Interview

Doriane Pin : "Se focaliser entièrement sur la monoplace dès l’an prochain"

Alors qu’elle se distingue en Endurance depuis maintenant trois ans, Doriane Pin a effectué ses débuts en monoplace cette saison, sous la houlette de l'académie Mercedes et de Iron Dames. Une bascule qu’elle entend acter définitivement en 2025.

Podium : première place Doriane Pin, PREMA Racing

Cela fait trois ans que Doriane Pin fait ses classes en Endurance. Trois saisons durant laquelle la jeune Francilienne s'est distinguée, sous les couleurs des Iron Dames, que ce soit en GT ou en LMP2 l'an passé en WEC avec l'équipe Prema. Cette année, si elle disputera ses deuxièmes 24 Heures du Mans, la tricolore a amorcé un virage important dans sa jeune carrière en basculant vers la monoplace.

Accueillie dans le programme junior Mercedes, elle a effectué des débuts brillants en F1 Academy (F4). En parallèle, Doriane Pin dispute la Formula Regional European Championship by Alpine (FRECA). C'est à l'occasion de ses débuts dans la discipline à Hockenheim que Motorsport.com a pu la rencontrer.

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Vous sembliez avoir une voie toute tracée en Endurance. Ce passage en monoplace a de quoi surprendre ?

Cela fait un certain temps que nous voulions faire cette bascule avec l'équipe Iron Dames et aller en monoplace à un moment donné. On ne savait pas quand, mais il fallait prendre de l'expérience avant de se jeter dans ce bain-là. C'est pour cela que l'on a fait trois ans en Endurance avant et là on a une opportunité.

Une belle opportunité puisque vous avez rejoint les rangs de l'équipe Mercedes junior…

J'ai rejoint la junior team de Mercedes début d'année, et c'est vrai que c'est une grande chance pour moi aussi d'avoir des gens qui ont énormément d'expérience autour de moi qui peuvent m'apprendre beaucoup et qui sont là pour me soutenir, c'est positif, on le fait de la bonne manière, ça c'est bien, et c'est comme cela que l'on évolue rapidement.

Comment avez-vous vécu le fait de vous retrouver aux côtés des pilotes Mercedes F1, Lewis Hamilton et George Russell, lors des Grands Prix d'Arabie Saoudite et de Miami ?

C'est dingue. La F1 Academy est vraiment un championnat génial, car on évolue pendant les week-ends de F1, on est vraiment proche des équipes, on peut suivre ce qu'ils font, j'ai pu les rencontrer [l'équipe Mercedes] à Djeddah. C'est fou ! Je regarde la F1 depuis que j'ai quatre ans à la télé, et là je les vois en vrai. En plus on a bien parlé, ils me donnent un bon soutien, [Hamilton et Russell] me donnent de bons conseils, c'est génial, car c'est surtout d'eux que j'apprends.

Doriane Pin félicitée par Lewis Hamilton après son succès en F1 Academy en Arabie Saoudite.

Doriane Pin félicitée par Lewis Hamilton après son succès en F1 Academy en Arabie Saoudite.

Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images

Après deux week-ends solides en F1 Academy (F4), soldés par trois podiums dont une victoire (à Djeddah), vous êtes passée à la FRECA,.toujours sous les couleurs de Iron Dames. Comment avez-vous abordé l'ouverture de cette autre campagne à Hockenheim ?

J'ai abordé la première course de FRECA sans pression, dans le sens où tout s'est décidé à la dernière minute. Nous avons fait les tests collectifs à Hockenheim deux semaines auparavant, et c'étaient les premiers et les seuls tests que nous avons fait avec la voiture avant la première course. C'est totalement différent de la Formule 4, de ce que j'ai déjà piloté auparavant. C'est un championnat pour apprendre, je le fais parce que c'est bénéfique pour la suite. Cela fait beaucoup de courses, beaucoup de qualifications, beaucoup de roulage, beaucoup plus que ce qui était prévu à la base. Et c'est ce qui est bien pour évoluer en tant que pilote et se comparer avec des très bons.

