Pour Mir, il n'y a plus de numéro 1 chez Suzuki cette année

À seulement 22 ans, le pilote majorquin a suffisamment séduit pour avoir été courtisé par la concurrence, mais il mise sur la continuité et veut réussir avec Suzuki. Fort de l'expérience acquise en 2019, il se voit désormais sur un pied d'égalité avec Álex Rins.

Pour Mir, il n'y a plus de numéro 1 chez Suzuki cette année
Charger le lecteur audio

Prêt à débuter − lorsque les conditions le permettront − sa deuxième saison en MotoGP, toujours en tant que coéquipier d'Álex Rins, Joan Mir est également assuré de poursuivre l'aventure Suzuki durant deux années de plus. Malgré une première campagne mouvementée, marquée par une lourde chute à la mi-saison et les problèmes physiques qui se sont ensuivis, le jeune pilote espagnol n'a marqué que trois points de moins que son coéquipier lors des sept derniers Grands Prix de 2019 et on l'a vu se battre pour le podium en Australie.

Sûr de lui, c'est sans complexes qu'il aborde la deuxième phase de ce parcours, alors qu'il va désormais lui falloir confirmer en mettant en pratique tous les enseignements de cette première saison. À ses côtés, Rins est lui aussi attendu au niveau supérieur après avoir ouvert son compteur de victoires l'an dernier et s'être imposé comme l'un des top pilotes de la catégorie, mais l'avance de son acolyte ne semble en aucun cas effrayer Mir, qui se voit désormais sur un pied d'égalité avec lui.

"Je veux penser qu'il n'y a désormais plus de numéro 1", a déclaré Joan Mir lors d'une visioconférence avec un petit groupe de médias, dont Motorsport.com. "L'année dernière, il y en avait un, parce que Rins s'était renforcé et que je venais d'arriver, c'était donc plus clair. [Un numéro 1 aujourd'hui] je n'y crois pas et Suzuki non plus. Nous avons tous deux pour mission de mener la Suzuki là où elle mérite d'être, comme l'a fait Kevin Schwantz."

Lire aussi :

"J'espère être proche d'Álex, voire même devant sur certaines courses", a poursuivi le pilote majorquin, qui voit dans la concurrence interne une émulation bénéfique à Suzuki. "Le secret pour continuer à progresser, c'est que je sois aussi rapide [que lui]. Cela nous fera tous grandir et la moto sera considérée comme pouvant figurer en tête à toutes les courses."

Pas de négociations avec la concurrence

Titré en Moto3 en 2017, Joan Mir a connu une ascension fulgurante, ayant signé avec Suzuki alors qu'il venait tout juste de passer en Moto2. Si son meilleur résultat en 2019 a été une cinquième place, il entend bien faire ses preuves cette année et a déjà montré pendant l'intersaison qu'il parvenait à mettre à profit ce qu'il avait appris, terminant sixième du test du Qatar à moins d'un dixième de Rins. Il sait qu'il a tapé dans l'œil de d'autres équipes, mais veut à présent miser sur la continuité pour arriver à ses fins.

"Je sais que j'ai reçu aussi d'autres offres, c'est vrai, mais je n'ai pas parlé avec d'autres constructeurs. Mon idée était de rester avec Suzuki", assure-t-il. "Le travail avec Suzuki n'est pas terminé. Deux ans, ce n'est pas beaucoup pour faire ses preuves, parce qu'il faut une année pour apprendre et ensuite une autre pour attaquer. Et puis si on passe à un autre constructeur il faut encore prendre un an pour comprendre [la moto] et ensuite la deuxième année sert à être plus devant. C'est un temps que je n'ai pas. Je veux rester chez Suzuki, essayer d'être compétitif et de gagner des courses dès que possible."

Lire aussi :

"Je crois beaucoup au projet de Suzuki et je pense qu'ensemble, on peut y arriver", assure le pilote majorquin. "En deux ans, on ne peut pas avoir fini le travail. Je suis passé du Moto2 au MotoGP en seulement un an, et l'année dernière me servait à gagner en expérience. La deuxième année est toujours celle où l'on commence à obtenir de bons résultats. Au final ce n'est pas beaucoup, on n'a qu'un an pour montrer son potentiel. Je pense que j'ai besoin de beaucoup plus et c'est la raison pour laquelle j'ai signé avec Suzuki."

