Quartararo prévient : Pas de droit à l'erreur sur le mois à venir

Pour Fabio Quartararo, l'arrivée du MotoGP en Europe pose une limite claire : il n'a déjà plus le droit à l'erreur sur les quelques prochaines courses s'il veut rester en lice pour le titre.

Quartararo prévient : Pas de droit à l'erreur sur le mois à venir
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La défense de son titre de Champion du monde n'a pas débuté sous les meilleurs auspices pour Fabio Quartararo, qui n'a pu monter qu'une fois sur le podium au cours de la tournée outre-mer ayant lancé les débats. S'il n'est qu'à 17 points du leader, et s'en étonne même, le Français sait qu'il ne peut pas se permettre de laisser filer plus de courses sans se montrer au niveau de ses ambitions. Les premiers rendez-vous européens sont donc à ses yeux une opportunité qu'il lui faut absolument saisir.

"Je suis encore impressionné car j'ai fait un podium, une neuvième place, une huitième et une septième et je suis toujours cinquième du championnat. Et je ne suis pas si loin après quatre courses", observe-t-il. Impressionné, certes, mais également conscient qu'il a dû se contenter de trop peu jusqu'à présent, et notamment à Austin lors de la dernière course en date. "Imaginez, j'étais content de finir septième à Austin. Ça parait ridicule car j'étais Champion du monde l'an dernier et pourtant j'étais content de finir à cette place à Austin."

Notoirement insatisfait des progrès accomplis par Yamaha pendant l'hiver, Quartararo a fait part à maintes reprises de sa déception face à l'infériorité de la M1 en termes de vitesse de pointe. La machine japonaise se trouve également à la peine sur les pistes offrant peu d'adhérence, rendant sa fenêtre de performance réduite.

"Pour être honnête, l'Argentine et Austin ont été vraiment, vraiment durs. Si on regarde le rythme [sur un tour], on est tout le temps rapides parce qu'on est seuls, sans personne contre qui se battre. Mais dès que quelqu'un nous double en ligne droite, on est bloqués. Le seul pilote que j'ai pu doubler c'est Marc [Márquez] car je pouvais freiner super, super tard et j'ai pu imprimer mon rythme normal. Mais dès que j'ai quelqu'un devant, comme en Argentine, ils ont tous des trajectoires en V et si je ne prends pas un virage bien rond, je suis lent."

Après avoir arpenté quatre pistes jugées atypiques, le MotoGP retrouve l'Europe cette semaine, à commencer par le technique toboggan de Portimão avant les circuits plus classiques que sont Jerez, puis Le Mans. Pour Quartararo, il sera essentiel de montrer désormais les signes d'une véritable montée en puissance.

"Ce [week-end] c'est du 50/50 pour nous, mais c'est vrai que Jerez et Le Mans sont des pistes vraiment importantes pour nous. On n'a pas le droit de commettre d'erreurs. Sur ce genre de pistes, il faut être sur le podium et ne pas commettre d'erreurs, car sinon ça sera vraiment difficile d'arriver bien placés à la fin de l'année."

"Il faut que l'on ait de nouvelles choses", prévient-il, indiquant qu'il "espère" recevoir des mises à jour maintenant que le championnat concentre ses déplacements sur une zone plus limitée. "Pour le moment, je n'ai pas beaucoup de nouvelles mais il le faut."

"En train d'arriver à la limite"

Face au constat d'évolutions jusqu'ici trop limitées sur sa Yamaha, Quartararo s'est dit ouvert à la discussion avec la concurrence. Encore récemment, son manager n'a pas caché que d'autres options pouvaient être prises en considération pour l'après-2022, alors qu'une décision est attendue avant l'été. Yamaha entre donc clairement dans une phase déterminante, où il lui faudra chercher à convaincre son champion de rester.

En attendant, le Niçois tente de prendre son mal en patience et d'adopter une approche constructive. "Pour être honnête, sur les dernières courses je sens que j'ai piloté du mieux que j'ai pu. Je pense que lorsque vous rencontrez ce genre de soucis, que la moto ne fonctionne pas 'bien', je dirais − c'est mon ressenti −, vous essayez de donner le meilleur de vous-même. Sur les deux-trois premières courses, j'étais très frustré par rapport à la vitesse, mais à Austin je me suis dit 'bon c'est ce que l'on a, je ne peux rien y faire, je me concentre sur le pilotage' et j'ai fait quelques bons dépassements. Normalement je ne suis pas très à l'aise [dans les dépassements], mais à Austin, lors de la moindre petite occasion que j'ai eue, j'y suis allé."

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Fabio Quartararo au Grand Prix des Amériques

"J'ai l'impression qu'on apprend beaucoup plus dans les moments difficiles. J'ai appris plus à Austin que lorsque j'ai gagné certaines courses. Quand vous gagnez, tout va bien, mais quand vous faites ce genre de résultats, vous apprenez beaucoup."

À Portimão cette semaine, Quartararo retrouve une piste sur laquelle il a brillé il y a un an, décrochant la pole position et la victoire. L'édition suivante, cependant, disputée à l'automne, l'avait confronté à la difficulté de se mesurer aux Ducati, et ce sont les Desmosedici qui ont d'ailleurs pris l'ascendant dans un domaine qu'il a longtemps maîtrisé, celui des qualifications.

"Mon plan en qualifications est d'attaquer comme un fou pour me qualifier du mieux possible. Je n'ai pas de meilleur plan que celui d'attaquer à la limite", annonce-t-il alors qu'il a décroché une seule pole jusqu'à présent cette saison. "À Austin, j'ai donné tout ce que j'avais, j'ai commis une erreur mais c'est la seule façon pour moi de vraiment défier les autres marques. En Indonésie, la piste était meilleure pour nous, j'ai attaqué à la limite et on y est arrivé. Mais c'est vraiment dur car les autres constructeurs ont passé un gros cap. Ce n'est pas que je deviens moins bon en qualifications, c'est que je suis en train d'arriver à la limite."

Avec Charlotte Guerdoux

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