Zarco mécontent de sa pénalité, mais serein avant son retour

Pour l'honneur, il aurait aimé faire appel, pourtant Johann Zarco accepte finalement la sanction qui lui est infligée, désireux de clore l'épisode douloureux du crash du Grand Prix d'Autriche.

Zarco mécontent de sa pénalité, mais serein avant son retour

Johann Zarco, qui dès hier avait anticipé qu'il pourrait faire appel en cas de pénalité, a finalement terminé cette longue journée le sourire aux lèvres. Mécontent de la sanction qui lui a été infligée à la suite du crash du Grand Prix d'Autriche, il a pourtant compris qu'il lui était préférable d'accepter cette conclusion afin de tourner la page plus vite et plus sereinement. Dimanche, il prendra donc le départ de la course depuis la pitlane, mais déjà il cherche à se raccrocher aux paramètres qui pourraient l'aider à gommer ce désavantage majeur en se tournant notamment vers des prévisions météo pluvieuses.

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Avant cela, il lui faudra toute fois s'assurer d'être en condition, car sa fracture du scaphoïde droit, opérée mercredi seulement, laisse planer un doute sur sa capacité à aller au bout de ce week-end, bien que raccourci. Les médecins ont, eux, rendu un verdict favorable qui lui laisse désormais le champ libre pour évaluer ses sensations samedi en piste et tenter de se remettre dans le bain.

"Au sujet de ma journée, ce qu'il y a de positif c'est que je suis déclaré apte à rouler demain et c'est très important", a commenté le pilote Avintia lorsqu'il s'est présenté face aux médias ce vendredi soir, fortement retardé par sa participation à la Commission de sécurité. "Il est vrai que mon poignet s'améliore très vite, j'en suis content. C'est donc une bonne opportunité de rouler demain, pour prendre des sensations. Je pense que j'aurai mal, et c'est normal et je vais voir comment contrôler ça et y résister. En tout cas, c'est bien d'essayer."

"Je suis donc content de ce contrôle médical, mais pas content de ma pénalité", a-t-il poursuivi. "Je pensais faire appel auprès de la FIM, mais c'est un peu compliqué et ça repousserait le problème à plus tard. Si jamais mon appel n'était pas accepté, la situation ne serait pas bonne, alors je préfère avaler cette pénalité, partir de la pitlane ce week-end et comme ça on clôt cette histoire. Ce n'est pas une histoire drôle, alors il vaut mieux faire comme ça et je vais me pousser pour faire la meilleure course possible à Misano, où je serai remis à 100%. Mon objectif est toujours de rester avec Ducati et d'obtenir la meilleure moto possible. Le plan n'était pas de jouer le championnat cette saison, c'est pour ça que partir de la pitlane ce week-end ce n'est pas la fin du monde mais une bonne façon de clore cette histoire."

Pourquoi être allé à la Commission de sécurité, alors que ce n'est pas dans tes habitudes ?

Ça faisait longtemps que je n'étais pas allé à la Commission de sécurité et ça a duré longtemps parce qu'on a aussi parlé de pneus. La raison, c'est qu'il y a eu un crash terrible dimanche, beaucoup de choses ont été dites en près d'une semaine. C'est pourquoi il était intéressant d'y aller au cas où l'on en parle, pour qu'on échange entre pilotes sur ce que l'on pense. Carmelo [Ezpeleta] aussi m'avait dit que ce serait mieux, que ce serait plus clair. Mais il y a eu différents sujets abordés aujourd'hui.

Je suis parti parce que ça faisait déjà une heure qu'on y était et je savais que j'avais encore des interviews à faire. On a parlé de la sécurité de la piste de Spielberg, mais pas de qui est tombé, comment, par quelle faute… On a parlé de l'accident, mais juste pour parler d'un changement de la piste.

Comment cette pénalité t'a-t-elle été annoncée ?

Ils me l'ont annoncée personnellement. Vu la manière dont ils me l'ont dit, cela n'avait eu aucun sens que j'aille donner ma version. Ils m'ont dit 'nous voyons ceci et nous te pénalisons'. J'ai demandé pourquoi j'étais donc venu expliquer mon point de vue, mais c'était juste pour être correct avec les règles.

Est-ce que le plan dimanche va être de simplement t'acquitter de ta pénalité puis de laisser reposer ton poignet en vue de Misano ?

