Analyse
Formule 1 GP de Hongrie

La FIA est passée de 4 à 10 personnes pour contrôler les budgets F1

La FIA a pris conscience du besoin de la F1 et des équipes de produire des conclusions fiables et rapides sous l'empire du règlement financier récemment mis en place. Résultat, les effectifs attelés à cette tâche au sein de l'organisation ont plus que doublé en 2023...

Max Verstappen, Red Bull Racing RB19, Fernando Alonso, Aston Martin AMR23

La mise en place d'un réglement financier se voulant strict pour régir les ressources pouvant être exploitées par les équipes F1 ne peut se faire sans quelques tâtonnements et une pleine collaboration entre toutes les parties concernées.

Autant qu'elles sont contrôlées et font l'objet d'un suivi par une institution, les équipes ont elles aussi des outils de pression sur la FIA, en particulier car elles partagent, avec le promoteur du championnat, le besoin de crédibiliser leur investissement par le biais de résultats officiels ne laissant planer aucun doute, et de conclusions d'analyses produites dans des temps acceptables.

C'est la raison pour laquelle la FIA est attendue au tournant et mise d'importantes ressources sur une méthode plus efficace et plus rapide de restitution de ses analyses, sans pour autant amoindrir la qualité de ces contrôles complexes..

Lire aussi :

Dix employés attelés à la procédure de vérification des budgets F1

Le premier mois est généralement consacré à un examen détaillé de l'ensemble de la documentation afin d'identifier les domaines qui nécessitent une analyse un peu plus approfondie. "Nous identifions ensuite les questions de suivi et demandons plus de documentation, si nécessaire, en préparation de notre arrivée prévue sur place", détaille Federico Lodi, ancien responsable financier de Toro Rosso et directeur du règlement financier de la FIA pour les monoplaces, dans un entretien exclusif accordé à Motorsport.com.

"C'est à ce moment-là que nous entreprenons un audit sur place, qui commence généralement au début du mois de mai. À partir de là, nous passons des mois sur la route, à visiter les équipes les unes après les autres et à approuver leur dossier", poursuit Lodi.

Compte tenu de l'ampleur de l'opération, il n'est pas surprenant qu'il faille du temps pour tout examiner.

Lire aussi :

Cependant, Lodi est bien conscient que la F1 dans son ensemble ne peut pas attendre aussi longtemps que l'année dernière, lorsque la confirmation de la pénalité de Red Bull est arrivée près de sept mois après les dernières soumissions.

"Il est clair que les parties prenantes ont intérêt à ce que les choses se fassent rapidement", déclare-t-il. "En tant que FIA, nous comprenons ces exigences, c'est pourquoi nous avons renforcé le département, et nous avons maintenant 10 employés à temps plein qui travaillent sur la réglementation financière de la F1. Il s'agit d'une augmentation significative par rapport à l'année dernière, où ils n'étaient que quatre."

Cependant, il demeure difficile pour la Fédération Internationale de l'Automobile de s'engager sur des délais de livraison selon un calendrier rigide, car de nombreuses variables doivent être prises en compte. "Tout d'abord, il y a les résultats eux-mêmes – ce que nous identifions et ce que nous devons approfondir", explique Federico Lodi.

"En outre, nous devons également tenir compte du fait que nous effectuons l'examen avec le soutien de l'équipe et que, bien entendu, le service financier de l'équipe est également très occupé par la gestion de ses activités ; il peut également avoir un engagement en matière de reporting envers ses actionnaires, par exemple. Bien qu'il nous faille travailler aussi rapidement que possible, le plus important pour nous est de ne pas compromettre la solidité du processus."

Un recrutement d'auditeurs difficile

Lodi reconnaît qu'il n'a pas été facile de recruter les bonnes personnes pour son équipe élargie en raison de la nature des profils recherchés et de la rapidité de mise en action requise... ainsi que du fait que ces personnes intéressent bien souvent les équipes elles-mêmes !

"C'est extrêmement compliqué. Tous les membres de notre service sont d'anciens auditeurs. Ce n'est pas un problème, le vivier d'auditeurs est assez vaste. Le défi est de trouver quelqu'un avec une formation sportive, puis une formation en sport automobile et enfin une connaissance de la F1, parce qu'elle est spécifique. Nous avons eu du mal au début, nous avons donc décidé d'adopter une autre approche et nous les formons en interne aux spécificités de la F1."

Rejoignez la communauté Motorsport

Commentez cet article
Article précédent Les notes du Grand Prix de Hongrie 2023
Article suivant Red Bull pas opposé à un rééquilibrage moteur

Meilleurs commentaires

Abonnez-vous gratuitement

  • Accédez rapidement à vos articles favoris

  • Gérez les alertes sur les infos de dernière minute et vos pilotes préférés

  • Donnez votre avis en commentant l'article

Motorsport Prime

Découvrez du contenu premium
S'abonner

Édition

France France