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Imola 1994 : Roland Ratzenberger, mort d'un éclectique

Le 30 avril 1994, à Imola, Roland Ratzenberger trouvait la mort lors des qualifications du Grand Prix de Saint-Marin, au cœur d'un week-end noir pour la Formule 1.

Roland Ratzenberger, Simtek S941

Photo de : Sutton Motorsport Images

Rétro : Dans l'Histoire des sports méca

Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.

La veille, avec Rubens Barrichello, il y avait eu un premier avertissement sans frais. Le lendemain, avec Ayrton Senna, il y aura la déflagration mondiale. Entre les deux, le samedi 30 avril 1994, Roland Ratzenberger perd la vie lors des qualifications à Imola.

L'Autrichien, sorti de piste quelques instants plus tôt à Acque Minerale, a légèrement abîmé l'aileron avant de sa Simtek S941 sur un des vibreurs de la chicane. Il ne s'en aperçoit pas, malgré quelques zigzags effectués ensuite pour vérifier que tout va bien.

Il ne rentre donc pas au stand pour faire vérifier sa monoplace et préfère se relancer dans un tour, lui qui n'a pas encore réussi à déloger la Pacific de Bertrand Gachot de la dernière place sur la grille alors que la fin de séance approche.

À la sortie de la ligne droite qui suit le virage de Tamburello, alors qu'il roule à plus de 300 km/h et que les contraintes aérodynamiques sont au maximum, l'aileron cède et la monoplace passe par dessus. Incontrôlable, elle tire droit dans le mur de béton situé à l'extérieur du virage Gilles Villeneuve. Le choc est effroyable et ne lui laisse aucune chance.

Éclectique Ratzenberger 

Alors âgé de 33 ans, Ratzenberger a beau être un novice en Formule 1, sa carrière en sports mécaniques est déjà très complète. Vainqueur des championnats autrichien et d'Europe centrale de Formule Ford en 1985, il terminera également second de la catégorie en Allemagne et remportera en 1986 le prestigieux Formula Ford Festival de Brands Hatch.

En 1987, en plus d'une première incursion en F3 britannique (il terminera 12e du classement, comme en 1988), il prendra part au Championnat du monde des voitures de tourisme, qui ne durera alors qu'une seule saison avant de connaître une résurgence au milieu des années 2000.

À l'époque, les courses sont plus proches de l'endurance que du sprint. Et dans cet exercice, Ratzenberger se montre à son aise, avec deux secondes places et un dixième rang final chez les pilotes, ce qui finit de le classer parmi les pilotes polyvalents capables d'être performants dans beaucoup de catégories.

En plus d'une troisième place en F3000 britannique en 1989, avec une victoire au compteur, il mettra pleinement le doigt dans l'engrenage de l'Endurance en participant à ses premières 24 Heures du Mans.

Il sera présent sans discontinuer jusqu'en 1993, année de son meilleur résultat avec une cinquième place globale et surtout une victoire en catégorie C2, au volant d'une Toyota 93C-V partagée avec Mauro Martini et Naoki Nagasaka.

Roland Ratzenberger aux 24 Heures du Mans.

Roland Ratzenberger aux 24 Heures du Mans.

Photo de: Jean-Philippe Legrand

Il va, au début des années 1990, concentrer sa carrière sur le Japon avec deux victoires en 1990-1991 en championnat japonais de prototypes et deux septièmes places finales en Championnat japonais de tourisme. En 1992, il revient à la F3000, toujours au Japon, remportant notamment deux courses et terminant septième du classement, devant son équipier et ami Eddie Irvine.

Cette année-là, lors d'un test à Fuji, il portera secours à l'un de ses concurrents, Anthony Reid, dont l'accident est si violent que l'impact lui enlève le casque. Si les blessures du pilote sont impressionnantes, avec un visage ruisselant de sang, elles sont fort heureusement superficielles mais les commissaires sont tétanisés et c'est Ratzenberger qui doit alors organiser les secours.

Cette inaction le révoltera tellement qu'il aidera un journaliste nippon à écrire un article de presse sur la sécurité défaillante de la piste.

Enfin la Formule 1

Onzième du même championnat en 1993, il verra Irvine faire ses débuts en F1 avant de rejoindre l'élite à son tour la saison suivante. Quelques jours avant le début de saison 1994, son agent Barbara Behlau lui décrochera un baquet dans la toute nouvelle équipe Simtek, pour cinq Grands Prix (sauf, évidemment, s'il trouve le financement nécessaire pour aller plus loin). Après 33 ans d'attente, serait-on tenté de dire.

La Simtek S941 de la saison 1994.

La Simtek S941 de la saison 1994.

Photo de: Camille De Bastiani

Après avoir échoué à se qualifier au Brésil, la faute à des problèmes mécaniques en essais libres et à la pluie lors de la dernière séance de qualifications, il parviendra à se hisser sur la grille sur la piste japonaise d'Aida, théâtre de l'éphémère Grand Prix du Pacifique, un circuit où il est le seul concurrent du paddock à avoir déjà roulé. Il terminera la course au 11e rang, à cinq tours. Ce sera son seul départ en discipline reine.

Après sa mort, Simtek courra le reste de la saison avec l'inscription "For Roland" ("Pour Roland") sur la boîte à air de ses voitures. Lors de l'édition 1994 des 24 Heures du Mans, c'est Eddie Irvine qui le remplacera au sein de l'équipe SARD Toyota mais le nom de l'Autrichien restera marqué sur les flancs de la 94C-V qui franchira la ligne d'arrivée de l'épreuve mancelle en seconde position.

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