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Comment l'ingénieur de Räikkönen est devenu consultant TV

L'équipe de F1 TV a renforcé ses rangs avec un soldat de taille : l'ancien ingénieur de course de Formule 1, Julien Simon-Chautemps. Le Français raconte son changement de carrière et sa collaboration avec Kimi Räikkönen lors de ses passages chez Lotus et Sauber.

Julien Simon-Chautemps

En 2021, Julien Simon-Chautemps a rangé le casque et a mis fin à une carrière d'ingénieur de course de près de 14 ans en Formule 1. Il reste cependant toujours très impliqué en sport automobile, notamment par l'intermédiaire de son cabinet de conseil JSC7. Il loue ses services à l'équipe française Saintéloc Racing, engagée maintenant dans plusieurs championnats de monoplaces, ainsi qu'au fournisseur allemand de données de course, Paceteq. En outre, il participe au recrutement d'ingénieurs pour le sport automobile et intervient dans des conférences sur le leadership.

 

Il partage également ses connaissances techniques avec les téléspectateurs de la F1, d'abord en ayant travaillé en 2022 pour Canal+. Et, après un essai au Brésil l'année dernière avec F1 TV, il a récemment été confirmé pour de nouvelles apparitions en 2024, notamment lors du Grand Prix d'Arabie saoudite il y a quelques jours.

 

"J'ai toujours voulu créer ma propre société de conseil en sport automobile", explique Simon-Chautemps à Motorsport.com à propos de son changement de carrière. "J'ai travaillé près de 15 ans en F1, puis Kimi [Räikkönen] a décidé de prendre sa retraite vers septembre 2021. Je ne veux pas dire que ça a été un élément déclencheur, mais ça a joué un rôle important, et en plus de ça, j'ai vécu en Suisse avec Sauber pendant cinq ans, avec le COVID-19 en plein milieu."

 

"J'avais une famille au Royaume-Uni, donc je faisais les allers-retours avec la Suisse. Et puis l'équipe voulait aussi faire quelques changements, alors c'est arrivé et un nouveau chapitre a commencé."

Julien Simon-Chautemps avec les présentatrices F1TV Laura Winter et Ariana Bravo, en Arabie saoudite.

Julien Simon-Chautemps avec les présentatrices F1TV Laura Winter et Ariana Bravo, en Arabie saoudite.

Photo de: Julien Simon-Chautemps

Dans son rôle, JSC, comme on le surnomme dans le paddock, doit analyser et synthétiser les processus suivis par les équipes au cours d'un week-end de Grand Prix, tout cela dans un langage clair et concis pour les téléspectateurs, ce qui rend sa tâche assez semblable à celle d'un ingénieur de course.

 

"Il existe de nombreux parallèles entre la communication avec le pilote et l'équipe, et le fait de s'exprimer à la télévision", ajoute-t-il. "À la télévision, le défi consiste à expliquer des sujets très techniques de manière à ce que les téléspectateurs amateurs puissent les comprendre. F1 TV dispose d'une énorme base de données d'images et de vidéos, et l'équipe est fantastique, j'apprécie beaucoup travailler avec eux. L'apprentissage est dur, mais le soutien que j'ai reçu de Canal+ et de F1 TV n'a pas de prix et je suis très reconnaissant d'avoir cette opportunité."

Julien Simon-Chautemps devant la monoplace d'Esteban Ocon dans le garage Alpine.

Julien Simon-Chautemps devant la monoplace d'Esteban Ocon dans le garage Alpine.

Photo de: Alpine

Ingénierie, communication, résilience

Outre sa collaboration avec Kimi Räikkönen, Simon-Chautemps a été ingénieur de course chez Renault et Alfa Romeo auprès de pilotes tels que Marcus Ericsson, Romain Grosjean et Jolyon Palmer. Il a identifié trois piliers principaux qu'un bon ingénieur de course de F1 doit maîtriser.

 

"Il n'est pas nécessaire d'être un expert dans un domaine particulier, mais il est évident qu'il faut avoir des connaissances techniques", explique-t-il. "Il faut avoir de solides connaissances dans de nombreux domaines, car il faut parler avec les responsables des moteurs, de l'aérodynamique, des pneus, de la mécanique, de la batterie, etc."

 

"La qualité la plus importante est la capacité à communiquer. Pour moi, un grand ingénieur est un grand communiquant, parce qu'il y a souvent beaucoup de stress et il faut prendre les bonnes décisions, qui sont souvent cruciales, dans un laps de temps très court. Ce n'est pas toujours évident, mais une mauvaise décision vaut souvent mieux que pas de décision du tout. On peut voir beaucoup de gens se figer complètement sous l'effet du stress et ne plus être capables d'opérer."

 

"Il peut y avoir des moments tendus à la radio lorsque le pilote s'agite un peu. Si quelqu'un vous crie dessus à la radio, vous devez quand même agir et diriger les mécaniciens, les ingénieurs et leur dire ce qu'ils doivent faireL'autre point est la résilience. Il ne faut pas se laisser abattre par les erreurs ou les mauvais résultats. Il faut se ressaisir et se concentrer sur la prochaine course. Il faut être assez entêté, car on est toujours à la recherche d'améliorations pour rendre la voiture plus performante."

Julien Simon-Chautemps aux côtés de Kimi Räikkönen chez Alfa Romeo.

