Michelin exclut tout problème de fabrication dans le pneu de Martín
D'après les premières analyses menées par Michelin, le pneu pointé du doigt par Jorge Martín après sa contre-performance au GP du Qatar, n'était pas défectueux. Le manufacturier poursuit l'étude approfondie des données pour faire la lumière sur le problème.
Alors que débute le dernier Grand Prix de la saison, à Valence, Michelin a levé le voile sur les premiers éléments qui ont été mis au jour concernant la contre-performance de Jorge Martín dimanche, au Qatar. Le pilote espagnol, seulement dixième à l'arrivée, à près de 15 secondes du vainqueur, s'était montré très véhément à l'encontre du manufacturier en désignant son pneu arrière comme cause de ses déboires, alors qu'il venait de perdre d'importants points dans sa lutte pour le titre.
"Jorge a été assez dur dans ses déclarations à l'encontre de Michelin. Chez Michelin, nous comprenons la position de Jorge, il se battait pour le championnat et nous savons que les pilotes sont pleins d'adrénaline. Nous avons quoi qu'il en soit parlé avec Jorge, ainsi qu'avec Pramac et Ducati, bien sûr. Ce que je souhaite dire, c'est que nous avons pris ce sujet très au sérieux", fait savoir Piero Taramasso auprès du site officiel du MotoGP.
"Juste après la course, nous avons envoyé toutes les données à Clermont-Ferrand et nous avons commencé à contrôler tous les processus de fabrication, tous les paramètres. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'y a pas eu de problème de fabrication, ni de problème de qualité avec ce pneu arrière de Jorge. C'est le plus important pour nous", affirme le responsable deux roues de Michelin Motorsport.
La qualité et la fabrication du pneu n'étant pas en cause, la deuxième étape du travail de Michelin est d'analyser les données recueillies en piste. Celles-ci ont commencé à être passées en revue et les enseignements tirés par le manufacturier clermontois confrontés à ceux de l'équipe.
"Grâce à Pramac et Ducati, nous avons obtenu des données de la course et du sprint. Nous avons donc commencé des analyses et hier, nous avons échangé nos analyses avec Pramac et Ducati, et nous sommes d'accord quant aux conclusions", indique Piero Taramasso. "Là où nous sommes d'accord, c'est que la performance de Jorge n'était pas raccord avec ce à quoi tout le monde s'attendait, en particulier à partir du septième tour et jusqu'à la fin de la course."
"Les données n'indiquent pas qu'il s'agissait d'un mauvais pneu et, si on regarde les six ou sept premiers tours, la performance était au rendez-vous", précise le responsable italien auprès de la presse. "Ensuite, le drop a été beaucoup plus important, c'est un fait, les chronos [le montrent]. Un autre fait est qu'à la fin de la course, l'usure du pneu de Jorge était très forte. Mais il était derrière, il a poussé fort, donc il nous faut tout relier pour en arriver à la bonne [conclusion]."
"La pression de Jorge était plus élevée que celle de tous les autres pilotes, à l'avant comme à l'arrière", précise Piero Taramasso, qui met cela sur le compte de l'agressivité du pilotage de l'Espagnol, contraint de remonter après un mauvais départ, ce qui rentre dans l'ensemble des nombreux paramètres à prendre en compte.
Encore plusieurs semaines d'analyses et de contrôles
Précisant que "les conclusions ne sont pour le moment pas claires à 100%" mais qu'il existe "différentes hypothèses", Piero Taramasso indique que les analyses doivent encore se poursuivre, probablement pour plusieurs semaines. "Nous continuons à travailler, car nous avons beaucoup de données à analyser et la course du Qatar ne s'est terminée qu'il y a trois jours. Nous travaillons sur plusieurs hypothèses", indique-t-il.
Le fait d'avoir exclu une erreur de fabrication permet à Michelin de se "concentrer sur les données de Jorge" et de les analyser notamment en les comparant avec celles de son coéquipier Johann Zarco et de Pecco Bagnaia. Le manufacturier explique chercher des réponses dans plusieurs directions. "L'une des choses sur lesquelles nous travaillons, c'est le composé arrière dur, car sa fenêtre de fonctionnement est très étroite. Selon comment on utilise ce composé, on peut avoir de meilleures performances ou des performances plus basses. Nous regardons donc cela."
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Michelin doit poursuivre ses analyses, avec plusieurs zones d'ombre à éclaircir.
Faut-il imaginer que le blocage de roue de Martín au départ de la course ait pu être lié au problème rencontré par la suite ? "En ce qui nous concerne, nous n'avons pas contrôlé les données du départ. Ce que nous avons vu, c'est que le tour d'installation a été fait correctement. Le pneu était en température, à la bonne pression. Nous n'avons pas le launch control, la cartographie, tout cela ; nous analysons le premier tour, le deuxième, le troisième… Mais il est certain que quand on perd du terrain et que l'on doit ensuite attaquer pour revenir, je pense que cela modifie la stratégie de la course."
S'il faudra encore du temps pour correctement analyser l'ensemble des données, c'est aussi que ce Grand Prix a révélé "beaucoup de choses contradictoires", selon Piero Taramasso. Le responsable souligne la présence de "nombreuses zones d'ombre" sur l'ensemble du week-end (comme l'absence de glissades et de patinage dans les données malgré les sensations rapportées par les pilotes), un week-end en outre compliqué par les conditions, avec un nouvel asphalte qui n'avait pas accueilli de test au préalable et l'habituel sable sur la surface.
Par ailleurs, il restera encore une étape physique, celle qui va requérir le plus de temps. "Nous découpons le pneu, nous regardons à l'intérieur pour voir si tous les matériaux, les différents composants sont à la bonne place, etc. Mais cela prend plus de temps, au moins un mois et demi", indique Piero Taramasso. Ce n'est donc qu'à l'issue de l'ensemble de ces vérifications que l'on saura définitivement ce qui a pu mettre à ce point Jorge Martín en difficulté lors de l'avant-dernier Grand Prix de cette saison.
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