Continuer malgré la difficulté, un choix assumé par Rossi

Le nonuple Champion du monde a beau être à la peine, il ne regrette pas d'avoir fait le choix de poursuivre sa carrière à une époque où il aurait pu raccrocher en étant encore au sommet.

Continuer malgré la difficulté, un choix assumé par Rossi

À l'instar de d'autres champions dans diverses disciplines sportives, Valentino Rossi a pris le risque de faire connaître à sa carrière une phase de déclin et de se remettre en jeu en la poursuivant au-delà d'un âge où il serait commun de savourer une retraite méritée. Un pari qu'il assume aujourd'hui, bien que sa dernière prolongation de contrat portant sur les saisons 2019 et 2020 ne lui ait, pour le moment, rapporté aucune victoire et qu'elle l'ait, au contraire, placé sous le feu des critiques à cause d'une courbe de performances bien plus faible que ce qu'il avait l'habitude de réaliser.

"Il y a longtemps, j'ai pris une décision à une croisée des chemins : soit je me retirais en étant au top, en me disant que j'avais arrêté alors que je gagnais encore des titres et en prenant le risque d'avoir encore envie après, soit je courais jusqu'à ce que je n'y arrive vraiment plus, jusqu'à la fin. J'ai choisi la deuxième solution et je sais qu'il y a des moments difficiles", accepte le pilote italien. "C'est un raisonnement que j'avais déjà fait au début de la saison dernière, parce qu'on signe pour deux ans et c'est là qu'il faut se dire 'OK, il y aura peut-être des moments difficiles, mais c'est comme ça, et on va voir comment ça se passe'. Mais je suis content de le faire !"

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Content du défi relevé, sûrement. Des performances, assurément pas. En manquant la victoire pour la 44e course de suite le week-end dernier, Valentino Rossi a égalé sa plus longue série de disette, laquelle couvrait la fameuse période de deux années passées chez Ducati : celles-ci avaient fait s'écrouler sa courbe de résultats, et pourtant sa moyenne avait été meilleure à l'époque qu'elle ne l'est à l'heure actuelle… Aujourd'hui, le #46 n'a plus que deux courses pour tenter de redresser la barre de 2019, mais cette année s'annonce d'ores et déjà très proche de ses plus mauvaises campagnes MotoGP toutes marques confondues et possiblement la plus faible qu'il ait connue avec Yamaha.

"C'est vrai, c'est la plus mauvaise [avec Yamaha], que ce soit pour le nombre de points, la position au championnat, le nombre de podiums et de victoires. Cette année j'ai beaucoup de mal, oui", admet-il, tout en estimant que l'époque Ducati est à part. "C'est différent, parce que j'ai d'autres problèmes. J'ai beaucoup de mal avec la vitesse en ligne droite, car je suis très lent, et j'ai beaucoup de mal avec la roue arrière en deuxième moitié de course, par contre mes sensations avec la moto ne sont pas mauvaises. C'est donc un peu mieux que pendant les saisons avec Ducati. Je m'amuse plus en pilotant."

Ses deux saisons chez Ducati ont longtemps fait office d'accident de parcours pour Rossi, lui qui avait rejoint les Rouges en tant que prétendant au titre régulier et avait dû peu à peu remonter la pente après ces deux années sans succès. Aujourd'hui, alors que tous les regards se tournent vers Jorge Lorenzo au vu du bilan catastrophique que connaîtra sa première année chez Honda, le #46 voit des éléments de comparaison possibles entre la situation actuelle de son ancien rival et sa propre expérience.

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"J'ai vécu une situation similaire quand j'étais chez Ducati, en 2011 et 2012, car dès le premier test j'ai perdu énormément de sensations dans la moto, et en particulier à l'avant. Pour moi, cette moto a toujours été très difficile à piloter et inadaptée à mon style", se souvient Rossi. "On a cependant essayé de beaucoup travailler avec Ducati, avec Preziosi. Et puis la première année c'était une 800cc, puis en 2012 c'est passé aux 1000cc et on avait donc une autre moto. On a commencé à travailler sur le châssis parce qu'avant cela la Ducati c'était surtout un moteur. On avait donc fait beaucoup de choses, mais d'une manière générale je n'ai jamais eu de bonnes sensations sur l'avant de la moto, c'était donc un moment très difficile. Au final, pour revenir en force, j'étais retourné chez Yamaha."

La retraite ? Décision en première partie de saison

Chez Yamaha, Rossi a mis sept courses avant de retrouver le chemin de la victoire, puis il a une nouvelle fois réussi à jouer un titre, échouant près du but en 2015. Aujourd'hui, ses performances ont à nouveau chuté et la question de sa possible retraite se repose alors qu'il lui reste un an de contrat.

"On verra. Pour l'avenir il faut de toute façon essayer d'être plus compétitif", concède-t-il, lui qui accueillera le mois prochain un nouveau chef mécanicien pour les premiers tests d'intersaison. "Ça fait longtemps qu'on a un peu les mêmes problèmes. Au final, ce qu'on arrive à faire en piste, c'est un peu l'addition entre le pilote, la moto et l'équipe, y compris le chef mécanicien. Or, comme ça, on semble ne pas être assez forts, alors il fallait changer quelque chose. J'attends de voir comment ça va se passer et ce sera pour moi une nouvelle expérience, une belle expérience, parce que c'est sympa d'avoir un chef mécanicien de la nouvelle génération. Quant à savoir si c'est le bon changement ou pas, on le verra dans les résultats."

"Je pense beaucoup aux résultats. L'année prochaine, on va faire un changement dans l'équipe, avec le chef mécanicien, et dès les essais hivernaux et la première partie de la saison, on pourra comprendre quelle sera ma vitesse et ensuite je verrai", explique le nonuple Champion du monde. "Je vais courir et ensuite, dans le courant de l'année prochaine, je vais voir si je continue ou non. Je crois que ça se fera normalement, c'est-à-dire qu'à la fin de l'année je ne courrai plus, vous voyez ? Je fais la course de Valence, et salut ! [rires]"

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