Il y a 20 ans : Red Bull rachète Jaguar pour un euro symbolique
C'était il y a 20 ans jour pour jour : Ford annonçait la vente de son écurie Jaguar Racing à Red Bull. L'incrédulité de l'époque a laissé place à des succès incontestables.
La Red Bull RB1 en 2005 à Melbourne
Photo de: Andre Vor / Sutton Images
Déjà impliqué en Formule 1 à l'époque via du sponsoring, notamment auprès de Sauber, Red Bull franchissait le pas définitif d'un engagement en faisant l'acquisition d'une écurie qui trouvait son origine dans le projet Stewart Grand Prix de la fin des années 90.
À l'époque, la nouvelle avait été accueillie avec un certain scepticisme. Elle mettait fin à une aventure synonyme d'échec pour Jaguar qui, en cinq saisons, n'avait enregistré que deux podiums, à chaque fois avec Eddie Irvine (2001 et 2002).
"Notre décision de devenir propriétaire d'une écurie de Formule 1 a du sens commercialement", expliquait le jour de l'officialisation Dietrich Mateschitz, grand patron de la firme autrichienne. "Ajoutez à cela l'opportunité d'être directement impliqué dans un sport dont je tire un grand plaisir personnel, et c'est facile de comprendre à quel point je suis ravi de cet achat."
"C'est l'étape logique et définitive dans le processus que nous avons lancé avec le programme Red Bull Junior, avec lequel nous identifions, conseillons et promouvons de jeunes talents du karting jusqu'au pinacle qu'est la Formule 1."
L'échec du projet chinois
Pourtant, tout aurait pu se dérouler différemment si le projet initial de transformer Jaguar Racing en Ford Team China avait vu le jour. C'est ce que rappelle Mark Gallagher, directeur du sponsoring chez Jaguar Racing à l'époque, racontant sa mission pour tenter de faire survivre l'équipe avec un autre investisseur à sa tête.
"À l'été 2004, Ford a donné aux dirigeants de Jaguar Racing trois mois pour trouver un repreneur, sans quoi ils allaient fermer les portes de l'usine", se souvient-il. "L'ancien directeur d'équipe Tony Purnell parlait avec Red Bull, sponsor de notre pilote Christian Klien, pendant que j'étais envoyé en Chine, où j'ai passé deux mois. Je travaillais sur la vente de l'équipe à un groupe d'individus chinois avec lesquels Ford avait de bonnes relations."
Le passage de Jaguar en F1 a été un échec.
Photo de: Rainer W. Schlegelmilch / Motorsport Images
Mark Gallagher explique que le projet avait déjà considérablement avancé, assurant qu'il y avait encore il y a quelques années à Shanghai une F1 à l'échelle 40% arborant les couleurs de Ford Team China. "Le projet n'a jamais réussi car Ford et la Chine n'avait pas le désir suffisant pour le soutenir. Ensuite, l'accord a été conclu avec Red Bull."
Un discours visionnaire
Dietrich Mateschitz, disparu fin 2022, a accompli son rêve en F1.
En laissant Dietrich Mateschitz prendre, pour un euro symbolique, les commandes d'une équipe employant 600 personnes – ce qui aurait coûté extrêmement cher à Ford en cas de licenciements –, la méfiance était grande à l'usine de Milton Keynes.
"Ils se demandaient comment une compagnie de boissons énergisantes pourrait réussir là où Ford n'y était pas parvenu", souligne Gallagher. "Peu de temps après la conclusion de l'accord, Mateschitz est venu à Milton Keynes pour s'adresser à nous."
"Il était debout devant les 600 employés et il a décrit pourquoi il avait acheté l'équipe et quelle était sa vision, expliquant que c'était la réalisation de l'ambition de sa vie. Il a dit que nous étions là pour gagner et il a réitéré le fait qu'il avait connu le succès dans tout ce qu'il avait entrepris auparavant. Tout ce que Red Bull a fait en F1 est né de ce premier discours, et il a coché chaque case de ce qu'il voulait accomplir en F1."
Incrédulité à l'époque, mais pari tenu pas moins de six ans plus tard, avec le premier titre mondial de Sebastian Vettel, pur produit de la maison Red Bull. L'Allemand reste aujourd'hui lié à la première grande période de succès de l'écurie en F1, avec quatre titres consécutifs acquis chez les pilotes et les constructeurs entre 2010 et 2013.
De jeunes talents, il n'y a pas eu que Sebastian Vettel, puisque lui a succédé Daniel Ricciardo, lui aussi fruit du succès du programme Red Bull. Un intermède avant que ne s'ouvre une page toujours en cours, avec l'avènement d'un Max Verstappen devenu trois fois champion du monde et désormais bien placé pour égaler Sebastian Vettel avec une quatrième couronne cette année.
En 20 saisons, Red Bull Racing a participé à ce jour à 390 Grands Prix, avec 121 victoires à la clés, 103 pole positions, 99 meilleurs tours en course, 281 podiums et 31 doublés. L'écurie a dépassé Williams et est aujourd'hui la quatrième plus victorieuse de l'Histoire, derrière les structures historiques Ferrari, McLaren et Mercedes.
Après s'être associée à Cosworth, Ferrari puis Renault, l'équipe a fait le pari gagnant de se tourner vers Honda en 2019 et exploite encore aujourd'hui le bloc nippon. Tout changera en 2026 avec un nouveau défi, et non des moindres : celui de concevoir et produire son propre moteur... avec le concours de Ford. La boucle est bouclée !
Red Bull a su atteindre le sommet de la Formule 1.
Photo de: Red Bull Content Pool
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