On a beaucoup parlé de ce qu'on devait faire. Clairement, si je n'avais pas pu être apte à rouler ce week-end, je pense que j'aurais dû faire appel, parce que sinon être en forme à Misano mais y partir de la pitlane aurait été un gros problème. Ici, c'est toujours un problème, parce que peut-être que je me sentirai bien et que je serai prêt à courir, mais il y a quand même beaucoup de doutes. Je suis content de rouler demain et je pense pouvoir être assez rapide, mais pour 28 tours c'est un problème.

Pour mon honneur et mon ego, j'aimerais me battre contre cette pénalité, mais je peux mettre l’ego de côté et me dire qu'il vaut mieux la prendre et clore l'histoire. Et puis, je ne suis peut-être pas au meilleur de ma forme, mais je ne sais pas comment ça va se passer : s'il pleut, ça pourrait peut-être être très intéressant, car je pense que je pourrais faire toute la course et être assez fort. Alors j'espère qu'on aura de la pluie et que ça pourra créer quelques surprises.

Pour mon honneur et mon ego, j'aimerais me battre contre cette pénalité, mais je peux mettre l’ego de côté et me dire qu'il vaut mieux la prendre et clore l'histoire.

Johann Zarco

Qu'est-ce que ça te fait de reprendre la piste demain ?

J'ai regardé les autres en piste et ça n'est pas souvent qu'on regarde les pilotes de sa propre catégorie en piste en ne roulant pas. C'est toujours intéressant et ça donne beaucoup de détails. J'ai déjà parlé avec les techniciens. Si ça va en termes de douleur, on a déjà des plans sur des choses à essayer, car on a toutes les références de la semaine dernière. On sait donc que si je me sens bien je peux être assez rapide.

En ce qui me concerne, j'ai déjà eu cette expérience en Australie [en 2008] avec ma chute, et je me souviens que sur la piste suivante, en Malaisie, j'ai eu des sensations étranges dans le premier virage, mais ensuite on est concentré, la moto est très rapide et il faut donc être focus sur le moment présent. Je pense que demain je serai dans cet état d'esprit si mon poignet va bien. La chute sera vite effacée de mon esprit.

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Comment s'est passé le test physique que tu as dû passer aujourd'hui ?

Quand ils testent le scaphoïde, ils contrôlent surtout la force qu'on a dans la main et elle est plutôt bonne. Après j'ai dû faire des pompes et c'était un peu plus difficile. Comme je leur ai dit, j'ai mal mais j'ai le contrôle du corps, alors c'est pour ça qu'ils m'ont déclaré apte mais si jamais ça empire ils veulent que je m'arrête. Et je ne suis pas fou − même si la plupart des gens le pensent ! − alors je verrai. Ce sera de toute façon ma première expérience sur la moto en étant blessé. J'ai réussi à garder mon corps en bonne forme pendant toutes ces années.

As-tu confiance dans le travail des commissaires ou bien y a-t-il quelque chose qui pourrait être changé dans le panel ?

Ce qu'ils font n'est pas facile, mais non, je n'ai pas confiance dans les commissaires. Je réponds à la question : non. Je ne pense pas que ce soient les bonnes personnes au bon endroit. On devrait avoir d'autres personnes.

Je n'ai pas confiance dans les commissaires. Je ne pense pas que ce soient les bonnes personnes au bon endroit.

Johann Zarco

Franco et toi vous êtes-vous parlé ?

On s'est vu à la Commission de sécurité, mais on n'a plus parlé de l'accident. On a juste parlé de comment on se sentait physiquement. Après la chute, on aurait pu penser qu'il aurait eu moins de chance que moi de remonter sur la moto, parce que c'est lui qui était par terre alors que je me suis relevé vite, mais au final c'est moi qui suis blessé et lui a pu rouler aujourd'hui. Mais il a mal, il m'a montré qu'il est bleu à plein d'endroits du corps. On a juste parlé de ça. Par message on s'est déjà dit que ça a été un mauvais moment et qu'on veut l'effacer de nos esprits.

Sais-tu au final pour quelle raison tu as été puni ?

J'ai été puni parce que nos trajectoires se sont croisées, avec Morbidelli. Et eux ont dit 'de ce qu'on voit, tu as coupé la trajectoire de Morbidelli'. J'ai donc dit que ça ne servait à rien que je parle pour expliquer, mais ils ont dit qu'ils restaient sur ce qu'ils voyaient. J'ai juste mis la cinquième et je suis passé, mais peut-être qu'arriver là dans cette cassure avec cette trajectoire était trop optimiste.

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