Retards de fret : La F1 va tirer les leçons

Dans la semaine du Grand Prix de São Paulo, un retard dans le transport du fret a causé un véritable casse-tête. Aujourd'hui, la Formule 1 cherche à en tirer les leçons.

Retards de fret : La F1 va tirer les leçons

Pour les fans, une petite semaine séparait le Grand Prix de Mexico du Grand Prix de São Paulo. Mais pour les écuries, ce délai était encore plus court puisqu'il fallait installer les équipements du garage et assembler les monoplaces avant jeudi soir, car la FIA procède lors de cette journée à des contrôles et instaure un couvre-feu lors duquel les mécaniciens ont l'interdiction de toucher aux voitures jusqu'au vendredi matin.

Mais à cause d'un épais brouillard, trois avions contenant du fret n'ont quitté Mexico que tardivement. Par conséquent, les équipes n'ont pas pu achever leurs préparatifs dans les délais habituels. McLaren, Ferrari, Alfa Romeo et Haas étaient tout particulièrement touchés par le retard des pièces tandis que Mercedes et Aston Martin ont pu assembler leurs monoplaces... sans le moteur.

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Face à ce retard, la FIA n'a pas eu d'autre choix que de lever le couvre-feu du jeudi soir et de reporter le contrôle technique précédant la première séance d'essais libres. Les derniers camions provenant de l'aéroport de São Paulo sont arrivés à Interlagos jeudi midi et les écuries se sont lancées dans une course contre la montre pour achever leur travail avant le début de l'action sur la piste, 24 heures plus tard.

"L'aéroport de Mexico a fermé pendant cinq ou six heures à cause du brouillard, ce qui a évidemment bouleversé tout le programme", a indiqué Steve Nielsen, directeur sportif de la F1, à Motorsport.com. "Certains avions ne pouvaient pas atterrir et les autres ne pouvaient pas décoller. Les vols ont alors été détournés et ne pouvaient pas se poser directement ici. Ce qui s'est passé ensuite, c'est qu'il a manqué d'heures d'équipage."

Ferrari a été l'une des dernières équipes à recevoir ses pièces

Ferrari a été l'une des dernières équipes à recevoir ses pièces

"Les vols de fret ont leur équipage à bord, ce ne sont pas des compagnies aériennes où l'on peut simplement appeler un autre équipage d'un aéroport, il faut trouver du personnel ailleurs. Le mélange de vols détournés et d'un excès d'heures de travail pour l'équipage a entraîné un retard de 24 heures. Si l'aéroport est fermé et que les heures de travail de l'équipage sont ce qu'elles sont, on ne peut pas court-circuiter ce genre de choses."

Nielsen a ajouté que toutes les équipes avaient reçu le fret prioritaire en temps et en heure. Cependant, elles seules choisissent les éléments qui font partie de ce fret : "Tout le monde a eu son fret prioritaire. Je crois que c'est trois palettes chacun. [Les équipes] peuvent choisir ce qu'elles veulent. Je suis sûr que la plupart y ont mis leur châssis, les choses dont elles avaient besoin immédiatement. Nous ne dictons pas le contenu de ce fret, c'est aux équipes de choisir. Mais nous leur disons combien de palettes sont à disposition. Je suis sûr qu'après ce week-end, elles remettront en question le contenu du fret prioritaire."

"Mais certaines équipes ont été lourdement touchées par les vols secondaires, en particulier les fournisseurs de moteur qui ont reçu leur matériel tardivement. Normalement, le fret arrive au compte-gouttes. Quand tout est là, on le distribue à tout le monde. Cette fois-ci, nous n'avons pas pu le faire. Nous avons dû adopter une approche pragmatique et dire : ceux qui l'ont peuvent commencer, et ceux qui ne l'ont pas, nous ferons ce que nous pouvons."

"On ne peut pas faire décoller et faire atterrir tous les avions en même temps, donc il faut établir des priorités. Quand on arrive à l'aéroport, on vide un avion, puis un autre et un suivant. Malheureusement, il y a toujours une priorité. Les équipes le savent et l'acceptent."

Au sujet des équipes les plus impactées par ce retard –McLaren, Ferrari, Alfa Romeo et Haas –, Nielsen a commenté : "Ils avaient moins que ce qu'ils auraient dû avoir en temps normal, absolument. C'est pour cela qu'ils ont dû travailler très tard [jeudi soir] donc nous avons dû supprimer le couvre-feu pour leur permettre de réduire leur retard."

"Tout le monde a accepté cette modification, c'est génial. Même certaines équipes qui ont été moins impactées ont prêté leurs chariots et d'autres outils aux autres équipes. C'était un effort collectif et c'était bon de voir les équipes collaborer pour permettre aux autres de s'en remettre plus vite."

Andreas Seidl, directeur de McLaren, a reconnu que ce retard avait été difficile à gérer. "De notre côté, le fret principal était manquant donc nous n'avions ni voiture ni moteur", a-t-il révélé. "Ce qui signifie que nous n'avons commencé à reconstruire les voitures que [jeudi], dans l'après-midi. Avec l'arrivée du fret peu après l'heure du déjeuner, nous étions heureusement encore en mesure de terminer à peu près vers minuit grâce à un gros effort de toute l'équipe."

Un retard dans le transport de matériel peut arriver et, généralement, les équipes disposent d'une certaine marge de manœuvre. Cependant, lorsqu'il s'agit de double-header, c'est-à-dire de deux Grands Prix à la suite, le moindre grain de sable a des conséquences importantes, surtout lorsque des milliers de kilomètres séparent les deux circuits.

Encore agitée par l'affaire d'Interlagos, la Formule 1 va désormais tenter de trouver une solution pour atténuer les conséquences lorsqu'un nouveau retard de ce type se produira. "Bien entendu, nous allons faire un bilan complet de ce qui s'est passé et essayer d'en tirer des leçons", a insisté Nielsen. "Mais ce sont les limites du monde réel que l'on ne peut pas contourner. Ce n'est pas sans précédent, c'était arrivé à Melbourne il y a quelque temps et les derniers vols avaient atterris très en retard, mais cela n'arrive pas souvent."

"Normalement, tout se passe sans problème dans notre département de fret et Mike Negline [responsable de ce département, ndlr] fait un excellent travail. Mais il arrive parfois que des choses se produisent. Comme je l'ai dit, nous allons faire un bilan complet : qui a été touché, dans quelle mesure et pourquoi, quelles leçons pouvons-nous tirer ?".

"Il est vrai que tout le monde n'a pas été affecté de la même manière, certains beaucoup plus que d'autres, certains très légèrement ou même pas du tout. C'est une situation déplaisante car [la F1] est un sport et nous voulons que tout le monde soit sur un pied d'égalité. Mais dans ce cas précis, ce n'était pas possible en raison des limites du monde réel."

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