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Batteries plus grandes, débit d'essence : la F1 discute de changements matériels sur les moteurs

Andrea Stella, le directeur de McLaren, a révélé que les discussions se poursuivaient en F1 sur la possibilité de changements matériels sur les moteurs, après la mise en place des premières modifications réglementaires.

George Russell, Mercedes, Oscar Piastri, McLaren

Photo de : Alastair Staley / LAT Images via Getty Images

Le Grand Prix de Miami va voir l'introduction des premières modifications réglementaires sur lesquelles les acteurs se sont mis d'accord pour tenter de gommer les différents problèmes entrevus depuis l'introduction des moteurs F1 version 2026. Mais en coulisses, la porte n'est pas fermée à des changements matériels.

Parmi les mesures annoncées pendant la pause forcée de la discipline, la réduction de la quantité d'énergie à récolter ainsi que l'augmentation de la puissance du super clipping devraient gommer les effets les plus visibles de la nécessité de récupération d'énergie imposée par les unités de puissances.

Des simulations que Motorsport.com a pu consulter montrent que, même s'il y a toujours un certain niveau de baisse de la vitesse de pointe à la fin des plus longues lignes droites - inhérente au fait que l'énergie électrique vient à manquer -, les vitesses d'arrivée dans la majorité des zones de freinage après des accélérations courtes à moyennes devraient être plus conventionnelles.

De là à dire que ces changements vont révolutionner le pilotage et remettre totalement l'attaque intégrale au centre du jeu en qualifications, par exemple, il y a un gouffre que personne ne franchit, et surtout pas du côté de la FIA, qui s'est vite attelée à tempérer les attentes

Pour le directeur de McLaren, Andrea Stella, qui avait été l'un des premiers - avant même le début de saison - à réclamer certains des changements introduits en vue de Miami, aller encore plus loin de façon efficace réclamerait tout bonnement de procéder à des changements matériels.

En toute logique, il prévient donc : il faudra attendre la saison prochaine, au moins, pour envisager de telles modifications. Mais les discussions se poursuivent bien pour continuer de trouver le moyen d'améliorer la formule moteur actuelle.

Andrea Stella (McLaren)

Andrea Stella (McLaren)

Photo de: Kym Illman / Getty Images

"Je pense que si la FIA laissait carte blanche aux équipes pour l'utilisation du moteur ou même si elle restait dans le cadre du règlement en vigueur lors des trois premières courses, la réalité est que les équipes s'en serviraient pour rendre la voiture aussi rapide que possible en termes de temps au tour [avant tout]."

"Le temps au tour ne tient pas nécessairement compte, dans ce type d'objectif, de certains aspects du pilotage naturel, ni du fait d'être à fond lors des qualifications, ni des écarts de vitesse très important entre deux voitures en course."

"Je pense que ces ajustements [décidés pour Miami] sont nécessaires pour garantir que les écuries exploitent l'unité de puissance de manière à améliorer certains de ces objectifs : rouler à fond [en qualifications] et réduire les écarts de vitesse en course."

Une fois que l'on intervient sur le matériel, cela nécessite plus de temps qu'entre deux courses, voire peut-être plus de temps qu'entre deux saisons.

"Pour parvenir à une amélioration plus substantielle, permettant par exemple de pallier une insuffisance énergétique ou le fait que, dans les virages rapides, la décélération est parfois faible entre le point de freinage et le milieu de virage, il pourrait être nécessaire d'intervenir sur le matériel."

"Mais une fois que l'on intervient sur le matériel, par exemple en termes de capacité de la batterie, ou pour permettre au moteur thermique d'accepter un débit de carburant plus important, cela nécessite plus de temps qu'entre deux courses, voire peut-être plus de temps qu'entre deux saisons."

"Des discussions sont bien sûr déjà en cours sur la manière dont le matériel pourrait être amélioré de façon plus fondamentale, de sorte que la réglementation laisse davantage de marge pour atteindre les différents objectifs requis pour le spectacle et le divertissement, mais aussi pour garantir que les pilotes puissent piloter au sens traditionnel du terme, en poussant la voiture à ses limites."

Le pilotage "contre-intuitif" ne disparaîtra pas totalement

Du côté du directeur de la performance de McLaren, Mark Temple, on ne manque pas de souligner qu'en dépit des changements réglementaires, certaines situations pourraient toujours exiger des pilotes une approche contre-intuitive, notamment sur les circuits où la récolte d'énergie est faible.

Toutefois, il estime que, globalement, le gros des soucis vus lors des trois premiers Grands Prix devraient être corrigé par les nouvelles mesures et que, même dans son histoire récente, la F1 a de toute façon rarement été une discipline où les pilotes n'avaient pas de gestion à faire, qu'il s'agisse d'essence ou d'énergie.

"Je pense que certains aspects du pilotage avec les nouveaux moteurs resteront inchangés, car il s'agit toujours d'une formule où l'énergie est une ressource rare… Peut-être que le terme est un peu fort, mais c'est une formule où l'on cherche à utiliser l'énergie dont on dispose de la manière la plus efficace possible", a expliqué Temple.

Charles Leclerc, Ferrari, Oscar Piastri, McLaren

Charles Leclerc, Ferrari, Oscar Piastri, McLaren

Photo by: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images

"C'est légèrement différent des années précédentes, où l'on pouvait faire abstraction de cela et, d'une certaine manière, ne pas se soucier du moteur ni de l'énergie disponible."

"Cela dit, dans le cadre de la réglementation précédente, nous avons connu des situations où la gestion du carburant jouait un rôle très important dans la manière de piloter la voiture et de faire la course, parfois même davantage que ce que nous observons aujourd'hui avec la gestion de l'énergie électrique."

"C'est simplement qu'au cours des deux dernières années de cette réglementation, la gestion du carburant n'était pas un facteur déterminant. Elle restait un facteur mineur en course."

"Donc, oui, certains aspects subsistent, mais les plus abstraits, comme le genre de relâchement de l'accélérateur qui est inefficace et qui donne envie de remettre les gaz, certaines des choses qui étaient particulièrement contre-intuitives, devraient je pense, être éliminées - ou du moins, l'objectif est d'en éliminer autant que possible."

"Il se peut qu'il y ait des éléments que nous n'avons pas anticipés et que nous devrons examiner, puis réexaminer."

Avec Jake Boxall-Legge et Stuart Codling

Lire aussi :
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