Quelles sont les différences majeures entre la F4 de la F1 Academy et la FRECA, et en quoi est-ce difficile de passer de l'une à l'autre ?

La FRECA est une voiture assez différente de la F4, surtout sur les freins. Une voiture qui est beaucoup plus instable au freinage car elle est aussi plus lourde que la F4. Il y a un peu plus d'aéro mais ça bouge quand même pas mal car il y a plus de chevaux aussi. C'est un pilotage totalement différent, on ne fait pas en FRECA ce que l'on fait en F4, c'est un peu plus poussé. C'est bien pour apprendre, mais forcément quand on arrive sur la première course sans faire beaucoup de tests au préalable, c'est compliqué, tous les petits détails, ça fait beaucoup à la fin.

Quel bilan tirez-vous de votre première course de FRECA à Hockenheim ?

Un bon premier week-end je dirais car nous avons bien progressé tout au long des séances, et c'est assez prometteur pour la suite de la saison. Nous sommes partis de loin car nous avions découvert la voiture lors des essais officiels seulement. La première qualification était positive, la course 1 était un gros challenge mais j'ai appris beaucoup. La deuxième séance qualificative était un peu décevante car nous avons fait de gros progrès mais j'ai commis une petite erreur, sans quoi j'aurais pu aller chercher un top 10 au général. C'est tout de même positif, nous avons un meilleur rythme et nous nous concentrons sur la prochaine course à Spa.

Doriane Pin a disputé ses premières 24 Heures du Mans l'an passé sur une LMP2 de l'équipe Prema

Doriane Pin a disputé ses premières 24 Heures du Mans l'an passé sur une LMP2 de l'équipe Prema

Photo de: JEP / Motorsport Images

Après les deux prochains meetings de FRECA (Spa, puis Zandvoort), vous serez au départ de vos deuxièmes 24 Heures du Mans. Comment abordez-vous ce rendez-vous ?

Je suis super contente de disputer à nouveau les 24 Heures du Mans. J'ai disputé cette épreuve pour la première fois l'an dernier [abandon avec la LMP2 de l'équipe Prema, ndlr], et honnêtement, c'était la meilleure semaine de ma vie. C'est la course qui te fait comprendre pourquoi tu t'investis tous les jours, toutes les semaines. On partage ça avec les passionnés, Le Mans c'est magique, le circuit est incroyable, l'événement en lui-même est fou. Je pense que cette année, avec les Iron Dames, on a une bonne équipe, et je pense que l'on peut faire quelque chose de bien.

L'équipe a déjà fait quelque chose d'impressionnant l'an passé [quatrième de la catégorie LMGTE Am], mais je pense que l'on peut faire encore un step en avant, en tout cas on va tout faire pour, parce que notre rêve ultime en tant qu'équipe c'est vraiment de gagner Le Mans un jour. Et si on arrive à accomplir ça avec une équipe 100% féminine, avec le projet dans lequel on est, moi depuis 2021, les autres filles depuis 2018, ce serait dingue de faire ça tous ensemble.

Reste que vous ne pourrez plus vous produire longtemps à la fois en Endurance et en monoplace, il faudra bientôt faire un choix…

Oui, clairement. Ce n'est pas évident de switcher car c'est un pilotage totalement différent, une approche totalement différente de la course, l'Endurance c'est beaucoup plus stratégique, il faut gérer le fuel, les pneus. La monoplace c'est de la pure performance. C'est différent. On est en train de faire la bascule tranquillement, on a encore un pied en Endurance mais on va se focaliser entièrement sur la monoplace dès l'année prochaine.

Doriane Pin lors de la manche de FRECA à Hockenheim.

Doriane Pin lors de la manche de FRECA à Hockenheim.

Photo de: Iron Dames

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