Formule 1 GP de Belgique

Le plan du GP de Belgique pour sauver sa place en F1

Menacé par l'expansion du calendrier et l'ajout de nouvelles destinations, le Grand Prix de Belgique joue sa dernière carte pour tenter de convaincre Liberty Media qu'il a sa place en catégorie reine.

Le raidillon de l'Eau rouge

L'ajout de Las Vegas associé aux retours du Qatar et de la Chine porte le calendrier de courses 2023 du Championnat du monde de Formule 1 à 24 épreuves, du jamais vu auparavant. Et c'est un problème pour les Grands Prix dits "historiques" car, désormais, ils ne sont plus dans les petits papiers de Liberty Media.

Au cours des dernières saisons, le détenteur des droits commerciaux de la F1 et compositeur du calendrier a jeté son dévolu sur les circuits au cœur d'un marché international majeur. Ainsi, les Grands Prix de Monaco, de France et de Belgique, tous trois présents au calendrier lors de la toute première édition du Championnat du monde, en 1950, sont aujourd'hui menacés de disparition.

Surfant sur une nouvelle et grosse vague de popularité pour la Formule 1, Liberty souhaite faire de chaque Grand Prix un Super Bowl, avec toute l'extravagance que cela implique, que cela convienne ou non aux fans de la première heure. Lors des négociations contractuelles avec Spa Grand Prix (qui s'occupe d'organiser le GP de Belgique), le PDG de la F1, Stefano Domenicali, avait indiqué qu'il fallait suivre ce chemin pour rester dans la partie. Et Spa est aujourd'hui prêt à accepter ces conditions.

"Il est vrai qu'il y a eu une demande de la part de la F1 pour avoir plus de divertissement", explique Stijn de Boever, directeur commercial de Spa Grand Prix. "Ils ont dit que l'histoire, c'est bien, mais il nous faut plus. Nous avons décidé de les écouter et de suivre leur nouvelle façon d'organiser des GP de F1 : la méthode américaine, avec tout le divertissement qui va avec."

Le GP de Miami a donné un aperçu de la direction que veut prendre la F1

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"Nous préparons toutes sortes de divertissements, avec des DJ, des événements exclusifs, des fanzones et des activités autour du circuit. On peut dire que notre Grand Prix légendaire va avoir le bling bling requis. Si nous voulons continuer à accueillir des courses à l'avenir, nous devons nous moderniser."

Bien que les organisateurs soient conscients qu'il faut faire vite oublier une édition 2021 annulée après des heures de drapeau rouge et deux petits tours derrière la voiture de sécurité, leurs efforts pour conquérir le cœur des fans et de Liberty concernent l'avenir plutôt que le passé. Le projet de rénovation à long terme du circuit, d'un montant de 80 millions d'euros, est une pièce essentielle du puzzle, tout comme les travaux entrepris en-dehors de la piste.

"La nouvelle tribune du Raidillon offre une vue incroyable, et le circuit a aussi travaillé dur pour améliorer ses installations et devenir plus durable", ajoute De Boever. "En ce qui concerne le trafic, nous avons travaillé avec la police pour ajouter des parkings plus loin, sur un terrain solide près de Malmedy, et des navettes pour transporter les fans vers et en-dehors du circuit."

"En 2019, lorsque c'était sec, ça s'était bien passé. Mais nous avons désormais plus d'options pour offrir un meilleur endroit où se garer, sur un sol dur. Bien sûr, ça reste Spa. Nous n'avons pas de trains qui peuvent prendre en charge des dizaines de milliers de personnes."

Les spectateurs n'ont pas été remboursés après un GP de Belgique 2021 d'une longueur de deux tours

Les spectateurs n'ont pas été remboursés après un GP de Belgique 2021 d'une longueur de deux tours

Reste à savoir si les efforts entrepris à Spa se révéleront suffisants pour séduire la F1 et obtenir un nouveau contrat. Les organisateurs de l'épreuve ont déjà eu plusieurs discussions avec le championnat : la directrice Vanessa Maes s'est rendue à Imola, De Boever à Barcelone, et le président du circuit Melchior Wathelet a également été en contact avec Domenicali.

Dans le paddock, les avis divergent quant à la conclusion d'un nouvel accord avec Spa mais ce n'est pas la première fois que l'on annonce la disparition du GP de Belgique avant que celui-ci ne revienne d'entre les morts !

"La F1 a été très satisfaite de nos projets", affirme De Boever. "Ils sont heureux de voir que nous continuons à investir pour offrir aux fans une meilleure expérience malgré le fait que le dimanche est complet depuis décembre. Il est déjà arrivé que nous abordions un Grand Prix sans avoir de certitude pour l'année suivante, ce n'est donc pas un gros problème."

"Nous voulons une course annuelle, pas une alternance avec un autre GP, mais nous allons écouter ce que la F1 propose. Clairement, Liberty Media a trouvé une nouvelle manière d'organiser les courses de F1 et nous allons les suivre. Oui, nous avons quelque chose à prouver. Nous n'avons pas de pétrodollars mais nous pouvons montrer que nous sommes un Grand Prix légendaire qui peut divertir 100 000 fans par jour. Le fait qu'ils pourront le constater directement en août est un gros avantage."

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