Alonso prêt à une saison blanche s'il gagne à Melbourne en 2026
Toujours bredouille en 2025, Fernando Alonso vit une situation quasiment inédite, mais il est prêt à l'endurer si le travail et les investissements d'Aston Martin portent leurs fruits l'année prochaine.
Photo de: Sam Bagnall / Motorsport Images via Getty Images
Aucun point après huit Grands Prix pour Fernando Alonso, c'est du jamais-vu depuis... sa toute première saison en Formule 1 avec Minardi, en 2001 ! Pourtant, à Monaco, le double champion du monde semblait enfin en mesure d'ouvrir son compteur. Qualifié septième et sixième sur la grille après la pénalité infligée à Lewis Hamilton, il tenait sa place dans les points et avait déjà effacé son premier arrêt au stand quand son moteur a lâché, juste avant la mi-course.
"J'ai eu un problème moteur à partir du 15e tour, je n'avais plus le système ERS, la partie électrique...", révèle l'Espagnol. "C'était un peu comme Ricciardo en 2017 [2018, ndlr] sans la partie électrique, donc j'avais environ 160 chevaux en moins. Mais ici, à Monaco, la puissance n'est pas cruciale, donc j'ai réussi à garder un rythme raisonnable et je rêvais un peu de conserver la sixième place jusqu'au bout. On a perdu une belle opportunité. Quand tu n'as pas toute la puissance disponible et que tout semble mal engagé dès le départ, c'est dur."
"Mais aujourd'hui, ce n'est pas de la malchance, ce n'est pas comme si quelque chose était tombé du ciel sur notre voiture, ou qu'un mauvais timing de la voiture de sécurité nous avait pénalisés. Non, notre moteur n'était tout simplement pas prêt pour la course, et on n'a pas pu terminer. Il faut enquêter là-dessus et s'assurer que ça ne se reproduise pas au prochain Grand Prix."
Fidèle à lui-même, Fernando Alonso a souligné que sur les huit moteurs Mercedes de la grille, seul le sien avait rencontré des soucis, oubliant peut-être la défaillance électrique de George Russell la veille, en qualifications. Philosophe, il n'affiche toutefois pas d'agacement particulier devant sa situation comptable, rappelant qu'il attend sagement la saison prochaine et le changement de réglementation.
"Honnêtement, je serai content si toute la saison se passe comme ça et que je gagne en Australie l'an prochain", lance-t-il. "Finir huitième à Barcelone ou au Canada, marquer huit ou 22 points cette saison, pour moi ça ne change pas grand-chose. L'an prochain, avec le changement de règlement, on espère vraiment pouvoir se battre pour le titre. Donc, je suis prêt à accumuler tous les abandons cette année si ça nous permet d'être vraiment dans le coup en 2026."
Alonso se sent "à un très haut niveau"
Fernando Alonso et Adrian Newey dans le paddock de Monaco.
Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images via Getty Images
Son propre niveau au volant, Fernando Alonso n'en doute pas, même s'il est le vétéran du plateau à 43 ans. Néanmoins, bien qu'il soit prêt à faire le dos rond toute la saison, il ne cache pas l'importance de signer un bon résultat dès que possible.
"Tu ne doutes jamais vraiment de toi quand tu es pilote de F1, mais c'est vrai que, de temps en temps, un bon résultat est toujours le bienvenu", admet-il. "Ça te donne le sourire, tu vas à la salle de sport le lendemain avec un peu plus de motivation, tu as de bonnes nouvelles. Dans mon cas, il n'y a pas de bonnes nouvelles, donc je dois juste continuer, aller à la salle demain matin… et continuer à bien performer, et c'est ce que je retiens."
"Monaco est un endroit très spécial, très spécifique. J'ai fait des tours exceptionnels en qualifs, et même aujourd'hui en course, sans le système KERS, c'était costaud. Si je n'avais pas marqué de points à cause d'un rythme trop lent, ou de contacts avec d'autres voitures, ou d'une erreur de pilotage, là je serais très frustré. Mais c'est tout l'inverse : je sens que je performe à un très haut niveau, donc je suis plutôt détendu et j'attends une opportunité."
Propos recueillis par Oleg Karpov
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