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Il y a 35 ans, Prost privait la F1 d'une sacrée surprise !

Il y a 35 ans, le circuit du Castellet accueillait une dernière fois le Grand Prix de France au XXe siècle avant de passer le relais à Magny-Cours. Une course marquée par la victoire de la Ferrari d'Alain Prost, et par la belle performance de la March Leyton House d'Ivan Capelli.

Ivan Capelli, Leyton House CG901 Judd, devant Alain Prost, Ferrari 641/2.

Ivan Capelli en tête du GP de France 1990 devant Alain Prost.

Rétro : Dans l'Histoire des sports méca

Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.

Après le psychodrame Prost/Senna en 1989, conclu par l'accrochage de Suzuka, le troisième titre mondial du pilote français et le divorce entre ce dernier et l'écurie McLaren, les deux rivaux évoluaient au sein de deux équipes différentes en 1990.

Alors qu'Ayrton Senna devenait - enfin - le leader incontesté chez McLaren, où il était rejoint par Gerhard Berger, Alain Prost faisait le chemin inverse de ce dernier en allant trouver un peu d'air frais chez Ferrari, où il rejoignait le bouillant Nigel Mansell, bien établi au sein de la Scuderia un an après son arrivée.

Si Ayrton Senna avait remporté le Grand Prix d'ouverture à Phoenix, Alain Prost n'avait pas tardé à décrocher son premier succès pour Ferrari puisqu'il s'imposait dès la deuxième manche au Brésil, profitant il est vrai de l'accrochage entre le Brésilien et la Tyrrell de Satoru Nakajima. Les ennuis d'Ayrton Senna continuaient à Saint-Marin, où il était contraint à l'abandon sur rupture mécanique, mais il reprenait la main en s'imposant coup sur coup à Monaco puis à Montréal.

De son côté, Alain Prost, hormis son succès en terres brésiliennes, n'avait pas connu un début de saison facile. Déjà contraint à l'abandon à Phoenix, le champion du monde en titre avait terminé au pied du podium à Saint-Marin avant de connaître un nouvel abandon à Monaco (batterie) puis enregistré une discrète cinquième place au Canada.

Alain Prost a quitté McLaren pour Ferrari en 1990.

Alain Prost a quitté McLaren pour Ferrari en 1990.

Photo de: Sutton Images

Mais il avait signé son retour à la victoire de la plus belle des façons au Mexique où, après s'être élancé d'un lointain 13e rang sur la grille de départ, il signait une époustouflante remontée pour décrocher l'une de ses victoires les plus brillantes, alors que son rival connaissait un nouveau coup d'arrêt avec un abandon à quatre tours de la fin (crevaison), après avoir dominé une grande partie de l'épreuve.

Avant le Grand Prix de France, disputé le 8 juillet de cette année 1990, Alain Prost était ainsi revenu à huit points d'Ayrton Senna. Les qualifications au Castellet étaient pourtant dominées par les seconds couteaux, Nigel Mansell décrochant la pole position devant Gerhard Berger, alors qu'Ayrton Senna et Alain Prost se partageaient la deuxième ligne.

La performance du jour était toutefois celle des March-Judd de l'écurie Leyton House, qui avaient connu un début de saison catastrophique, les deux voitures manquant même la qualification au Mexique quelques semaines plus tôt.

Mais ces élégantes monoplaces, conçues par un jeune ingénieur prometteur, un certain Adrian Newey - qui allait rejoindre Williams en 1991 -, tiraient profit du nouveau revêtement du tracé varois pour se placer aux avant-postes, Ivan Capelli se hissant au septième rang sur la grille, alors que son équipier Mauricio Gugelmin (un an après sa cabriole au départ au Paul-Ricard), se classait 10e.

Le pari des March Leyton House

Ivan Capelli au volant de la Leyton House CG901.

Ivan Capelli au volant de la Leyton House CG901.