Propos recueillis par Germán Garcia Casanova

partages
commentaires
La Dorna et Jerez fixent une date pour la reprise du MotoGP
Article précédent

La Dorna et Jerez fixent une date pour la reprise du MotoGP

Article suivant

GP des États-Unis 1989 : le manque de sécurité à l'extrême

GP des États-Unis 1989 : le manque de sécurité à l'extrême
Charger les commentaires
L'armada Ducati, une menace pour l'équilibre du MotoGP en 2022 Prime

L'armada Ducati, une menace pour l'équilibre du MotoGP en 2022

Voir Ducati aligner huit machines sur la grille MotoGP n'est pas un fait inédit, puisque la marque l'a déjà fait entre 2016 et 2018. Mais le niveau de la Desmosedici est impressionnant et l'implication de la firme de Borgo Panigale dans ses alliances bien plus importante qu'elle le fut par le passé, or cela pourrait avoir pour effet de déséquilibrer la catégorie reine.

MotoGP
16 janv. 2022
Ces héritiers que Valentino Rossi s'est choisis Prime

Ces héritiers que Valentino Rossi s'est choisis

Avec le départ de Valentino Rossi, le MotoGP perd sa plus grande star et l'Italie son meilleur représentant en course depuis les années 1980. Le Docteur lui-même a toutefois préparé sa relève et formé ceux qu'il espère voir lui succéder.

MotoGP
2 janv. 2022
Quartararo, le champion qui a changé les règles, comme Márquez Prime

Quartararo, le champion qui a changé les règles, comme Márquez

Précoce quand il dominait tous les championnats espagnols, Fabio Quartararo a été jusqu'à pousser à la mise en place d'un changement de règlement, comme Marc Márquez quelques années plus tôt. Son parcours mondial s'est pourtant révélé compliqué, jusqu'à la révélation une fois arrivé dans la catégorie MotoGP.

MotoGP
27 déc. 2021
Valentino Rossi s'est-il arrêté trop tard ? Prime

Valentino Rossi s'est-il arrêté trop tard ?

Inlassablement interrogé sur sa retraite depuis des années, Valentino Rossi a-t-il trop attendu, au risque de voir son palmarès se ternir ? On serait plutôt tenté de dire qu'en ayant tout essayé jusqu'au bout, il a choisi de raccrocher au moment qui était le bon pour lui.

MotoGP
16 déc. 2021
Suzuki déjà en retard dans la quête de son nouveau patron MotoGP ? Prime

Suzuki déjà en retard dans la quête de son nouveau patron MotoGP ?

Après avoir pris la décision de ne pas remplacer Davide Brivio début 2021 et n'avoir par la suite pas réussi à aider Joan Mir à défendre son titre, Suzuki est aujourd'hui à la recherche d'un nouveau team manager. Mais quelle que soit la personne que Shinichi Sahara nommera pour la suite, il est peut-être déjà trop tard pour convaincre le Champion du monde 2020 de rester.

MotoGP
23 nov. 2021
Quand les enjeux financiers engendrent l'agressivité des jeunes pilotes Prime

Quand les enjeux financiers engendrent l'agressivité des jeunes pilotes

La pression à laquelle sont soumis les espoirs de la moto est à la source d'une agressivité qui inquiète de plus en plus. Restreindre la participation au Championnat du monde aux pilotes âgés de 18 ans suffira-t-il à endiguer les manœuvres souvent désespérés des jeunes qui rêvent du MotoGP ?

MotoGP
3 nov. 2021
Quartararo : "Ce titre permet d'oublier les moments difficiles de Yamaha" Prime

Quartararo : "Ce titre permet d'oublier les moments difficiles de Yamaha"

De ses débuts inattendus en MotoGP à son premier titre de Champion du monde, trois ans plus tard, Fabio Quartararo a déjà connu un parcours intense dans la catégorie reine. Avec, au passage, une saison 2020 qui lui a rapporté ses premières victoires et une lourde déception, formatrice pour la suite.

MotoGP
26 oct. 2021
Plus que la Yamaha, c'est Quartararo qui a su évoluer vers le titre Prime

Plus que la Yamaha, c'est Quartararo qui a su évoluer vers le titre

Trop inconstant en 2020, Fabio Quartararo apparaît cette année infaillible au guidon de la Yamaha. Mais plus que les progrès opérés par la machine, c'est sûrement la transformation du pilote français qui l'a ainsi placé au sommet, en capacité de remporter son premier titre de Champion du monde MotoGP dès cette semaine.

MotoGP
20 oct. 2021