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Interlagos 2014, la dernière frayeur de Webber au volant

Le WEC revient à Interlagos, dix ans après sa dernière visite, marquée par le gros accident de Mark Webber avec Porsche.

Le départ du WEC à Interlagos en 2014, avec la Porsche 919 Hybrid de Timo Bernhard, Mark Webber et Brendon Hartley en tête

Photo de: Ebrey / Motorsport Images

Après dix années d'absence, le FIA WEC va retrouver en fin de semaine le tracé d'Interlagos pour les 6 Heures de São Paulo. À trois reprises, lors de la création du championnat, le plateau mondial de l'Endurance s'était rendu au Brésil. C'était l'ère du LMP1 et si Porsche s'était imposé lors de cette finale de la saison 2014, l'épreuve avait été marquée par ce qui restera comme la dernière grosse frayeur de Mark Webber au volant d'un prototype.

La 919 Hybrid alors frappée du numéro 20 était apparue détruite en plein milieu de piste, suite à un choc impressionnant avec le mur et alors qu'il restait moins d'une demi-heure avant le drapeau à damier. Pris en charge par l'équipe d'extraction et hospitalisé durant deux jours en observation, le pilote australien s'en était sorti sans blessures majeures. À l'origine, un très léger contact dans le trafic avec une Ferrari GTE.

"Le crash au Brésil était horrible pour Ann, ma femme ; c'était vraiment un moment difficile pour elle", racontera Webber quelques mois plus tard. "J'ai été très chanceux au Brésil, c'était un énorme impact. Et c'est la fois où j'ai mis le plus de temps à me remettre d'un accident. C'était une leçon, au moins ça."

La Porsche 919 accidentée de Mark Webber.

La Porsche 919 accidentée de Mark Webber.

Photo de: FIA WEC

Deux ans plus tard, Mark Webber mettait un terme à sa carrière, sur une couronne mondiale remportée en WEC mais sans avoir réussi à accrocher les 24 Heures du Mans à son palmarès. Débranché fin 2017, le programme LMP1 de Porsche fut couronné de succès mais l'accident d'Interlagos est resté profondément ancré dans la mémoire des membres de l'équipe.

"C'était la première fois dans ce projet que je devenais réellement conscient du niveau de dangerosité que pouvaient comporter ces courses", confiait Fritz Enzinger, vice-président LMP1 de Porsche au moment de stopper l'engagement de la marque. "Quand Mark nous a approché alors qu'il était en Formule 1 et qu'il a dit qu'il voulait faire partie de notre programme LMP, je pouvais difficilement y croire. Mais il était déterminé à aider l'équipe à se construire, et à s'immerger lui-même dans ce nouvel univers. Nous étions tellement heureux quand il nous a fait signe après l'impact pour nous dire qu'il était raisonnablement en bonne forme !"

"Cette course à São Paulo est celle qui m'a le plus ému : l'accident, l'incertitude insoutenable, le soulagement, puis quelques minutes plus tard la première victoire avec l'autre voiture. À cet instant, une énorme pression m'a quitté, et c'était certainement pareil pour tout le monde dans l'équipe. Cela a confirmé que si la voiture terminait son tour de piste, elle était suffisamment rapide. Tout s'est assemblé ce jour-là. Mais il a fallu quelque temps à Mark pour récupérer après ça."

Cette angoisse partagée dans le stand Porsche, quelques instants après le crash de Mark Webber, était également décrite par Andreas Seidl. L'Allemand était alors directeur de l'équipe, avant de quitter un peu plus tard l'Endurance pour diriger McLaren puis, aujourd'hui, le futur projet Audi F1.

"Ma première pensée a été : 'Allez mec, prends la radio et fais-nous savoir que tu es là !' Heureusement, Mark l'a fait avec une voix très calme. Dans une telle situation, nous aussi nous n'avons que ce qui est montré à la télévision. Les secondes paraissent être des minutes. En même temps, nous sommes responsables de la deuxième voiture et on se demande si une défaillance technique pourrait être la cause et mettrait peut-être l'autre pilote en danger."

"La sécurité des pilotes a toujours été la plus importante priorité, mais on ne peut pas non plus faire abandonner une voiture si ça n'est pas nécessaire. Prendre une décision aussi critique et liée à la sécurité, instantanément, avec des informations limitées, c'est le plus difficile à faire en course automobile."

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