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Liberty peut-il sauver le soldat Force India en pleine guerre civile ?

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Liberty peut-il sauver le soldat Force India en pleine guerre civile ?
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2 août 2018 à 07:01

Liberty Media, propriétaire de la Formule 1, est confronté à l'une des plus grandes crises depuis son arrivée, trois équipes ayant bloqué son plan de sauvetage de Force India.

Malgré tous ses efforts jusqu'ici, Liberty a échoué à convaincre Renault, McLaren ou Williams de signer un accord qui offrirait dans les faits à Force India une bouée de sauvetage financière.

Selon les termes des accords bilatéraux conclus entre les équipes et le détenteur des droits commerciaux de la F1 (toujours appelés Accords Concorde), une équipe placée sous administration judiciaire (le statut actuel de Force India) est vue comme une nouvelle entité et ne peut conserver son droit aux primes liées à l'entité précédente qu'en cas d'accord de toutes les autres structures.

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Pour l'instant, Renault, McLaren et Williams s'y refusent catégoriquement.

À la surface, cela ressemble à une indécente démonstration d'opportunisme, en frappant un rival alors qu'il est au sol. Cependant, il se dit dans le paddock que ni la malveillance ni l'argent ne sont au cœur de cette situation et que leur véritable inquiétude serait que Force India soit préparé par Mercedes à devenir une "équipe esclave".

Ces écuries ont la sensation que cela pourrait servir à augmenter la puissance dans la discipline de l'un de ses deux constructeurs majeurs à leur détriment et à celui du championnat en général.

Certains dans le paddock estiment que Ferrari et Mercedes ont assez repoussé les limites des équipes secondaires et que le fait que Mercedes puisse jouer un rôle central dans le rachat de Force India renforcerait encore plus la domination du constructeur allemand en F1.

Esteban Ocon, Force India VJM11, leads Sergio Perez

Un problème à 60 millions d'euros

Les très bonnes performances récentes de Force India en piste ne se sont pas reflétées sur sa situation financière. Le propriétaire, Vijay Mallya, a fait face à de nombreux problèmes juridiques en Inde, tout comme son partenaire, le Groupe Sahara.

Un fournisseur technique a récemment émis une ordonnance de liquidation à l'encontre de la structure de Silverstone, qui a potentiellement entraîné son insolvabilité.

De la même façon, la mise en place du filet de sécurité qu'est le placement sous administration judiciaire a suivi une action menée par Sergio Pérez. Un juge de la Haute Cour a tranché en ce sens vendredi, FRP Advisory ayant été nommé pour voir ce qu'il était possible de faire pour les créanciers et assurer l'avenir de l'équipe.

Les deux dernières équipes de F1 à avoir disparu – Caterham et Manor – ont toutes les deux été placées sous administration judiciaire, mais ont échoué à trouver un acheteur crédible. Cela même si Manor avait réussi à renaître après l'ère Marussia en ayant été placé sous administration début 2015 (et l'on se souvient que Force India avait d'ailleurs à l'époque tenté de l'empêcher d'utiliser une monoplace 2014 modifiée).

La valeur de Force India – qui a terminé quatrième lors des deux dernières saisons – est bien plus importante aux yeux des potentiels acheteurs.

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À moins que Liberty ne puisse obtenir l'unanimité de la part des équipes, une somme avoisinant les 70 millions de dollars (environ 60 millions d'euros) de primes serait exclue de tout accord. Pour remettre cela en perspective, c'est au moins la moitié du budget total de l'équipe à l'année. 

Pire, la façon dont le système de primes de la F1 fonctionne fait qu'il faudrait que l'équipe termine dans le top 10 de deux des trois prochaines saisons pour pouvoir être qualifiée à toucher de l'argent. Cela veut dire, dans les faits, qu'aucune prime ne pourrait être touchée d'ici 2021 au moins – à moins, de nouveau, que les autres écuries ne soient d'accord.

Vous pourriez penser que, en tant que propriétaire de la F1, Liberty pourrait simplement allouer les fonds comme il l'entend. Mais les accords bilatéraux sont des documents complexes qui n'offrent pas de marge de manœuvre, et donc son seul recours pourrait être de faire en sorte de renflouer les caisses par le biais d'un paiement unique. Cela créerait cependant un dangereux précédent.

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Un krach à la sauce F1 ?

Une source en F1 a comparé l'ampleur de cette crise au krach boursier de 2008 et pointé du doigt le fait qu'il a fallu que le géant de la banque Lehman Brothers s'effondre avant que des plans de secours ne soient mis en place, permettant ensuite à l'industrie tout entière de se relever.

Pour le moment, il semble que Renault, McLaren et Williams soient prêts à se montrer fermes en défense de leurs positions dans la discipline, et l'effondrement style Lehman Brothers d'un rival est peut-être perçu comme le prix à payer pour cela.

C'est une situation déplaisante pour eux également, mais il s'agit clairement d'un cas où soit on se bat pour son propre intérêt, soit on laisse courir en risquant sa propre chute. Pour compliquer encore plus la chose, Williams est un client de Mercedes et, la semaine dernière, il a été rapporté que la possibilité d'approfondir l'accord actuel était discutée pour y inclure la fourniture de boîtes de vitesses.

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Mais la perspective de voir Force India (ou quel que soit son nom à m'avenir) lié de façon concrète à l'écurie d'usine affaiblirait sûrement la position de Williams. À moins que des négociations aient lieu...

Ron Dennis avait accueilli Eddie Jordan au "Piranha Club" quand il avait rejoint la F1 en 1991. Au fil de l'Histoire de la discipline, les prédateurs du paddock ont semblé prêts à se retourner contre leurs semblables pour ce qu'ils estimaient être le bien commun.

Cette fois, cependant, ce n'est pas du menu fretin mais l'ancienne équipe Jordan, l'équipe de milieu de peloton la plus performante de l'époque récente.

Liberty peut-il vraiment laisser faire ça ?

Chase Carey, Chief Executive Officer and Executive Chairman of the Formula One Group with Robert Fearnley, Force India F1 Team Deputy Team Principal
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Séries Formule 1
Équipes McLaren Boutique , Williams , Force India , Renault F1 Team
Auteur Charles Bradley