2020, un joker pour Pramac et une victoire pour Miller ?

Une saison réduite et compacte, un pilote déjà certain d'être promu... Et si Pramac prenait des risques pour aller chercher la victoire en 2020 ?

2020, un joker pour Pramac et une victoire pour Miller ?

La saison 2020 a beau ne pas avoir encore débuté, Jack Miller sait que ce sera la dernière qu'il disputera avec l'équipe Pramac, déjà assuré de son passage dans la structure officielle Ducati pour 2021. Une situation qu'il partage avec Fabio Quartararo, mais qui est toutefois peu commune pour un pilote d'une équipe satellite. Selon son team manager actuel, cela pourrait avoir un effet libérateur pour l'Australien, en quête d'une victoire avant de changer d'équipe.

"Savoir qu'il peut abattre ses cartes sans réserve, sans avoir peur de faire d'erreurs et de voir s'échapper une place dans l'équipe officielle, lui permettra sûrement de courir avec l'esprit libre et en se donnant toujours à fond", estime Francesco Guidotti, interrogé par Motorsport.com.

Déjà victorieux en 2016, alors qu'il disputait sa deuxième saison au guidon d'une Honda satellite, Miller rêve aujourd'hui de retrouver le chemin du succès dans des conditions plus classiques que cette course détrempée à Assen, et de s'imposer une première fois avec sa Ducati qu'il a menée à cinq reprises sur le podium la saison dernière.

"Il est clair qu'il arrivera dans un super état d'esprit, certain de sa promotion en 2021. Il va donc vivre cette saison 2020 au maximum de son potentiel et il se pourrait que nous assistions à la performance que nous visions. Nous l'avons frôlée plusieurs fois : avec Petrucci à Assen en 2017, mais aussi à Misano, dans le dernier tour face à Márquez. Alors on espère !"

Aux promesses d'avenir du pilote australien s'ajoute le fait que cette saison 2020 s'annonce comme le plus atypique qu'ait connu le championnat en 70 ans d'existence. Déjà assurée d'être la plus tardive, on ignore combien de manches elle comptera, mais les plans actuellement en train d'être finalisés donnent en tout cas la certitude que l'on sera loin de l'épreuve d'endurance qu'était devenu le MotoGP en flirtant ces dernières années avec les 20 manches. Ces nouvelles conditions et cette incertitude qui ne disparaîtra pas tout de suite quant à la viabilité du calendrier pourraient aussi pousser les équipes à revoir leurs objectifs et à prendre des risques qui leur sont inhabituels.

"C'est un raisonnement que tout le monde se fait, mais au final il y en aura toujours un qui terminera premier, un qui terminera deuxième, etc. Pour une équipe privée comme la nôtre, ce sera un peu comme lorsque les conditions météo sont incertaines ou que les conditions de pistes sont mixtes. On essaye toujours de saisir les occasions particulières qui se présentent", souligne le team manager de Pramac Racing.

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"Étant donné que nous avons moins à perdre qu'une équipe officielle qui joue le titre, nous pouvons essayer d'abattre un joker pour lequel les conditions ne seraient peut-être pas réunies en temps normal. La situation actuelle est clairement particulière, alors nous allons essayer d'analyser toutes les situations et d'exploiter toutes les occasions qui pourraient se présenter et qui, peut-être, ne se représenteront pas."

Pour le moment, chacun attend le verdict quant aux conditions dans lesquelles la reprise se fera, avec une officialisation du calendrier attendue la semaine prochaine. La première partie du championnat devrait être européenne, avec pour première date celle du Grand Prix d'Espagne le 19 juillet (précédé par un test officiel) et de 12 à 13 courses jusqu'en novembre.

"Il y a beaucoup d'optimisme, nous attendons la confirmation du calendrier d'un jour à l'autre", s'impatiente Francesco Guidotti. "Ce sera plus compliqué sur une piste comme Jerez, qui est un peu étroite pour le MotoGP. Nous préférerions tous que ce soit le Mugello, mais si c'est à Jerez que l'on doit repartir alors ce sera Jerez."

"Il est clair que les conditions seront un peu particulières, mais elles le seront pour tout le monde. Les pilotes aussi vont devoir accepter une situation qu'ils auraient sûrement eu du mal à accepter précédemment en termes de sécurité, car cela fait désormais quatre mois qu'ils n'ont pas touché une moto. Pour une Moto3 ou une Moto2, on parle de machines 'humaines', mais avec une MotoGP ne faire qu'un jour de tests puis se plonger tout de suite dans une mentalité de course, ce sera assez intense. On verra qui est mieux préparé d'un point de vue mental et qui va peut-être un peu plus pâtir de cette situation."

Propos recueillis par Matteo Nugnes

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