Pirelli et les pilotes : "C'est parfois facile de critiquer les pneus"
Pirelli accepte volontiers les critiques des pilotes si elles sont constructives, mais Mario Isola rappelle aussi que le manufacturier "ne peut pas tout faire" pour régler tous les sujets.
Manufacturier unique de la Formule 1 depuis plus d'une décennie, Pirelli a appris à composer avec les critiques. Quand elles viennent des pilotes, la firme italienne les estime à la fois bienvenues et faciles, rappelant qu'elle ne peut pas régler à elle seule tous les problèmes rencontrés en piste.
Pour le Grand Prix de Grande-Bretagne ce week-end, Pirelli a introduit un pneu à la construction renforcée, conçu pour accompagner le développement aérodynamique rapide des monoplaces et répondre ainsi aux charges de plus en plus fortes exercées sur les montes. Après les deux premières séances d'essais libres vendredi, plusieurs pilotes se sont plaints de manquer d'adhérence, ce qui peut aussi être lié aux pressions minimales préconisées par Pirelli, qui sont très élevées sur la piste britannique.
Directeur de la compétition chez Pirelli, Mario Isola n'est pas forcément surpris. Il sait le rôle parfois ingrat qu'est celui du manufacturier unique, et en a vu d'autres !
"Je crois que c'est normal, quand on est le seul manufacturier, d'être critiqué", estime-t-il. "Ce que je dis toujours c'est que si la critique est bonne ou qu'elle vise à améliorer les choses, elle est toujours la bienvenue. Je comprends que les pilotes ne soient pas toujours satisfaits des performances ou du comportement des pneus. Mais il y a aussi parfois des situations étranges."
"Par exemple, l'an dernier, c'était la première année avec les nouvelles monoplaces et les nouveaux pneus 18 pouces, et je me souviens que tous les pilotes étaient satisfaits. Ils disaient : 'Enfin, on n'a pas de surchauffe, on peut attaquer'. On a vu beaucoup de courses avec énormément d'action en piste. Cette année, ils critiquent de nouveau la surchauffe. On a les mêmes pneus que l'an dernier. Je suppose donc qu'il est possible que ça vienne d'autre chose."
"On essaie de faire de notre mieux. C'est parfois facile de critiquer les pneus. Mais j'écoute les pilotes parce que sont les héros de notre sport, et il faut qu'ils soient contents. Mais ce n'est pas toujours simple de les rendre contents."
Les pneus Pirelli à Silverstone.
Le cahier des charges auquel doit se conformer Pirelli est aussi un problème récurrent pour le manufacturier unique, qui se sent parfois paralysé par le manque de direction claire en termes de degré de dégradation, de surchauffe et de niveau de performance attendu.
"On peut s'améliorer, évidemment, mais on a des contraintes", rappelle Mario Isola. "On doit désormais développer un pneu qui fonctionne sans couverture chauffante [pour 2024]. On se concentre donc là-dessus. Si l'on doit travailler sur un pneu avec moins de surchauffe, c'est une autre direction. On peut le faire. On est heureux de le faire. Mais on doit s'accorder sur une seule direction."
"Avec 25 journées d'essais par an, on ne peut pas tout faire. Je crois donc qu'il y a beaucoup de contraintes qui sont plus que compréhensibles car on fait 22 Grands Prix cette année, 24 l'année prochaine ; le calendrier est chargé. On ne peut pas demander aux équipes de faire plus que ce qu'elles font actuellement, car je comprends les efforts qu'elles consentent en nous fournissant la voiture pour les essais. Mais ça reste assez limité."
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