Alonso critique le format sprint et veut que la F1 revoie sa copie
Pour Fernando Alonso, le format des courses sprint est à revoir pour favoriser plus de spectacle.
Photo de : Sam Bloxham / Motorsport Images
La saison 2025 sera la cinquième lors de laquelle des Grands Prix au format "sprint" seront disputés en Formule 1. Depuis son introduction à petite dose en 2021, puis le passage à six courses sprint en 2023, le format n'a semble-t-il pas totalement convaincu les acteurs de la discipline et son public.
Pour rappel, lorsqu'il a été lancé en 2021, le sprint (qui a toujours fait 100 km) était déjà précédé par une séance qualificative mais servait à déterminer la grille de départ de la course du dimanche, avec un faible enjeu en termes de points (puisque le vainqueur remportait trois unités, le second deux et le troisième une seule). En 2023, il a été décidé d'en faire une course totalement déconnectée, de sorte que sprint et course sont désormais précédés de leurs qualifications respectives, même si l'ordre des séances a évolué entre 2023 et 2024.
Si le format sprint peine à faire ses preuves auprès du public et des observateurs, c'est souvent parce que les courses courtes proposées le samedi n'apportent pas, en tout cas pas de façon indéniable et systématique, le spectacle qui était annoncé quand elles furent introduites. Certains sprint sont sortis du lot au fil de ces quatre premières saisons, mais finalement dans des proportions demeurant modestes, notamment par rapport aux courses longues du dimanche.
Beaucoup considèrent qu'il s'agit simplement d'une version "miniature" d'une course normale, où la donne stratégique des épreuves de 305 km n'entre quasiment jamais en jeu. Et cette vision des choses, Fernando Alonso la partage : pour le pilote Aston Martin, le fait que le sprint et la course soient disputés selon un format similaire, notamment pour les qualifications, ne joue pas en faveur du spectacle.
"Je l'ai dit de nombreuses fois auparavant : si vous faites des qualifications selon le même format en Q1, Q2 et Q3, les gars qui sont devant vont toujours finir dans le top 10 et puis en course, qu'il y ait 50 ou 21 tours, ils vont toujours finir devant", a déclaré l'Espagnol en fin de saison passée pour DAZN.
Fernando Alonso plaide pour un changement du format des sprints en F1.
Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images
"Soit vous changez le format de la grille, afin qu'elle soit inversée ou quelque chose du genre - même si les équipes semblent être contre [cette idée] -, soit vous faites un format de qualifications en un seul tour, où il peut se passer n'importe quoi."
La grille inversée est une idée qui traîne depuis longtemps dans les tiroirs du coté des décideurs. L'idée de créer artificiellement du spectacle en obligeant les meilleurs à partir du fond de grille a même déjà été très proche d'être implémentée en Formule 1 en 2020 quand face à la crise du COVID, plusieurs idées ont germé pour rendre les épreuves encore plus spectaculaires. Mercedes s'y était toutefois opposé, ce qui suffisait à l'époque pour faire tomber cette idée.
Quant aux qualifications en un seul tour, il s'agirait du retour à un format qui a déjà existé en F1, au début des années 2000. Chaque participant s'élançait tour à tour pour signer un seul temps qui allait déterminer sa position sur la grille. L'exercice n'avait pas convaincu à l'époque à la fois pour des raisons de spectacle, puisqu'il n'y avait qu'une seule voiture en piste, mais également parce que ce format présentait des risques d'injustice sportive (météo, évolution de la piste, etc.).
Alonso, qui est le seul pilote de la grille actuelle à avoir connu ces qualifications en un seul tour, estime que c'est d'ailleurs un argument qui plaide en faveur d'un tel format : "Avec [ce format en un seul tour], il pourrait y avoir l'évolution de la piste, les équipes de fond de grille auraient une chance si elles sont les dernières à [faire leur tour], mais je ne sais pas."
Quoi qu'il en soit, le double champion du monde estime que la recette est (encore) à revoir : "Il faut changer le format, parce que sinon nous voyons une répétition le samedi de ce qui se passe le dimanche. C'est ce qui se passe sur tous les circuits ; seul Interlagos produit des sprints plus intéressants, mais c'est parce qu'il y a aussi beaucoup de dégradation [pneumatique], ou parce qu'il pleut."
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