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Un ultime resserrement avant que 2026 ne "fasse exploser la grille"

La prédiction est signée Adrian Newey : celle d'une convergence accélérée des performances jusqu'à la fin de la saison prochaine, avant que tout ne soit à nouveau remis en question.

Max Verstappen, Red Bull Racing RB20, Carlos Sainz, Ferrari SF-24, Lando Norris, McLaren MCL38, Charles Leclerc, Ferrari SF-24, Oscar Piastri, McLaren MCL38, et le reste du peloton au départ

Un resserrement des performances avant un nouvel éclatement de la hiérarchie : c'est le pronostic d'Adrian Newey pour les saisons 2025 et 2026, soit la dernière de l'actuelle réglementation et la première de la future qui doit encore être totalement définie. 

Si Red Bull domine outrageusement l'ère de l'effet de sol dans laquelle est entrée la Formule 1 en 2022, le directeur technique en chef de l'écurie autrichienne s'attend à ce que la grille ne cesse de se resserrer au cours des 18 prochains mois du cycle actuel. Du côté de Milton Keynes, les gains de performance sont mécaniquement de plus en plus réduits et l'on assiste selon le Britannique à une histoire déjà vue et revue en catégorie reine. 

"Les gens déplorent – heureusement pas nous – que les résultats soient dominés par une écurie dans le cadre de cette réglementation jusqu'à présent", confie Adrian Newey à Motorsport.com. "Mais ça peut évidemment changer. Il est certain que ça va se resserrer. Et qui sait ce qui se passera l'année prochaine ? L'un de nos concurrents pourrait facilement nous dépasser. Si l'on regarde l'histoire, chaque fois qu'il y a un changement de réglementation, le plus souvent une écurie l'interprète mieux que les autres. Il y a alors une période de domination. C'est ce qu'il s'est passé avec Mercedes côté unité de puissance, quand il y a eu un gros changement de moteur en 2014. On a connu ça d'autres fois quand il y a eu un changement de règlement."

"Il y a aussi eu cet énorme changement en 2022, et la grille commence probablement à converger. Je serais étonné que ce ne soit pas le cas, et je pense que la lutte sera beaucoup plus serrée pour nous cette année que l'année dernière. Et il ne fait aucun doute qu'elle sera encore plus serrée pour tout le monde l'an prochain. Alors que tout commence à converger et que le public commence à avoir ce qu'il veut, nous allons vivre un changement encore plus important, car si je me souviens bien, c'est la première fois que nous aurons un nouveau moteur et un nouveau châssis en même temps. Il y a donc de fortes chances que ça fasse exploser la grille."

Red Bull serait donc en train de se rapprocher d'une sorte de plafond de verre, pendant que les autres écuries réduiraient peu à peu le fossé creusé au départ. 

"Les gains [de performance] réalisés par les écuries d'une année sur l'autre pour la troisième saison sont raisonnablement significatifs", souligne Adrian Newey. "Il est certain que de notre côté, nous sommes en train d'aplatir la courbe de notre développement aéro pour ce qui est du pourcentage de gains par mois. On commence certainement à atteindre l'asymptote, comme on peut s'y attendre avec n'importe quel règlement. En ce sens, d'un point de vue technique, il est peut-être temps d'en avoir un nouveau !"

Plus de liberté que prévu ?

Adrian Newey (directeur technique en chef de Red Bull).

Adrian Newey (directeur technique en chef de Red Bull).

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

Si tout n'est pas comparable, et que certains ajustements avaient tout de même eu une incidence à l'époque, la situation évoquée par Adrian Newey rappelle inévitablement celle de 2021. La dernière saison de la précédente réglementation, jusqu'alors dominée par Mercedes, avait donné lieu à un affrontement exceptionnel et à suspense entre l'écurie allemande et Red Bull, et entre Lewis Hamilton et Max Verstappen. 

Sportivement, et c'est ce que dit l'ingénieur britannique entre les lignes, le public est donc devant un risque de perdre au change. Techniquement, Adrian Newey avoue en revanche se frotter les mains, repensant au scepticisme qu'il avait ressenti en découvrant le cadre réglementaire de l'actuelle génération de monoplaces.

"Je vais être honnête avec moi-même en disant qu'avant la publication de ce règlement, j'étais quelque peu critique et je n'étais certainement pas très inspiré", avoue-t-il. "J'avais l'impression qu'il était excessivement contraignant et qu'il n'offrait pas beaucoup de liberté. Mais il y a eu un peu d'assouplissement à la fin, car beaucoup d'autres écuries pensaient la même chose. Et avec ce léger assouplissement, il s'est avéré qu'en fait, il y a énormément de détails à prendre en compte pour optimiser la voiture en fonction de ce règlement."

Propos recueillis par Jonathan Noble

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