Petronas : Rossi est une légende, mais pas au-dessus de notre équipe

Le patron du team Petronas, qui pourrait accueillir Valentino Rossi en 2021, pose ses conditions avec une grande fermeté et ne déroule le tapis rouge ni au #46 ni à Jorge Lorenzo, dont le nom a un temps été évoqué.

Petronas : Rossi est une légende, mais pas au-dessus de notre équipe

La course avant la course dans laquelle se sont engagés certains pilotes est celle qui les mènera à finaliser avant l'été leur contrat pour la saison prochaine, voire la suivante. Sur ce marché des transferts très atypique, Valentino Rossi occupe une position qui aurait pu paraître inimaginable il y a quelques mois à peine. Non seulement, Yamaha a décidé de l'exclure de son équipe officielle afin d'accorder sa confiance à Maverick Viñales et de promouvoir un tout nouveau pilote en la personne de Fabio Quartararo, et ainsi former un line-up aussi jeune que prometteur, mais le #46 va devoir prendre une décision d'importance portant sur son avenir sans avoir pu compter sur le seul critère auquel il tenait : celui d'évaluer ses performances en disputant quelques courses.

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Yamaha l'a averti, il faudra que sa décision soit prise avant le premier Grand Prix de la saison, que l'on espère au mieux en juillet. Les discussions ont déjà commencé avec l'équipe désignée comme pouvant l'accueillir, en l'occurrence le team Petronas où il remplacerait Quartararo. Mais là aussi, le message initial est ferme : Rossi n'y serait pas le pilote numéro un et il intégrerait une structure qui n'est pas prête à lui dérouler de tapis rouge.

"Pour l'équipe il est important d'avoir de la stabilité en termes de performances. Nous souhaitons bien sûr conserver Franky [Morbidelli], qui peut apporter cela", explique Razlan Razali, directeur du team malaisien, auprès du site officiel du MotoGP. "Valentino peut donner une direction au team, mais il peut aussi apporter une superbe histoire pour l'équipe. Avant tout car l'année prochaine nous sortirons d'une très mauvaise année que nous connaissons cette année, et puis pour Valentino, qui est neuf fois Champion du monde, ce ne serait pas bien d'arrêter avec un scénario de ce type. Ce serait donc mieux pour lui de continuer, et nous sommes en mesure de lui fournir la plateforme [pour cela]."

"L'idée que Valentino puisse venir chez nous ne cesse de s'améliorer", explique tout de même Razlan Razali. Après de premiers échanges techniques et financiers avec Yamaha et avec Petronas, il veut à présent discuter directement avec le principal intéressé pour aborder les autres détails. Parmi eux, la constitution de son équipe technique semble déjà représenter un point de friction, alors que le pilote italien s'est constitué une formation à laquelle il est fidèle et dont il vient seulement de changer le chef de file en nommant un nouvel ingénieur à ses côtés.

"Valentino n'est pas un pilote comme les autres. C'est une légende vivante, il est neuf fois Champion du monde, il connaît beaucoup de choses. Dans le même temps, je suis désolé, mais pour nous personne n'est au-dessus de l'équipe", prévient Razlan Razali. "L'équipe est importante. Ce que nous avons eu l'année dernière était excellent en termes de structure et de personnes, et nous voulons donc maintenir les choses ainsi. Nous sommes dans notre deuxième année et nous ne voulons pas changer les choses à 360° pour une personne."

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

Le responsable malaisien poursuit son discours de fermeté : "Nous ne voulons pas de Valentino pour qu'il termine simplement sa carrière avec nous l'année prochaine. Nous ne voulons pas que ce soit juste une dernière année pour lui. Nous voulons qu'il fasse de bons résultats, qu'il soit performant et compétitif, et qu'il se batte pour le podium. Je pense que c'est important."

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Sans fermer la porte à une union durable, Razlan Razali n'a pas l'intention de mettre la charrue avant les bœufs : "S'il peut montrer à son âge qu'il arrive encore à être compétitif, tout peut arriver durant cette année, qu'il veuille prolonger ou autre. Cela peut se discuter. Mais tant que nous ne nous sommes pas rencontrés, que nous ne lui avons pas demandé ce qu'il veut et qu'il ne nous a pas dit ce qu'il attend de l'équipe, nous pouvons parler indéfiniment. Nous n'avons même pas encore établi cette communication pour le moment."

S'il avait encore un doute sur la question, Valentino Rossi est prévenu : il ne sera pas le leader de l'équipe qu'il formera avec son élève de la VR46 Riders Academy si un accord est trouvé en ce sens. "Je pense que le pilote prioritaire pour nous en MotoGP l'année prochaine est Franco Morbidelli. Nous devons faire de notre mieux pour qu'il ait tout ce dont il a besoin. C'est notre priorité", affirme Razlan Razali. "Même si Valentino vient − et encore une fois, cela dépend de discussions qui doivent avoir lieu − Franky est notre pilote-clé pour 2021." Il n'y a finalement qu'un seul point sur lequel le responsable malaisien montre un peu plus de flexibilité que Yamaha, c'est sur la date à laquelle il souhaite avoir scellé son line-up 2021 : "Je crois qu'août est vraiment la date limite pour annoncer notre second pilote."

Difficile d'envisager Lorenzo

Si Razlan Razali fait la fine bouche devant un nonuple Champion du monde, il est tout aussi impassible devant les cinq titres de Jorge Lorenzo. Bien conscient que la saison tonitruante de Fabio Quartararo n'a fait que renforcer l'attrait des M1 pour une bonne partie du plateau, pilotes débutants ou expérimentés, le patron du team n'a pas l'intention de se laisser séduire précipitamment. Aussi, lorsque l'hypothétique envie de reviens-y de Jorge Lorenzo est évoquée, il tempère les chances de voir le Majorquin dans son équipe l'année prochaine.

"J'ai discuté avec Jorge pendant les tests de Sepang et il semble enthousiaste, il semble rajeuni en ce qui concerne sa passion à l'idée de courir à nouveau. Il me l'a demandé, mais je ne m'étais pas engagé à ce moment-là, nous étions vraiment très tôt dans la saison", glisse-t-il. "Si cela avait été un championnat normal et s'il avait fait sa wild-card et qu'elle s'était bien passée… Tout est ouvert en termes de possibilités."

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"Tout le monde veut piloter une Yamaha, vous savez. D'anciens pilotes, des pilotes MotoGP actuels et tous les rookies veulent piloter une Yamaha. Nous aurions l'embarras du choix s'il s'agissait d'un championnat normal, mais ce n'est pas le cas. À l'heure actuelle, il est donc très difficile pour nous de prendre en considération Jorge Lorenzo ou tout autre ancien pilote MotoGP", conclut Razlan Razali.

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