Un seul élément rend Marc Márquez prudent sur ses chances de titre
Son retour en force au championnat fait de Marc Márquez l'homme le plus menaçant du moment. Lui-même surpris par la vitesse à laquelle il a réduit son retard, il n'identifie qu'un dernier élément perfectible : la solidité de son bras convalescent.
L'Allemagne a scellé la troisième victoire dominicale de Marc Márquez cette saison. Un score moyen pour la star espagnole alors que l'on atteint le cap de mi-saison ? Pas si l'on prend une autre lecture de ces chiffres, car il s'agit en réalité de sa troisième victoire… en quatre Grands Prix.
Le pilote Ducati paye encore les conséquences des mauvaises conditions dans lesquelles il a débuté le championnat, ainsi qu'en toute logique de sa convalescence après son accident au Mans. Néanmoins, sa remontée en l'espace d'un mois s'est avérée particulièrement spectaculaire !
Avant de se blesser, Márquez n'avait obtenu que trois médailles en course sprint, dont deux en or, et aucun trophée dans les courses longues. Au moment où il a retrouvé la compétition, au Mugello, il avait déjà pris 70 points de retard sur Jorge Martín et 85 sur Marco Bezzecchi. La domination du duo Aprilia en Italie avait même fait grimper son retard global à 102 points sur un Bezzecchi alors leader, et 85 points sur Martín… sur qui il n'a aujourd'hui plus que 18 unités de déficit.
Lorsque le site officiel du MotoGP lui a demandé, dimanche au Sachsenring, s'il était lui-même surpris de la vitesse à laquelle il a récupéré tant de points, Marc Márquez ne pouvait que s'extasier de la situation. "Je ne comprends rien !", a-t-il ri.
"Je l'ai déjà dit à la course précédente : on essaye d'attaquer quand je me sens bien et de survivre quand on est sur une piste difficile", a-t-il ajouté, justifiant ainsi le léger recul qu'il s'est accordé à Assen, où il n'a empoché que 13 points. Les autres pistes visitées depuis juin lui ont, au contraire, été bien plus favorables et lui ont permis de prendre entre 32 et 37 points à chaque fois.
Marc Márquez sait pertinemment que ce qui compte réellement, ce n'est pas le nombre de points restant encore à grappiller à ce stade, sachant qu'il en reste 407 en jeu et que la hiérarchie a le temps de plusieurs fois être chamboulée.
King du Sachsenring ou king de la saison ?
Photo de : Ronny Hartmann / AFP via Getty Images
Le seul élément qui ait vraiment de la valeur, c'est la dynamique qu'il a pu mettre en place et celle qu'il pourra ou non conserver lorsque se terminera la trêve estivale. Or, pour qu'il ait véritablement des chances d'être titré, celle-ci devra être servie par une condition physique désormais revenue dans la norme du trentenaire espagnol.
"Il est vrai que, si on veut se battre pour le titre, il faut que j'améliore un point, et c'est mon bras droit", a-t-il fait remarquer de lui-même dimanche. "C'est la seule chose que j'ai besoin d'améliorer. Donc pendant cette pause estivale, je vais évidemment me reposer parce que j'en ai besoin mentalement, mais j'ai aussi besoin de travailler très dur sur mon bras droit, surtout sur les points faibles. Il y a des endroits où je ne fais qu'être sur la moto, sans pouvoir jouer avec mon corps. C'est là-dessus que je dois travailler."
J'essaye de faire les erreurs le vendredi, de rouler à l'instinct. Je préfère tomber à ce moment-là.
Pendant que les pilotes Aprilia prenaient la poudre d'escampette en début de championnat, Marc Márquez devait composer avec les suites de sa fracture de la clavicule d'octobre dernier, ainsi qu'avec une vis posée lors d'une ancienne opération et qui appuyait sur un nerf. L'intervention subie après Le Mans lui a permis de retrouver des sensations normales, cependant il lui reste encore à récupérer pleinement sa force musculaire.
"Dans la première partie de la saison, avec mon problème de nerf, je tombais sans recevoir d'avertissement. Et maintenant, ma condition physique me bloque dans certains domaines", a-t-il expliqué, levant le voile sur la technique qu'il a mise en place : "J'essaye de faire les erreurs le vendredi. J'essaye de rouler à l'instinct le vendredi et je préfère tomber à ce moment-là, pour essayer de comprendre à ce moment-là où est la limite, et 'survivre' comme je l'ai fait sur certains circuits comme Assen."
"Si j'arrive à progresser au niveau de mon bras pendant cette pause estivale… Je ne sais pas si je le pourrai, mais je vais essayer de travailler dur pour essayer de réveiller certains muscles qui dorment. À partir de là, si on le peut, alors on essaiera de se battre pour le titre dans cette seconde partie de saison. Et sinon, il faudra essayer de comprendre ce qu'on peut faire chaque week-end."
Au-delà du talent du pilote Ducati, on peut s'interroger sur l'inconstance des uns et des autres dans un championnat qui reste à ce jour très ouvert. Depuis la Hongrie, Marc Márquez a pris 119 points, Ai Ogura 102, Raúl Fernández 72, Jorge Martín 52… et Marco Bezzecchi 13 ! Mais le champion en titre refuse de juger durement ce manque de régularité que payent aujourd'hui les premiers leaders.
"Le truc, c'est qu'on roule très vite. Or, cette année les Aprilia sont très rapides, ils élèvent même leur niveau [en se battant] entre eux. Chez Ducati, Álex [Márquez] est revenu et il est rapide, [Fabio] Di Giannantonio est aussi très rapide, Pecco [Bagnaia] aussi sur certains circuits. Donc ça veut dire que le niveau s'élève, mais on prend plus de risques alors il va être essentiel d'essayer d'être réguliers."
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