Ferrari bloque l'arrivée d'Enrico Cardile chez Aston Martin
Aston Martin vit une semaine à deux visages : Adrian Newey prend ses marques à Silverstone, mais Enrico Cardile reste coincé dans un imbroglio juridique avec Ferrari.
Photo de : Zak Mauger / Motorsport Images
Serait-ce une drôle de semaine pour Aston Martin ? L'écurie anglaise a accueilli lundi 3 mars sa recrue phare, Adrian Newey, qui a pris à Silverstone ses fonctions dans le rôle nouvellement créé d'associé de gestion technique. Sauf que parallèlement, l'arrivée d'Enrico Cardile se fait attendre.
Recruté en provenance de Ferrari, l'ingénieur italien n'a pas encore officiellement pris ses fonctions de directeur technique en chef au sein de l'écurie dirigée par Lawrence Stroll. Et la date de son arrivée pourrait être considérablement reportée. En cause, un blocage contractuel qui, pour l'heure, semble donner raison à Ferrari pour différer ce transfert.
"Il s'agit d'une affaire entre Enrico, Ferrari et leurs représentants légaux en Italie, et toutes les parties restent engagées dans ce processus", commente laconiquement l'écurie Aston Martin ce mardi. "En tant que tel, nous ne ferons aucun autre commentaire. Nous ferons une annonce en temps voulu."
Il y a quelques jours, le paddock a réalisé que tout ne se passait pas comme prévu dans ce dossier, quand Andy Cowell, directeur d'Aston Martin, a botté en touche lorsqu'il a été interrogé à Bahreïn pendant les essais hivernaux.
"Ce que nous attendons avec impatience, c'est d'avoir un millier de personnes qui travaillent bien ensemble", a-t-il éludé. "Nous avons hâte qu'Adrian nous rejoigne. Nous sommes impatients de voir les dizaines de recrues arriver chaque mois. Je crois qu'il y en a eu 248 en 2024. Nous avons donc hâte que tout le monde soit réuni et travaille collectivement."
Enrico Cardile coincé jusqu'à mi-juillet ?
Photo de: Dom Romney / Motorsport Images
Un discours typique de langue de bois en F1, masquant un sujet devenu complexe. Comme l'a révélé la presse italienne, à commencer par le Corriere dello Sport, Enrico Cardile s'est retrouvé au centre d'un bras de fer entre son ancienne et sa future écurie. Son départ a été annoncé par la Scuderia dès juillet 2024, avec l'intention qu'il prenne ses nouvelles fonctions début 2025, mais Ferrari n'a rien facilité.
Sur le plan juridique, Ferrari a obtenu gain de cause devant la justice italienne, prolongeant la clause de non-concurrence de son ancien directeur technique châssis jusqu'au 17 juillet 2025. Cette date le priverait alors de plusieurs mois d'implication sur le crucial projet 2026 d'Aston Martin, et il ne fait aucun doute qu'il s'agit là de la motivation de la Scuderia pour retarder l'échéance.
Dans l'immédiat, et faute de nouvel accord d'ici l'été, c'est ce à quoi devra se résoudre l'écurie de Fernando Alonso et Lance Stroll. Promu à sa tête pour succéder à Mike Krack, Andy Cowell se retrouve déjà face à un sujet brûlant et délicat à gérer pour que, quoi qu'il arrive, ce contretemps majeur ne perturbe pas excessivement le projet qui s'articulera également autour du nouveau partenariat moteur avec Honda.
Avec Ronald Vording et Jake Boxe-Legge
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