Passer au contenu principal

Vergne : "J'ai du mal à avaler le fait d'être là pour faire de la figuration"

À la veille de ses troisièmes 24 Heures du Mans à bord de la Peugeot 9X8, Jean-Éric Vergne n'a pas caché sa lassitude de ne pas pouvoir se battre aux avant-postes en Hypercar.

#93 Peugeot Totalenergies Peugeot 9x8: Paul Di Resta, Mikkel Jensen, Jean-Eric Vergne

Photo de: Andreas Beil

Peugeot Sport vit une semaine compliquée aux 24 Heures du Mans. Seul constructeur à n'avoir pas atteint l'Hyperpole lors des qualifications, le Lion manque cruellement de rythme avec une 9X8 qui, selon les dirigeants de l'équipe, subit trop la loi de la BoP sur le très atypique circuit de la Sarthe.

Un "contexte réglementaire", mots choisis pour expliquer la situation, qui ne peut toutefois pas tout expliquer alors que l'Hypercar française est notamment vue en grande difficulté dans les courbes rapides comme les esses Porsche depuis le début du roulage. 

Pour les pilotes, la situation est quoi qu'il en soit frustrante. Si, il y a quelques jours, Loïc Duval décrivait bien sa volonté de continuer à y croire et à se battre, le résultat des qualifications a inévitablement entamé un peu le moral des troupes. Pour Jean-Éric Vergne, pas question de se cacher même si le Français n'entend pas non plus baisser les bras alors que la course n'a pas encore livré son verdict. 

"Je pense que je n'ai pas vraiment besoin de donner plus d'explications que la feuille des temps à chaque séance", lâche-t-il pour décrire une "dure" semaine. "La Journée Test, les EL1, EL2, EL3, qualifs... Les temps parlent d'eux-mêmes. Il n'y a pas besoin de dessin, je pense."

"C'est dur, ce sont beaucoup d'années de préparation... Énormément de travail de la part de l'équipe, des pilotes, et j'ai un peu du mal à avaler le fait d'être là pour faire de la figuration quoi. Je ne suis pas ce genre de pilote."

"Je reste motivé, c'est ce que je dois à mon équipe aussi parce que tout le monde, toute l'équipe, les ingénieurs, les mécaniciens, tout le monde reste motivé et je le suis aussi. Au final, ce sont les pilotes qui donnent un peu le tempo dans l'équipe, je fais toujours le même boulot, je reste motivé, mais personnellement... C'est dur, oui."

Je me suis battu corps et âme, j'ai essayé de tout faire à mon niveau, de discuter avec les personnes qui prennent les décisions, de comprendre leur point de vue.

Jean-Éric Vergne (Peugeot).

Jean-Éric Vergne (Peugeot).

Photo de: Rainier Ehrhardt

Samedi à 16 heures, les Peugeot n°94 et n°93 partiront 18e et 19e sur la grille de départ. Dans un tel contexte, se fixer un objectif autre que voir l'arrivée demeure difficile, mais la nécessité d'une course propre est aussi évidente. 

"Il faudra essayer de faire la meilleure course, la meilleure stratégie, et se concentrer sur nous", prévient Jean-Éric Vergne. "Essayer de maximiser les Safety Cars, les Slow Zones. Mais c'est une course de 24 heures, donc il n'y a pas vraiment d'approche spéciale à avoir. La seule approche qu'on a, c'est faire la meilleure course possible, ne pas faire d'erreur, puisque tout le monde va faire des erreurs dans cette course."

"Les niveaux de performances sont quand même très proches pour beaucoup de constructeurs, je pense que ça va être une course pied au plancher pour tout le monde tout du long et c'est là où les erreurs arrivent. Donc il faudra qu'on soit intelligent. À la limite, notre approche sera de ne pas prendre de pénalités, pas d'erreur, que tous les arrêts se passent bien, qu'on n'ait pas de soucis mécaniques, et je pense que c'est là-dessus qu'on pourra tirer notre épingle du jeu."

Clairement désabusé devant la presse ce vendredi, si ce n'est abattu, Jean-Eric Vergne a refusé d'entrer dans certains détails mais a confié son sentiment d'avoir beaucoup donné pour un projet Peugeot qui finalement stagne dans une catégorie régie par une BoP. 

"Je me suis battu corps et âme, j'ai essayé de tout faire à mon niveau, de discuter avec les personnes qui prennent les décisions, de comprendre leur point de vue", insiste-t-il. "Je ne parlerai pas des conclusions, mais j'ai tout donné, j'ai tout essayé... Dans la voiture, en dehors de la voiture. C'est une semaine très compliquée pour moi. Je donne tout et je continuerai à tout donner. Je ne baisse pas les bras, je baisserai jamais les bras, mais ce n'est pas facile à vivre."

Interrogé sur son avenir alors que son contrat chez Peugeot s'achève à la fin de l'année, il a préféré botter en touche : "Je pense qu'il faut laisser passer Le Mans, qu'on se pose et que l'équipe m'explique ce que sont les plans pour le futur et après, je prendrai ma décision. Mais ce qui est sûr, c'est ce que je disais, je suis là pour gagner, pas pour faire de la figuration, ce n'est pas dans mon ADN."

Avec Benjamin Vinel

La Peugeot 9X8 est en difficulté au Mans.

La Peugeot 9X8 est en difficulté au Mans.

Photo de: Rainier Ehrhardt

Lire aussi :
Article précédent Hypercar, LMP2, calendrier : plusieurs nouveautés dévoilées au Mans
Article suivant Ford, McLaren et Genesis annoncent déjà la couleur pour l'avenir au Mans !

Meilleurs commentaires

Dernières actus