Leclerc n'est pas au niveau de Verstappen, selon Montoya

Juan Pablo Montoya, ancien pilote de F1, place Max Verstappen au-dessus de Charles Leclerc dans la hiérarchie actuelle en raison d'une plus grande expérience et d'un meilleur palmarès.

Leclerc n'est pas au niveau de Verstappen, selon Montoya
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La saison 2022 de Formule 1 s'est résumée à une écrasante domination de Red Bull, l'écurie autrichienne ayant remporté 17 des 22 Grands Prix du calendrier. Max Verstappen a été l'acteur principal de ce succès retentissant puisqu'il a accumulé 15 victoires, ce qui est un nouveau record en F1, tout en ne finissant jamais plus bas que septième lors des courses où il a vu le drapeau à damier.

Pourtant, le début d'année a été moins aisé pour Verstappen, le pilote Red Bull ayant eu fort à faire face à Charles Leclerc. Les spectateurs ont ainsi pu assister à plusieurs belles passes d'armes entre les deux hommes, notamment aux GP de Bahreïn et d'Arabie saoudite.

L'on peut s'attendre à une revanche de Leclerc face à Verstappen pour la saison 2023, mais Juan Pablo Montoya ne voit pas cela comme un match serré. L'ancien pilote de Formule 1 donne l'avantage à l'actuel porteur du #1 en raison de sa plus grande expérience (Verstappen compte 163 GP contre 102 pour Leclerc) mais aussi de la pression du premier titre qui pèse encore sur les épaules du pilote Ferrari.

"Je ne dirais pas qu'il est au même niveau", a expliqué Montoya au sujet de Leclerc, dans un entretien exclusif accordé à Motorsport.com. "Je pense que Charles est très bon mais Max a plus d'expérience. Je pense qu'avec plus d'expérience, plus de victoires et les championnats, ça enlève beaucoup de pression. Donc, pour Max, il est beaucoup plus facile de gagner le championnat que pour Charles, parce qu'il se battrait pour son premier championnat."

En outre, Montoya n'a pas souhaité exclure Carlos Sainz du débat. Même si la campagne 2022 de l'Espagnol a été compliquée, constituée de nombreux abandons, l'ancien pilote Williams et McLaren garde encore à l'esprit la première saison de Sainz sous ses nouvelles couleurs : en 2021, il avait été sacré "meilleur des autres" en prenant la cinquième place du championnat, avec 5,5 points d'avance sur son coéquipier monégasque.

"Pour vous dire la vérité, si Carlos peut être à l'aise dans la voiture, je pense qu'il peut faire du très bon travail. Si vous regardez les anciennes voitures en fin de saison, pas l'année dernière mais celle d'avant [en 2021, ndlr], Carlos battait Charles chaque semaine. C'est donc une question de confort du pilote dans la voiture", a estimé Montoya, même si dans les faits, Sainz n'a devancé Leclerc que trois fois lors des 11 derniers Grands Prix de 2021.

Red Bull un cran au-dessus de Ferrari

Max Verstappen en lutte avec Charles Leclerc au départ du GP du Japon

Max Verstappen en lutte avec Charles Leclerc au départ du GP du Japon

Montoya s'est également attardé sur ce qui avait différencié Red Bull de Ferrari en 2022, et le Colombien a évoqué la manière dont a été géré le développement des voitures.

En difficulté en début de campagne, la faute à une mauvaise fiabilité et un net sous-virage convenant davantage à son coéquipier Sergio Pérez, Verstappen a profité du développement efficace de la RB18 pour prendre l'avantage dans le peloton. À l'inverse, Ferrari a semblé stagner avec sa machine, au point où Mercedes a pu refaire la majorité de son retard sur le Cheval cabré.

"Quand on regarde le début de l'année [2022], quand Max n'était pas à l'aise et que Checo pouvait piloter (sic), il était plus rapide que lui", a avancé Montoya. "Est-ce que Checo est un meilleur pilote que Max ? Pas vraiment, pour être honnête. C'est un très bon pilote mais je ne pense pas qu'il soit au niveau de Max. Mais il pouvait piloter et Max ne pouvait pas. Et c'est là que [Red Bull] a fait un très bon travail, ils ont compris ce dont [Verstappen] avait besoin et ont amélioré la situation."

"Ce que Red Bull a toujours fait de bien, c'est le niveau de progrès avec la voiture. Ils peuvent vraiment développer la voiture, comme Mercedes. Sur le rythme de développement des voitures, par rapport aux autres, ils sont sur une autre planète. Il faut dire que Ferrari avait la meilleure voiture au début de l'année. Ferrari avait, de loin, la voiture la plus rapide. Mais c'est comme s'ils avaient trouvé trois dixièmes de performance [par la suite] et que Red Bull et Mercedes avaient trouvé une seconde. Parce que si vous regardez Mercedes à la fin de l'année, ils avaient le rythme pour être plus proche de Ferrari que Ferrari de Red Bull, probablement."

Propos recueillis par Erwin Jaeggi

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