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La consigne de Vasseur à Bearman : "Ne joue pas au héros"

En faisant appel au jeune débutant Oliver Bearman pour remplacer Carlos Sainz chez Ferrari à Djeddah, Frédéric Vasseur a insisté sur l'inutilité de prendre des risques en piste.

Oliver Bearman, Scuderia Ferrari

Propulsé vendredi dans le baquet de la Ferrari SF-24, Oliver Bearman prendra ce samedi à Djeddah son tout premier départ en Grand Prix. Le jeune Britannique a été appelé à remplacer au pied levé Carlos Sainz en Arabie saoudite, le pilote espagnol souffrant d'une appendicite dont il a été opéré avec succès. 

Alors qu'il avait signé la veille la pole position en F2, le réserviste de la Scuderia a enfilé un costume dont il n'avait même pas osé rêver mais a surtout dû se mettre immédiatement dans le bon état d'esprit. Après une courte séance d'essais libres, il a participé à ses premières qualifications, conclues au dixième rang en passant 36 millièmes seulement d'éliminer un certain Lewis Hamilton en Q2 !

Ne commettant aucune erreur rédhibitoire, Oliver Bearman a réussi la première partie de sa mission et salue la confiance mais également les conseils précieux prodigués par Frédéric Vasseur au moment de faire appel à lui. 

"Fred ne parle pas beaucoup, mais ce qu'il dit, il le pense", explique-t-il. "Il m'a très clairement dit que je devais construire quelque chose, étape part étape. Ne joue pas au héros. Surtout après les EL3, qui étaient déjà une bonne séance, son objectif était que je continue comme ça et que je construise les choses pas à pas."

Une approche qu'il tentera de conserver pour sa première course : "C'est mon objectif. Ne pas faire d'erreur, aller jusqu'au bout, éviter le carnage et acquérir de l'expérience. Et j'espère ramener quelques points à la fin."

Je n'ai pas eu le temps de réfléchir au sérieux de la situation.

Oliver Bearman lors des qualifications du GP d'Arabie saoudite.

Oliver Bearman lors des qualifications du GP d'Arabie saoudite.

Photo de: Steven Tee / Motorsport Images

Si Carlos Sainz ne se sentait déjà pas en forme mercredi, Oliver Bearman avoue que la possibilité de remplacer le titulaire et coéquipier de Charles Leclerc ne lui a jamais traversé l'esprit : "Franchement non. Je me suis levé [vendredi] matin en étant pleinement préparé pour ma course de F2, où je partais dixième. J'ai reçu l'appel assez tard dans la journée, quelques heures seulement avant les EL3. Ce ne sont évidemment pas les circonstances dans lesquelles j'aurais aimé faire mes débuts en F1, et je souhaite le meilleur à Carlos en espérant qu'il se rétablisse bien. C'est néanmoins une opportunité fantastique."

"Les planètes se sont alignées. La progression de ma carrière a été tellement rapide. Il y a deux ou trois ans, j'étais encore en F4, et je n'ai fait mon premier test en F1 qu'il y a trois ou quatre mois. La progression est donc allée très vite et oui, faire mes débuts en F1 en rouge, j'espère que c'est un signe pour l'avenir."

Paradoxalement, la précipitation avec laquelle il a dû se muer pour la première fois de sa vie en pilote de Formule 1 a selon lui joué en sa faveur, l'empêchant de tergiverser. 

"Honnêtement, je n'ai pas eu le temps de stresser ou de trop y réfléchir", assure-t-il. "C'était tellement à la dernière minute que j'ai dû me concentrer tout de suite pour essayer de trouver mon rythme et de rattraper le temps perdu. Manquer le jeudi m'a rendu la vie difficile, on va dire. J'étais donc à fond avec les ingénieurs pour essayer de tout comprendre et de me mettre dans le rythme le plus vite possible. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir au sérieux de la situation. C'est peut-être une bonne chose."

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