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Márquez : "Il ne faut pas avoir peur de tester des choses"

Marc Márquez se félicite de voir Honda apporter de nombreuses nouveautés depuis son retour à la compétition. Le Catalan estime que le constructeur ne doit pas hésiter à multiplier les expérimentations pour retrouver le sommet.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Pendant sa convalescence cet été, Marc Márquez a tenu à assister au essais du GP d'Autriche, pas tant pour suivre l'activité en piste mais surtout pour s'enquérir du travail de développement avec le pilote d'essais Stefan Bradl, qui le remplaçait, et les membres clés du staff technique de Honda. Mécontent de la version 2023 de la moto, qui le prive de sensations sur l'avant, et naturellement des performances de la marque en piste, l'Espagnol demandait de gros changements.

Depuis cette date, il a vu Honda fournir les efforts qu'il attendait. Le constructeur a amorcé un changement de philosophie en faisant appel à un prestataire externe, Kalex, pour le développement d'un bras oscillant, une décision prise durant l'été. Márquez a aussi pu tester un nouveau carénage à Phillip Island. Il se réjouit du travail de développement effectué au Japon et, à l'image de Fabio Quartararo du côté de Yamaha, incite à multiplier les expérimentations.

"Depuis l'Autriche, Honda travaille", s'est félicité le #93. "Quand on voit quelqu'un travailler dur, on ne peut pas le critiquer. Je suis content du travail de Honda parce qu'au final, si on veut combler le désavantage que l'on semble avoir sur les autres constructeurs, il faut tester des choses. Il ne faut pas avoir peur de tester des choses en piste."

"Parfois, il y a des données dans les simulations mais quand on met [les pièces] en piste, on peut avoir des surprises. C'est ce qu'il faut faire : tester des choses, tester des choses et avec les commentaires des pilotes et les données récoltées, essayer de progresser pour l'avenir."

Les constructeurs ont droit à deux carénages par an et Honda a attendu la fin de la saison pour homologuer le deuxième, signe que le but n'était pas tant d'améliorer la moto cette année mais surtout d'explorer des voies en vue de la campagne 2023. Márquez ne pourrait espérer mieux, jugeant nécessaire de voir Honda tenter des choses.

"Quand on voit un élément aérodynamique homologué alors qu'il reste trois courses, ça n'apporte rien. Je ne peux rien reprocher à Honda depuis que je suis revenu parce qu'ils travaillent, et quand quelqu'un travaille et qu'on voit qu'il fait des efforts et apporte des choses, que ça soit mieux ou pire, il essaye. Quand je suis revenu à Misano, il y avait déjà des nouveautés aérodynamiques, des nouveaux bras oscillants et d'autres choses qui ne se sont pas vues."

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Marc Márquez a testé un nouveau carénage à Phillip Island

"D'autres choses ont été essayées durant les courses suivantes et [en Australie] un élément aérodynamique a été apporté. [...] Ils continuent de travailler, ils m'ont dit qu'il y aura d'autres choses en Malaisie. Il y a des choses qui se voient et d'autres non mais ils travaillent et c'est ce qui les excuse un peu. Le désavantage ne se récupère pas tout seul mais en travaillant et en essayant des choses en piste, c'est là où on voit ce qui fonctionne ou pas."

C'est presque à contre-cœur que Márquez demande ce travail à Honda. L'aérodynamique est une faiblesse de la marque et le sextuple Champion n'apprécie pas la place qu'elle prend en MotoGP, ni l'importance de la moto dans les performances globales, mais juge nécessaire d'embrasser cette évolution de la catégorie, conscient que seul un bon développement technique lui permettra de retrouver durablement le sommet.

"La moto avec laquelle je suis sorti avec les ailettes et tout ça est plus moche que l'autre mais ensuite si ça fonctionne, c'est bien. Mais c'est sûr que la direction qui en est train d'être prise et qui sera prise pour les prochaines années – car c'est comme ça que ça a été signé par la Dorna et les constructeurs – ne me plaît pas à moi non plus car on dépend chaque fois plus de la moto que du pilote."

"Ce que l'on ajoute à la moto compte plus, il y a plus de pièces aérodynamiques et l'électronique augmente, et on dépend chaque fois plus de la moto et c'est plus difficile, ça occulte un peu les défauts moto/pilote et pilote/moto. Mais c'est la direction et il faut s'y adapter au mieux sinon, comme on dit, si on ne s'adapte pas on est mort."

Avec Charlotte Guerdoux

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