Photo de: Motorsport Images

Si Nigel Mansell surprenait Gerhard Berger au départ pour se porter en tête au premier virage, l'Autrichien reprenait son bien quelques tours plus tard, imité par son équipier Ayrton Senna, les deux McLaren emmenant la Ferrari du Britannique, la Benetton d'Alessandro Nannini, la Williams de Riccardo Patrese et la Ferrari d'Alain Prost.

Alors que les leaders stoppaient pour changer de gommes, les deux Leyton House d'Ivan Capelli et Mauricio Gugelmin, à l'aise sur le "billard" du Castellet, faisaient le pari de boucler la longueur de l'épreuve avec le même train de pneus !

Résultat : à l'issue de la salve de ravitaillement, les deux Leyton House occupaient les deux premières positions, Ivan Capelli comptant une solide avance en tête devant son équipier Mauricio Gugelmin, qui devait rapidement s'employer à contenir la pression de la Ferrari d'Alain Prost. Ce dernier avait réussi à gérer au mieux cette première partie de course en se hissant au troisième rang. 

Alain Prost mit du temps à trouver l'ouverture : après avoir patienté durant 20 tours derrière le Brésilien, il parvenait tout de même à le dépasser au 54e des 88 tours. La frustration était d'autant plus grande pour Mauricio Gugelmin que son moteur allait rendre l'âme trois boucles plus tard. 

L'abandon de Mauricio Gugelmin sur casse moteur.

L'abandon de Mauricio Gugelmin sur casse moteur.

Photo de: Motorsport Images

Entre-temps, Alain Prost avait fondu sur l'autre March Leyton House et revenait dans le sillage de Capelli au bout de six tours seulement. Mais, une nouvelle fois, il butait derrière l'Italien, qui semblait en mesure de signer un exploit retentissant.

Cependant, Alai Prost finissait par trouver l'ouverture sur Ivan Capelli dans l'antépénultième tour, le transalpin étant il est vrai perturbé par des ennuis moteur depuis quelques tours. Alors que le Français filait vers la victoire, le valeureux Capelli parvenait tout de même à accrocher la deuxième place devant Ayrton Senna.

Nelson Piquet terminait au quatrième rang sur sa Benetton, devant Gerhard Berger et Riccardo Patrese, qui décrochait le dernier point, celui de la sixième place. Ce succès relançait Alain Prost dans la course au titre, lui permettant de revenir à trois points d'Ayrton Senna, et le tricolore prenait même l'avantage après un troisième succès consécutif au Grand Prix suivant, à Silverstone.

Ayrton Senna reprenait la main avec une victoire à Hockenheim, puis encore avec une deuxième place lors d'un Grand Prix de Hongrie remporté par la Williams de Thierry Boutsen, une course marquée par l'abandon d'Alain Prost (boîte de vitesses). Le Brésilien enfonçait encore le clou en s'imposant à Spa, puis à Monza.

Une fin de saison sous haute tension

La fin houleuse de la saison 1990 à Suzuka.

La fin houleuse de la saison 1990 à Suzuka.

Photo de: Jean-Francois Galeron/WRI2

Par la suite, Alain Prost ne fut guère aidé par son équipier Nigel Mansell, qui le bloquait contre le mur au départ du Grand Prix du Portugal, laissant le champ libre aux McLaren. Le Britannique s'imposait devant Ayrton Senna et un Alain Prost furieux. Ce dernier se consolait en s'imposant à Jerez devant son coéquipier penaud, d'autant que son rival pour le titre avait été contraint à l'abandon (radiateur).

Alain Prost revenait en course mathématiquement pour la victoire au championnat alors que deux courses restaient à disputer. Mais le titre était joué dès le départ du Grand Prix du Japon, où le Français était poussé hors de la piste au premier virage par Ayrton Senna.

Un incident qui fit grand bruit, et qui profitait aux deux Benetton qui réalisaient un sensationnel doublé, Nelson Piquet décrochant la victoire devant son équipier et ami Roberto Moreno, venu remplacer le malheureux Alessandro Nannini, victime quelques semaines plus tôt d'un accident d'hélicoptère qui lui avait laissé la vie sauve, mais qui mit un terme à sa carrière en F1.

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