Comment le règlement 2026 va changer les dépassements en F1
James Vowles estime que le règlement 2026 va grandement changer la façon dont les dépassements seront effectués en F1.
Photo de: FIA
Alors que la Formule 1 n'est plus qu'à quelques semaines de l'entrée en vigueur d'une réglementation qui s'annonce révolutionnaire à plus d'un titre, James Vowles estime déjà que la façon dont les dépassements vont s'opérer à compter de l'an prochain va grandement changer, en mettant plus d'emphase sur les compétences techniques des pilotes que sur les aides au pilotage.
Le règlement 2026 va voir l'introduction de nouveaux châssis, plus étroits et plus petits, dotés d'une aérodynamique active, ainsi que l'entrée en vigueur de moteurs de nouvelle génération, simplifiés mais dont la part de puissance produite par le système électrique sera similaire à la part produite par le V6 turbo.
Si d'aucuns dans le paddock ont fait part de leurs inquiétudes sur ce que cela allait changer en matière de pilotage et sur le risque que la gestion, notamment de l'énergie électrique, prenne le pas sur le déroulé des épreuves, il s'agit désormais d'un défi qu'il faudra relever pour l'ensemble des écuries. Du côté de Williams, le directeur James Vowles, ingénieur de formation, est en tout cas impatient de se frotter aux challenges que cette nouvelle ère va amener.
Interrogé sur le sujet à Singapour, il a déclaré : "Les dépassements vont être différents mais ils vont avoir lieu ; ils se feront juste d'une façon différente de ce à quoi nous sommes habitués actuellement. Les pilotes ont essayé une première fois et ont trouvé que ce n'était pas super ; puis, la seconde fois, 'c'est intéressant'. Ensuite la troisième ou la quatrième fois, ce sont des pilotes, ils ont vraiment accroché. Et il y a une manière très différente d'optimiser ça en tant que solution et ils voient que ça peut être avantageux."
James Vowles sur le muret des stands de Williams à Singapour.
Photo de : Shameem Fahath / Motorsport Network
"Donc, de ce point de vue, je crois que ce sera intéressant et je pense que ça va augmenter [le nombre de] dépassements, pas seulement dans les zones où l'on pense que ça se produira. C'est probablement la bonne façon de le dire."
Une manière de sous-entendre que les zones habituelles de dépassement que l'on connaît depuis une quinzaine d'années, largement influencées par la dynamique liée au DRS, vont peut-être évoluer. En prenant le circuit de Spa-Francorchamps comme exemple, il assure qu'il sera moins crucial de dépasser au début de la ligne droite de Kemmel, celle qui suit le Raidillon de l'Eau Rouge.
Car en plus des changements évoqués plus haut, le DRS tel qu'on le connaît actuellement va disparaître, remplacé par un système "override" qui sera en réalité comme une sorte de "push-to-pass", à savoir un bouton qui autorisera une voiture suiveuse à maintenir plus de déploiement d'énergie - donc plus de vitesse de pointe - que la voiture précédente au-delà de 290 km/h.
Un paramètre nouveau qui va favoriser, selon Vowles, les pilotes qui sauront mieux apprivoiser leur machine par rapport à ceux qui s'appuient aujourd'hui un peu trop sur le DRS pour dépasser : "Compte tenu de la façon dont les règles sont actuellement formulées, je pense qu'ils seront plus occupés dans le cockpit. Je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose, certains en sortiront gagnants : ceux qui maîtrisent parfaitement leur voiture et son comportement, et qui savent sortir des sentiers battus."
Lewis Hamilton (Ferrari), Carlos Sainz (Williams et Franco Colapinto (Alpine) à l'assaut du Raidillon.
Photo de : Andy Hone / LAT Images via Getty Images
"Les différences résident simplement, pour le dire de manière pertinente, dans le fait que vous pouvez presque recharger entièrement la batterie dans une zone de freinage, mais que vous pouvez la vider dans une ligne droite. Cela crée donc une dynamique très différente de celle que nous avons cette année."
Des essais moins studieux pour commencer
Il demeure toutefois énormément d'inconnues à ce stade concernant la façon dont les règles 2026 vont changer la façon de courir. Le premier aperçu aura bien évidemment lieu lors des essais hivernaux, exceptionnellement répartis en trois sessions, dont la première entièrement privée du 26 au 30 janvier à Barcelone, avant deux sessions plus classiques de trois journées à Bahreïn précédant la première manche à Melbourne.
Interrogé sur le sujet, le directeur d'Aston Martin, Andy Cowell, estime que la première phase d'essais hivernaux va être très différente de ce à quoi les tests de 2025 ont ressemblé. "À Barcelone, allons-nous tous effectuer 800 km par jour comme nous l'avons fait à Bahreïn il y a dix mois ? Non", a-t-il lancé. "Nous allons tout mettre en œuvre pour nous assurer que tout fonctionne et que la voiture puisse faire le tour du circuit et revenir par ses propres moyens."
Avec Ed Hardy
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