monde."

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Pecco Bagnaia a tenu six tours dans la lutte pour la victoire.

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"Je pense que c'était la meilleure stratégie pour lui", a ajouté Márquez, "et je m'attendais à ce que Pecco soit très agressif. J'ai regardé ses dernières victoires ici et il a toujours mené du début à la fin, ça veut dire qu'il se sent très bien quand il est devant et je savais donc qu'il allait essayer. C'est juste qu'aujourd'hui, il lui a sans doute manqué cette vitesse [qu'il fallait pour gagner]. Il a fait de très bons premiers tours, et au final il a suivi la bonne stratégie. C'est sa course."

Claudio Domenicali, grand patron de Ducati, présent sur place pour assister au quadruplé de la marque sur son Grand Prix national, a estime pour sa part que Pecco Bagnaia avait eu raison de se montrer aussi combattif en début de course, même s'il l'a payé par la suite.

"Ce sont eux qui sont sur la moto, et tout dépend de comment ils se sentent", a-t-il rappelé à GPOne. "Dans les premiers tours, Pecco se sentait très bien sur la moto, contrairement à d'autres moments. Je pense qu'il a bien fait de piloter comme ça. Il a donné une belle démonstration de pilotage, de talent et de spectacle."

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