Zarco échappe miraculeusement à toute fracture

L'image est impressionnante, et pourtant Johann Zarco s'en sort sans aucune fracture d'après les premiers examens. Heurté de plein fouet par une moto dans le bac à gravier, il souffre toutefois de la cheville.

Après avoir été envoyé au tapis en Malaisie, c'est par une autre chute que Johann Zarco a conclu son intérim chez LCR Honda et par la même occasion une saison particulièrement rude pour lui. Cette fois, le pilote français aurait pu se faire très mal, car après s'être relevé de sa glissade il a été heurté violemment par une autre moto en perdition, celle d'Iker Lecuona. Touché de plein fouet aux chevilles, Zarco a accusé le coup avant de vite être rassuré sur l'absence de fractures.

C'est après avoir dépassé Pol Espargaró pour se porter en 11e position à la mi-course, que le Français a glissé dans le virage 6, juste après Danilo Petrucci. "J'ai vu Petrucci tomber. J'ai immédiatement pensé qu'il fallait que je garde mon rythme et que je pourrais peut-être rattraper Valentino [Rossi], mais à peine quelques secondes après je suis tombé moi aussi dans le virage 6, pas exactement au même endroit que Petrucci mais j'ai perdu l'avant", suggère-t-il.

"J'étais très déçu parce que j'avais le sentiment d'avoir perdu la course, la dernière que je peux faire pour le moment en MotoGP. J'étais donc très triste de la situation, et je regardais ma moto pour voir si je pouvais repartir. La tristesse n'a pas duré longtemps… Je ne regardais pas derrière moi, je regardais ma moto, et celle de Lecuona m'a pris de plein fouet. Ça a été une grosse surprise, parce que ça a vraiment été un gros choc", raconte Johann Zarco.

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"Immédiatement, j'ai eu une sensation étrange à la cheville gauche, je n'arrivais pas à la bouger, et vu la manière dont il m'a heurté je me suis dit que quelque chose était cassé", poursuit-il. Les premiers examens se sont toutefois voulus rassurants : "Les os semblent aller bien, il n'y a rien de cassé, mais les ligaments ne sont peut-être pas beaux à voir donc je vais faire une écho demain et on verra. […] Comme ça, en étant assis, je n'ai pas mal. Ils m'ont mis de l'argile, il faut mettre du froid, c'est juste enflé pour l'instant. Je pense que si ce sont les ligaments, c'est mieux que [si c'était] osseux."

"Chuter, c'est signe d'une erreur"

Tout le week-end, les pilotes ont dû composer avec des températures basses mais aussi un vent qui s'est renforcé ce dimanche. Ces conditions peuvent-elles expliquer ces trois chutes survenues coup sur coup dans ce virage ? "C'est possible, mais normalement le pneu medium n'était pas trop dur pour ces conditions. Mais c'est possible que le vent ait apporté des sensations différentes", concède Zarco.

"C'est curieux ces trois chutes, c'est sûr. Les conditions n'aidaient pas, c'est clair, on roulait beaucoup plus vite vendredi et samedi, mais ça ne fait pas tout. Comme je manque encore d'aisance sur la moto, je pense que je n'ai pas fait le bon geste au bon moment, celui qui [m'aurait permis] de passer vite et en sécurité. J'ai peut-être compensé d'une manière qui n'a pas fonctionné", poursuit-il, prêt à assumer sa responsabilité. "Je me suis peut-être un petit peu déconcentré à cet instant [après la chute de Petrucci], ou bien peut-être que les conditions étaient un peu difficiles et que je n'arrive toujours pas à mener la moto de la manière dont j'aimerais le faire, ou comme il faudrait le faire avec cette Honda."

"Ce n'est pas agréable. Mais ce n'est pas grave, il faut assumer les choses, et la vie continue, c'est comme ça. Après, j'aurais eu du plaisir à au moins terminer la course, c'est toujours une première satisfaction. Pour moi, chuter, c'est signe d'une erreur. On a beau critiquer les conditions, à un moment il faut savoir mener ta machine jusqu'au bout. En Malaisie ce n'était pas ma faute, donc pas de souci. Là, dans mon souci de perfection et de vouloir progresser et travailler sur moi-même, ne pas arriver à la fin c'est une erreur à ne pas reproduire à l'avenir."

Avec Michaël Duforest

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