Passer au contenu principal

BMW échoue à 10 secondes de la victoire au Mans : "Ça fait mal"

Le constructeur allemand a décroché son premier podium depuis son retour aux 24 Heures du Mans, mais a échoué dans sa quête de victoire.

#20 BMW M Team WRT BMW M Hybrid V8: Robin Frijns, Rene Rast, Sheldon Van Der Linde

Photo de : Rainier Ehrhardt

Les pilotes BMW admettent ressentir une certaine frustration après être passés tout près de la victoire aux 24 Heures du Mans, alors qu'ils ont occupé la tête de la course à plusieurs reprises. La BMW M Hybrid V8 n°20 confiée à Robin Frijns, Sheldon van der Linde et René Rast a terminé deuxième de l'édition 2026, à seulement 10"9 de la Toyota GR010 Hybrid n°7 de Kamui Kobayashi, Mike Conway et Nyck de Vries.

Le constructeur allemand s'est mêlé à la lutte pour la victoire durant l'intégralité de la course, bataillant avec les deux Toyota et la Cadillac n°12. Les performances ont évolué au gré des variations de température et des neutralisations, mais BMW ne disposait pas du rythme nécessaire dans les dernières heures décisives pour aller chercher une deuxième victoire au général après celle de 1999.

Robin Frijns a également perdu un temps précieux lors d'un tour de rentrée aux stands compliqué à trois heures de l'arrivée, même s'il est parvenu à dépasser la Toyota n°8 de Sébastien Buemi lors du dernier relais afin d'assurer la deuxième place.

Si le pilote néerlandais, compte tenu des difficultés rencontrées par le passé, estime que BMW peut être fier de ce résultat pour sa troisième participation au Mans avec son prototype LMDh, il regrette néanmoins de voir la victoire lui échapper.

"Bien sûr, la déception est un peu plus forte que la joie", reconnaît-il. "Ça a été une longue course de 24 heures, avec beaucoup de hauts et de bas. Nous avons été très forts au début, en prenant le départ puis la tête immédiatement, et en creusant légèrement l'écart sur le reste du peloton, donc nous étions très optimistes."

Ça fait un peu mal de terminer deuxième dans une course où seule la victoire compte, même lorsque l'on termine à seulement dix secondes du vainqueur.

"Ensuite, nous avons connu quelques... je ne dirais pas des problèmes, mais notre rythme a un peu baissé. Puis, pendant la nuit, nous sommes revenus et Toyota était soudainement là. Globalement, je pense que ça a été une belle course pour le public. Elle n'a jamais vraiment été ennuyeuse."

"Mais ça fait un peu mal de terminer deuxième dans une course où seule la victoire compte, même lorsque l'on termine à seulement dix secondes du vainqueur. C'est comme ça. On reviendra l'année prochaine. Mais je suis vraiment fier de tout le monde chez BMW. Ils nous ont donné une voiture capable de se battre aux avant-postes, et je pense que nous pouvons être satisfaits."

BMW signe son premier podium au Mans en Hypercar.

BMW signe son premier podium au Mans en Hypercar.

Photo de: Rainier Ehrhardt

BMW a intégré la catégorie Hypercar en 2024 après avoir concentré ses efforts sur la catégorie GTP de l'IMSA lors de la première saison d'exploitation du prototype M Hybrid V8. Toutefois, le programme a connu des débuts difficiles et il a fallu attendre les 6 Heures de Spa-Francorchamps, le mois dernier, pour voir BMW décrocher sa première victoire dans la catégorie reine du WEC.

"D'un côté, c'est un immense succès pour notre projet parce qu'avant aujourd'hui, nous n'avions jamais terminé les 24 Heures du Mans sans problème technique", rappelle Robin Frijns. "Nous étions venus ici avec un objectif clair : terminer dans le top 5. Finalement, nous montons sur le podium. Nous avons même été proches de gagner la course, donc c'est un énorme succès."

"D'un autre côté, lorsque l'on a la possibilité de gagner les 24 Heures du Mans, on veut y arriver. Nous étions proches et ça fait mal, parce qu'on ne sait jamais quand une telle opportunité se représentera dans une carrière. Je ne suis plus tout jeune."

Sheldon van der Linde a abondé dans le même sens que son équipier : "C'est notre premier podium au Mans. Nous pouvons donc en être très fiers. Mais en même temps, perdre pour dix secondes, ça fait mal. Nous n'avions tout simplement plus assez de ressources dans les derniers relais, malheureusement. Mais nous avons faim à l'idée de revenir."

BMW visait initialement un top 5 aux 24 Heures du Mans.

BMW visait initialement un top 5 aux 24 Heures du Mans.

Photo de: Marc Fleury

Le directeur de BMW M Motorsport, Andreas Roos, ne nourrit pour sa part "aucun regret" malgré cette deuxième place, mais il estime que la deuxième intervention de la voiture de sécurité, à six heures de l'arrivée, a compromis les chances de l'équipage de la n°20.

"Lors des deux neutralisations par la voiture de sécurité, nous n'avons pas été très chanceux", avance-t-il. "La dernière voiture de sécurité a un peu compliqué les choses pour nous, car elle nous a placés dans une situation défavorable. Juste avant cette neutralisation, nous avions un avantage important en termes de position en piste, mais un léger désavantage en énergie."

"La voiture de sécurité a pratiquement annulé notre avantage en piste, qui est retombé à zéro, tandis que notre déficit énergétique est resté. Nous avons ensuite dû retrouver le même rythme que nos concurrents en matière de gestion de l'énergie. Nous avons alors recommencé à effectuer des relais de 13 tours, et ainsi de suite."

Andreas Roos ne veut toutefois pas prétendre que BMW aurait remporté les 24 Heures du Mans sans cette intervention de la voiture de sécurité : "Non, je ne dirais pas ça, parce que ce serait aller trop loin. Ça nous aurait placés dans une situation différente. Mais on ne peut jamais affirmer que sans ça, nous aurions gagné."

Lire aussi :
Article précédent Malgré un FCY au pire moment, Cadillac estime que Toyota était imbattable
Article suivant La revanche se pare de rouge

Meilleurs commentaires