Interview
MotoGP
Pilotes, team manager, développement : le point avec Suzuki
Progrès techniques, contrats des pilotes, recrutement d'un team manager et projet d'équipe satellite : Shinichi Sahara, responsable du programme MotoGP de Suzuki, répond à toutes les questions d'actualité qui concernent son équipe à un mois du début du championnat.
Oriol Puigdemont Léna Buffa
Mis à jour: 5 févr. 2022, 13:17
Copier le lien
Partager sur Viber
Ajouter comme source privilégiée

O.P., Sepang - Les retrouvailles du paddock MotoGP, à Sepang, s'accompagnent de nombreux sujets de discussion brûlants au sortir de la pause hivernale. Suzuki se trouve au cœur de plusieurs d'entre eux, à commencer par les perspectives d'avenir de ses pilotes et notamment du Champion du monde 2020, Joan Mir. Alors que celui-ci ne dément pas des contacts avec la concurrence, ce sont les performances de la GSX-RR, jugées trop stagnantes la saison dernière, qui concentrent l'attention, potentiellement déterminantes pour décider le pilote espagnol à prolonger son engagement.
Mais un autre sujet croise le thème purement technique lorsque l'on évoque les négociations à mener avec les pilotes, en l'occurrence l'absence de team manager, qui se prolonge depuis le départ de Davide Brivio à la fin de la saison 2020. Dans l'attente d'une solution sur ce point, Shinichi Sahara reste à la fois chef du projet MotoGP de Suzuki et directeur de l'équipe. Il a accepté de répondre aux questions de Motorsport.com afin de dresser un bilan de la situation à un mois du début du championnat.
Quels sont les aspects de la moto sur lesquels Suzuki s'est concentré cet hiver ?
Nous essayons toujours de faire en sorte que les performances de la moto soient globalement les meilleures. Il est clair que nous cherchons à obtenir plus de puissance de la part du moteur, mais cela affecte l'équilibre de la moto, donc nous devons également modifier le châssis pour obtenir cet équilibre.
Dans quelle mesure le moteur proposé ici, et qui a été testé l'année dernière, est-il plus puissant que le précédent ?
Ce moteur a plus de hauts régimes, plus de chevaux, et nous avons fait en sorte qu'il continue à pousser sur l'ensemble de la courbe de puissance. Les ingénieurs ont fait du très bon travail.
Les pilotes s'accordent à dire que le travail fourni l'an dernier n'a pas été suffisant pour que Suzuki se batte pour le titre. Comment allez-vous remédier à cela ?
Les pilotes ne sont jamais satisfaits des performances de leurs motos, et pas que chez Suzuki. Mais c'est le cas aussi des ingénieurs, pour qui ça n'est jamais suffisant. Lorsqu'ils atteignent un objectif, ils s'en fixent un nouveau. Pour répondre à votre question, lors des essais de novembre, à Jerez, nous avons perçu des signaux très positifs. Et malgré cela, nous avons apporté ici quelques pièces supplémentaires pour continuer à nous améliorer.
Les contrats des deux pilotes arrivent à échéance à la fin de l'année. Quels sont les plans de Suzuki sur ce point ?
Suzuki veut garder à la fois Joan et Álex, et nous le leur avons dit à tous les deux. Mais, à ce stade de l'année, le plus important pour nous est de leur fournir la moto la plus compétitive possible. Nous espérons ainsi pouvoir à nouveau prétendre au titre. Pour le moment, je ne me concentre pas sur les négociations avec eux, mais sur les performances de la moto.
Serez-vous vous-même en charge de mener les négociations avec eux le moment venu ?
Je ne peux pas le dire avec certitude. Je pourrai peut-être vous répondre bientôt.
Joan Mir et Álex Rins
=
À la fin de l'année dernière, vous avez reconnu que le cumul des fonctions de responsable technique et de team manager était trop lourd pour vous tout seul. Vous aviez également déclaré que vous alliez recruter un nouveau team manager avant la fin de l'année. Le fait que les tests de février aient débuté sans que cette opération ait été finalisée signifie-t-il que vous avez changé d'avis ?
Non, je n'ai pas changé d'avis. Simplement, cela prend plus de temps que ce que j'avais imaginé ou que ce que j'aurais souhaité. Nous sommes toujours en négociation avec plusieurs candidats, mais nous n'avons pas encore conclu d'accord. Et je ne peux pas en dire beaucoup plus pour ne pas compromettre les personnes concernées. Mais oui, l'idée est toujours de faire venir un team manager.
Álex Rins souligne l'importance de recruter quelqu'un pour ce rôle et rappelle les bonnes relations qu'il a toujours entretenues avec Davide Brivio. Celui-ci est actuellement chez Alpine en Formule 1, au poste de directeur de course, mais l'écurie subit une importante restructuration depuis un mois et demi. La possibilité d'un retour de Brivio existe-t-elle ?
J'ai entendu parler des changements chez Alpine, mais je ne connais pas les détails. Je ne dirai rien sur les possibles noms. En fait, n'importe qui pourrait être notre nouveau team manager ! [rires]
Nous avons deux pilotes dont les données sont très précieuses. Si nous devions perdre l'un d'eux, les choses deviendraient très compliquées.
Shinichi Sahara
Ces dernières années, on a beaucoup parlé de l'éventualité pour Suzuki d'avoir une équipe satellite, ce qui ne s'est jamais concrétisé. Ce projet est-il totalement écarté ?
Je l'ai moi-même appuyé, et nous avons eu quelques opportunités. Mais tantôt la situation au Japon, tantôt la politique de l'entreprise, au final différentes raisons nous ont empêchés de parvenir à un accord avec qui que ce soit. J'ai toujours l'espoir de pouvoir le faire. Cela dépendra des options possibles.
Il y aura huit pilotes Ducati sur la grille cette année : ne croyez-vous pas qu'il serait utile d'avoir au moins quatre pilotes Suzuki ?
Je suis assez satisfait de notre structure actuelle, car nous avons deux pilotes dont les données sont très précieuses. Si nous devions perdre l'un d'eux, les choses deviendraient très compliquées. Mais à l'heure actuelle, nous sommes en mesure de très bien comparer et croiser leurs données à tous les deux. Avoir une équipe satellite peut être très utile, mais cela dépend aussi de la philosophie de cette équipe. Si l'objectif est de former de jeunes pilotes, leurs données peuvent ne pas être très utiles en termes de développement, car leur expérience est limitée. Avoir une équipe satellite n'est pas si important pour l'évolution de la moto.
Votre avis nous intéresse !
Qu'aimeriez-vous voir sur Motorsport.com ?
Répondez à notre enquête en 5 minutes.
- L'équipe Motorsport.com
Lire et poster des commentaires
Lire aussi :
Partager ou sauvegarder cet article
Copier le lien
Partager sur Viber
Article précédent Quartararo ne sent toujours pas de gain de puissance
Article suivant Reprise dans la sérénité pour Johann Zarco à Sepang
Meilleurs commentaires
Il n'y a pas de commentaire pour le moment. Souhaitez-vous en écrire un ?
Voir plus & commenter

