Masi : Les pénalités ne reflètent pas les conséquences des incidents

Le directeur de course de Formule 1, Michael Masi, a déclaré que le fait que les commissaires ne tiennent pas compte des conséquences d'un incident au moment d'infliger des pénalités était un principe fondamental de leur travail.

Après l'accrochage entre Lewis Hamilton et Max Verstappen, qui a débouché sur la violente mais heureusement sans gravité sortie de piste du Néerlandais, les passions se sont déchaînées dans les débats autour de l'incident. Outre la question de la responsabilité, que les commissaires ont choisi d'attribuer majoritairement au Britannique, c'est celle de l'ampleur de la pénalité qui a été au centre des questionnements.

Pour certains tenants d'une ligne dure, les dix secondes de pénalité reçues par Hamilton représentaient une sanction trop faible par rapport à la conséquence de l'accrochage, qui a envoyé Verstappen dans un mur de pneus où il a encaissé un choc d'une force de 51 g. Au contraire, les partisans de l'hypothèse du simple incident de course ont jugé que c'est justement la sortie violente de la Red Bull qui a incité les commissaires à sanctionner Hamilton et non l'incident en lui-même.

Chez Red Bull, sans surprise, les voix se sont élevées pour contester une sanction jugée trop laxiste, d'autant que Hamilton est parvenu à remporter la course et donc effectuer un rapproché significatif au championnat pilotes, Helmut Marko allant par exemple jusqu'à demander une suspension pour le septuple Champion du monde.

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Acteur bien malgré lui des événements de ce dimanche, même s'il n'est pas compétent pour rendre les décisions qui reviennent à la charge des commissaires, Michael Masi a rappelé après la course que les conséquences des incidents qui justifient l'intervention des instances ne doivent pas influer sur leurs décisions : ils doivent se contenter de prendre position et d'appliquer le règlement aux incidents en eux-mêmes. Ici, il assure que le fait que Verstappen abandonne et que Hamilton puisse poursuivre la course n'a pas été un critère.

"Je pense qu'il s'agit d'un élément majeur qui est un pilier depuis de nombreuses années. Et cela a fait l'objet de discussions entre toutes les équipes, la FIA et la F1 avant mon arrivée, et les directeurs d'équipes étaient tous très catégoriques : vous ne devez pas tenir compte des conséquences d'un incident."

"Ainsi, lorsqu'ils jugent un incident, ils jugent l'incident lui-même, et le fond de l'incident, pas ce qui se passe ensuite en guise de conséquence. Et c'est quelque chose que les commissaires font depuis de nombreuses années."

"Et on leur a conseillé de le faire de haut en bas [de la hiérarchie]. Et je parle de l'implication de l'équipe, et ainsi de suite. Donc c'est de cette façon que les commissaires jugent, parce que commencer à prendre en compte les conséquences, plutôt que de juger l'incident lui-même, il y a tellement de variables..."

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Interrogé sur les déclarations de Red Bull selon lesquelles la sanction n'était pas assez sévère, Masi a répondu : "Je pense que si vous jugez sur cette base, vous ne trouverez jamais une sanction qui résoudra un tel déséquilibre."

"Si vous examinez la situation sous cet angle particulier, c'est la raison pour laquelle, il y a quelques années, les équipes, ou les directeurs d'équipe, ont fait une distinction claire : ils ne voulaient pas que les conséquences soient prises en compte, ils voulaient que la sanction soit basée sur l'incident lui-même. Je comprends tout à fait ce point de vue et je pense que c'est un point de vue général pour tous les commissaires, dans ce but, de ne pas tenir compte des conséquences."

Lorsqu'on lui demande de comparer la situation à celle du football avec le système de l'arbitrage vidéo – où les fans peuvent voir les ralentis mettant en évidence ce que les officiels ont vu, là où la prise de décision n'est pas publique en F1 et se base notamment sur des images et des données non accessibles – il répond que le processus est plus complexe. "Je pense qu'il y a beaucoup d'analystes à la télé et beaucoup d'anciens pilotes très expérimentés qui vont présenter leur point de vue. Et les commissaires regardent absolument tout ce qu'ils ont à leur disposition."

"Et contrairement à un processus de VAR qui se termine en 30 secondes, parfois en une minute maximum, les commissaires sont invités à prendre le temps nécessaire pour analyser tous les éléments possibles de tout incident. Je ne vois donc pas les choses sous cet angle, je pense que les commissaires doivent rester une instance judiciaire indépendante. Et je ne pense pas qu'ils devraient en leur qualité subir des pressions. Ils doivent prendre leur temps pour tout analyser."

Avec Adam Cooper

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