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Zarco non classé : "Ce sont les règles mais ça fout bien les boules"

Johann Zarco est frustré d'avoir été exclu du Grand Prix du Japon pour ne pas avoir respecté le chemin imposé sous drapeau rouge après sa chute. Le Français avait réussi une belle remontée après avoir été retardé au départ.

Johann Zarco, Pramac Racing

Une chute quelques instants avant le drapeau rouge a complètement gâché le Grand Prix du Japon de Johann Zarco. Le Français était sixième au moment où il est parti à la faute et, même si sa moto était très endommagée, il a voulu profiter de la proximité avec l'entrée de la voie des stands pour la pousser jusqu'à son garage, se disant qu'il allait rester classé à la position qu'il occupait avant de tomber, puisque le classement était arrêté dans le tour précédent le drapeau rouge.

Sur son chemin, Zarco n'est pas passé sur la ligne signalant l'entrée de la voie des stands, ce qui est contraire au règlement et a entraîné son exclusion de l'épreuve. Dans son garage, le pilote Pramac a tenté de convaincre la direction de course de faire machine arrière, en vain.

"Je suis allé demander l'explication, [pour savoir] au moins pourquoi je ne suis pas sixième", a déclaré Zarco sur Canal+, assurant avoir fait son maximum pour suivre le chemin imposé : "Les [commissaires de piste] japonais m'ont fait sortir de la piste. Moi j'ai voulu revenir sur la piste, du coup on est revenus sur la piste, et en fait je n'ai pas passé la petite ligne où il y a marqué 60 km/h sur la pitlane. Du coup, je ne suis même pas classé. Sinon j'aurais été sixième. Ça, ça m'a mis les boules, parce que sixième c'est dix points, c'est important."

 

Zarco regrette que ce petit écart ait eu de si grandes conséquences, surtout après avoir fait ce qu'il pouvait pour rester sur la piste : "Je cherche à ramener la moto, on me dit qu'il faut sortir, moi je crie pour dire non, et on la pousse. Et voilà, si je passe cette petite ligne de 60 km/h, je suis classé sixième. Si je tombe au virage 3, que je traverse le paddock avec la moto, je suis d'accord qu'il manque 3 km de piste, admettons, mais la distance de la piste je l'ai faite. Que ce soit 5 m à droite ou 5 m à gauche, elle est faite. Ce sont les règles mais ça fout bien les boules."

"Une règle à la con qui empêche de prendre les dix points", a-t-il résumé, avant de se reprendre : "Enfin, ce n'est pas une règle à la con : il y a du sens de dire qu'il y a drapeau rouge, tout le monde n'a pas coupé la ligne, du coup on prend le tour d'avant. Ça, ça a du sens. Et une fois qu'il y a le drapeau rouge, il faut arriver à ramener la moto jusqu'au box en passant par la pitlane. C'est un peu étrange, il faudrait presque prendre une distance sur le GPS de la moto pour vérifier que cette distance a été faite."

Johann Zarco regrette ce scénario défavorable : "Ça me fout juste les boules, parce que c'était déjà limite de partir, il s'est mis à pleuvoir, c'est dommage. Quand les choses ne veulent pas aller, elles ne vont pas, c'est comme ça."

Une belle remontée avant la chute

La course de Johann Zarco avait été déjà animée avant cette séquence. Au départ, il s'est retrouvé à l'extérieur et a dû relever sa moto pour éviter Maverick Viñales, lui-même gêné par Marco Bezzecchi. Il a traversé le bac à gravier et n'était plus que 20e à la fin du premier tour.

 

Après les changements de moto, Zarco avait 11"404 de retard sur Jorge Martín, premier des pilotes à avoir une machine équipée de pneus pluie, et il a enchaîné les dépassements puis réduit l'écart sur son coéquipier à 6"191 dans le tour précédent la chute.

"Je suis bien remonté. Déjà, le départ était meilleur qu'hier, mais au premier virage je me fais prendre par Viñales, qui a dû être pris par quelqu'un d'autre − je ne sais pas qui − à l'intérieur. Je ne sais pas comment je ne tombe pas, car j'ai même dû lâcher mon guidon, je pars tout droit... J'arrive à revenir, il se met tout de suite à pleuvoir, je rentre au stand."

"Et là, sur la piste pas encore trop mouillée, j'arrive à remonter. Après, ça commençait à pleuvoir davantage, ça glissait beaucoup et c'était très compliqué. Je voyais les autres chuter. J'aurais aimé aller plus vite mais j'essayais de gérer en me disant que je pourrais remonter au fur et à mesure."

"Après, il y a eu énormément d'eau, on [a] fait pas mal d'aquaplaning, et cette chute c'est simplement de l'aquaplaning en sortant du tunnel", a expliqué Zarco. "Même angle que d'habitude et la moto est partie complètement."

Johann Zarco était sixième au moment de sa chute.

Johann Zarco était sixième au moment de sa chute.

Le départ de la course a été donné à un moment où l'averse s'intensifiait mais Johann Zarco estime que les conditions restaient praticables, même s'il a fallu passer sur une moto équipée de pneus pour la pluie dès la fin du premier tour. C'est quand la pluie a redoublé, juste avant sa chute et le drapeau rouge, qu'il a surtout senti que le niveau d'adhérence devenait très faible.

"C'était très juste, mais ça passait encore en slicks sur le premier tour. S'il y avait eu encore plus de pluie, peut-être qu'on ne serait pas partis. Au moment où on part, sur le tour de chauffe, on pose le pied par terre et ça semble tenir. [Avec] le fait qu'il faisait très chaud, je pense qu'on pouvait partir."

"Dès le premier tour, on est rentré au stand. Il n'y a pas eu de chute à ce moment-là. Ce n'est pas le moment le plus dangereux, sauf si un fou cherche à se dire qu'il roule à fond comme sur le sec, mais on est tous à peu près conscients ! C'était limite mais ça fait partie un peu du show. Ce qui était intéressant pour moi, c'est qu'on était passé en pneus pluie directement et ça m'a déjà fait remonter beaucoup de temps après ce tout-droit du premier virage."

"Ce qui m'embêtait, c'est quand il s'est mis à pleuvoir davantage, car je remontais beaucoup", a ajouté Zarco. "Quand j'ai vu qu'il y avait un peu plus d'eau, l'arrière glissait plus mais pas l'avant, donc c'était dur à comprendre. Dès qu'on est à côté de quelqu'un, il faut changer de ligne. Ce n'était pas simple de doubler à un moment donné, mais ça marchait presque par élimination. Et quand il y a eu la pluie, je me suis dit qu'il y en aurait peut-être un peu moins pour remonter dans les cinq derniers tours. Ça ne s'est pas passé comme j'aurais pu imaginer. Le fait qu'il y ait encore plus d'eau, et ce drapeau rouge..."

Avec Basile Davoine

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