Plus de
Oriol Puigdemont

Le nouveau format pour 2027 a été initié par les constructeurs, pas par le MotoGP
MotoGP
MotoGP 5 j
Le nouveau format pour 2027 a été initié par les constructeurs, pas par le MotoGP

Le MotoGP confirme l'introduction de qualifs sprint
MotoGP
MotoGP 6 j
Le MotoGP confirme l'introduction de qualifs sprint

Pourquoi Marc Márquez est-il devenu si sérieux ?
MotoGP
MotoGP
GP du Japon
8 j
Pourquoi Marc Márquez est-il devenu si sérieux ?
![]()
Plus de
Álex Rins

Les pilotes opposés aux sanctions prévues en cas d'absence lors d'événements avec les fans
MotoGP
MotoGP 1 j
Les pilotes opposés aux sanctions prévues en cas d'absence lors d'événements avec les fans

De l'obstination au déclic : comment le pneu idéal a failli être ignoré à Motegi
MotoGP
MotoGP
GP du Japon
8 j
De l'obstination au déclic : comment le pneu idéal a failli être ignoré à Motegi

Taxi Miller fait des frayeurs à Rins : "Je me suis fait dessus !"
MotoGP
MotoGP
GP du Japon
11 j
Taxi Miller fait des frayeurs à Rins : "Je me suis fait dessus !"

Plus de
Team Suzuki MotoGP

Pourrait-on revoir Suzuki en MotoGP ?
MotoGP
MotoGP 9 déc. 2024
Pourrait-on revoir Suzuki en MotoGP ?

La leçon que Davide Brivio retient de son expérience avec Valentino Rossi
MotoGP
MotoGP 7 avr. 2024
La leçon que Davide Brivio retient de son expérience avec Valentino Rossi

Garry Taylor, ancien team manager Suzuki, est décédé
MotoGP
MotoGP 31 janv. 2024
Garry Taylor, ancien team manager Suzuki, est décédé
Dernières actus

Fourmaux confiant pour son avenir en WRC : "Vous allez me voir"
WRC
WRC WRC 10 h
Fourmaux confiant pour son avenir en WRC : "Vous allez me voir"

La solution d'Acosta pour mettre fin aux courses dictées par la pression des pneus
MotoGP
MGP MotoGP 11 h
La solution d'Acosta pour mettre fin aux courses dictées par la pression des pneus

Le facteur caché qui donne de l'espoir à Verstappen et Red Bull pour 2027
Formule 1
F1 Formule 1
GP de Singapour
12 h
Le facteur caché qui donne de l'espoir à Verstappen et Red Bull pour 2027

Aprilia envisage des consignes d'équipe alors que la lutte pour le titre s'intensifie
MotoGP
MGP MotoGP 13 h
Aprilia envisage des consignes d'équipe alors que la lutte pour le titre s'intensifie
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Vous avez deux options :
- Abonnez-vous.
- Désactivez votre bloqueur de publicité.
Abonnez-vous ! Vous êtes déjà abonné ? Identifiez-vous ici
Votre bloqueur de publicité est désactivé ?
Rechargez la page.
Gérer les alertes
S'inscrire