Fernando Alonso : Il n'y a "pas besoin de talent" avec les F1 2026
Fernando Alonso a de nouveau critiqué la réglementation 2026 de la Formule 1.
Photo de : James Sutton / Formula 1 / Formula Motorsport Ltd via Getty Images
Fernando Alonso a lancé une nouvelle diatribe envers la Formule 1 version 2026 au sortir du Grand Prix de Grande-Bretagne, estimant qu'elle ne nécessite "pas de talent" de la part du pilote.
Tout aussi acteur que spectateur de la discipline depuis le fond de grille qu'il occupe au volant de l'Aston Martin AMR26, une position qu'il connaît bien tant elle aura imprégné la seconde partie de carrière, avec le second passage chez McLaren avant cela, le double champion du monde a terminé avant-dernier classé de l'épreuve de Silverstone.
Cela ne l'a pas empêché de se rappeler au bon souvenir de tous en s'attaquant à la F1 actuelle, et notamment à l'importance prise via la réglementation de la gestion de l'énergie électrique.
Les moteurs approchant cette année d'une répartition 50/50 de l'énergie entre partie thermique et électrique, tout en ne montant pas des batteries d'une plus grande capacité que l'an passé, récupérer et déployer stratégiquement l'énergie est une condition sine qua non pour maximiser sa vitesse sur un tour.
Cela se voit particulièrement en qualifications, avec le phénomène de super clipping notamment (la récupération d'énergie et la baisse de vitesse alors que les pilotes sont à fond sur l'accélérateur), mais aussi en course, avec ce que d'aucuns ont appelé la course en "yo-yo".
Cette expression consiste à regrouper les situations où, dans une lutte, l'échange de places est plus lié à la quantité d'énergie utilisée ou disponible qu'à tout autre paramètre.
Fernando Alonso (Aston Martin) lors du GP de Grande-Bretagne.
Photo de: James Sutton / LAT Images via Getty Images
Si la course principale a finalement vu assez peu de luttes de ce type dimanche à Silverstone, la première partie du sprint a été marquée par de nombreuses situations de bataille en piste. C'est en s'appuyant sur ce qu'il a notamment vu, après-coup, de cette épreuve courte qu'Alonso s'est montré critique.
Quand il lui a été demandé, dimanche soir, si les craintes manifestées par certains pilotes dès le jeudi s'étaient confirmées, Alonso a déclaré devant la presse internationale dont Motorsport.com : "Ça dépend de ce que veulent les fans et la F1. Hier, j'ai vu des replays du sprint : des pilotes qui dépassaient en plein milieu des lignes droites avec plus de batterie."
"Il n'y a donc pas besoin d'intervention du pilote ni de talent de sa part pour dépasser une voiture qui le précède. Vous n'avez pas besoin de freiner plus fort que quiconque, vous n'avez pas besoin de dépasser par l'extérieur, vous n'avez pas besoin de prendre le moindre risque. Il suffit d'appuyer sur un bouton, et vous doublez si vous disposez d'une meilleure unité de puissance que la voiture qui vous précède."
Rappelons qu'entre 2011 et l'an passé, il existait le DRS - drag reduction system - qui était un dispositif permettant, en réduisant temporairement la traînée de la voiture suiveuse via un flap de l'aileron arrière mobile, activé sur simple appui d'un bouton, de se rapprocher et, souvent, de dépasser sans réelle défense possible.
Une minute sans déployer d'énergie à Spa ?
Spa-Francorchamps
Photo by: Erik Junius
Alonso connaît bien le problème de disposer d'une moins bonne voiture que le reste de la grille; puisqu'aujourd'hui l'ensemble du peloton dispose d'une meilleure monoplace et, a priori, d'un meilleur moteur qu'Aston Martin-Honda. Le pilote de 44 ans, qui court dans la discipline depuis 2001 et a connu de nombreuses générations de F1, a expliqué que son ressenti de sa propre course était "toujours le même".
Puis, reprenant sur ce à quoi il fallait s'attendre pour la suite, avec le Grand Prix de Belgique qui se disputera la semaine prochaine à Spa-Francorchamps, il a ajouté : "De toute évidence, Silverstone et Spa sont des circuits très exigeants en matière d'énergie. On ne peut pas en déployer sur l'ensemble des lignes droites."
"La semaine prochaine, ce sera la même chose. Si, à Spa, vous déployez du virage 1 [La Source] au virage 5 [Les Combes], c'est fini pour le reste du tour. Il faut donc en économiser un peu à cet endroit pour pouvoir en déployer du virage 14 [Campus] jusqu'à [la chicane] de l'Arrêt de bus."
"Mais si l'on déploie dans ces deux lignes droites, ce qui constitue le déploiement optimal, il y a alors une minute, dans le secteur 2, où l'on ne déploie absolument pas."
"Et sans aucun déploiement, il ne faut pas oublier que cette année, nous disposons d'une puissance nettement inférieure à celle de l'année dernière et inférieure à celle des F2 - c'est ce qui se passe lorsque l'on réduit le déploiement. Donc, oui, c'est un défi."
Avec Ed Hardy et Jake Boxall-Legge
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