Julien Simon-Chautemps aux côtés de Kimi Räikkönen chez Alfa Romeo.

Photo de: Alfa Romeo

Passer la Saint-Valentin avec Marcus Ericsson 

Les compétences humaines représentent l'un des points les plus importants, car tous les pilotes fonctionnent différemment et les ingénieurs de course doivent rapidement découvrir comment gérer leur tempérament.

 

"Kimi n'était pas quelqu'un à qui l'on pouvait donner des conseils de pilotage", explique Simon-Chautemps. "Mais c'était quelqu'un qui vous disait : 'Écoute, la voiture fait ça, je ne vais pas changer ma façon de piloter mais si vous améliorez la voiture à ce niveau-là, j'irai plus vite'. Et quand on le fait, il va tout de suite plus vite, ce qui est très gratifiant. D'un autre côté, il y a des pilotes comme Romain, qui était extrêmement rapide, surtout en qualifications, mais qui était beaucoup plus fougueux."

 

"Certains pilotes ont besoin de plus d'informations à la radio, d'autres moins, mais cela fait partie de notre travail d'être capable de les comprendre, de savoir ce dont ils ont besoin et ce qu'ils veulent, afin d'obtenir le meilleur d'eux. Parfois ça matche, parfois non."

 

Les ingénieurs de course ont également tendance à devenir des confidents et, lorsque leur pilote traverse une période difficile, ce lien devient encore plus crucial. C'est ce qui s'est passé lorsque Ericsson était en difficulté face à l'arrivée du jeune prodige Charles Leclerc chez Alfa Romeo en 2018.

 

"Je me souviens avoir invité Marcus chez moi parce qu'il était un peu déprimé, il était tout seul", se souvient Simon-Chautemps. "J'avais oublié que c'était la Saint-Valentin, mais heureusement ma femme a su voir le côté drôle de la chose ! Nous avons donc passé la Saint-Valentin tous ensemble dans mon appartement..."

"Il faut créer ce lien et les convaincre qu'ils peuvent y arriver. Il faut communiquer, être leur ami et les écouter lorsqu'ils ont un problème."

Julien Simon-Chautemps lorsqu'il était l'ingénieur de Marcus Ericsson chez Alfa Romeo.

Julien Simon-Chautemps lorsqu'il était l'ingénieur de Marcus Ericsson chez Alfa Romeo.

Photo de: Alfa Romeo

"Kimi aurait pu être un très bon ingénieur de course"

Travailler avec le phénomène Räikkönen pendant trois ans a sans doute été la période la plus exigeante, mais si le taciturne Finlandais avait l'image d'un homme avec qui il était difficile de travailler. Selon Simon-Chautemps, cette réputation ne pouvait pas être plus éloignée de la vérité.

 

"Il se cachait un peu derrière son image d'Iceman et de personne à qui il est difficile de parler, mais je me souviens que Kimi m'a appelé un dimanche pour me demander comment nous pouvions améliorer le développement des amortisseurs", raconte-t-il. "Si ce n'est pas de l'investissement, je ne sais pas ce que c'est."

 

"Sur le plan technique, il est incroyablement compétent et sait ce qu'il faut changer pour tirer le meilleur parti de la voiture. En fait, il aurait pu être lui-même un très bon ingénieur de course et il aimait vraiment essayer d'améliorer la voitureIl était là parce qu'il aimait la course. Tout le reste l'ennuyait ; le marketing, la communication, parler aux sponsors et aux médias, je suis sûr que ce n'était pas ce qu'il préférait faire."

Kimi Räikkönen et Julien Simon-Chautemps travaillant sur la monoplace du Finlandais.

Kimi Räikkönen et Julien Simon-Chautemps travaillant sur la monoplace du Finlandais.

Photo de: Alfa Romeo

"Kimi était extrêmement talentueux et aurait probablement pu gagner beaucoup plus de titres mais, comme Max Verstappen, ce n'est pas quelqu'un qui regarde les statistiques et qui se dit 'J'aurais pu faire ci, j'aurais dû faire ça'. Il était là pour courir, et il y a pris du plaisir."

 

Les éloges de Simon-Chautemps à l'égard du Finlandais ne signifient pas qu'il n'y a pas eu de moments de tension entre les deux hommes. L'un d'entre eux s'est produit au Grand Prix de Toscane 2020 au Mugello, quand Räikkönen s'est montré frustré lors d'un drapeau rouge, puis a reçu une pénalité de cinq secondes pour avoir franchi la ligne blanche à l'entrée des stands.

 

"Au Mugello, nous avons eu trois drapeaux rouges d'affilée, et je pense que c'était la première fois que nous avions un drapeau rouge en course depuis longtemps, nous étions un peu rouillés à ce sujet", se souvient-il. "Les voitures étaient en train de s'aligner dans la pitlane et il fallait y retourner avec tout l'équipement du stand et Kimi a crié : 'Où sont les couvertures, vous devez apporter les couvertures !'. Après ça, nous avons mis en place une procédure qui nous permettait d'être les premiers à avoir les couvertures prêtes après un drapeau rouge..." 

Julien Simon-Chautemps en compagnie de Kimi Räikkönen sur la ligne de départ

Julien Simon-Chautemps en compagnie de Kimi Räikkönen sur la ligne de départ

Photo de: Alfa Romeo

"Je lui ai dit qu'il avait une pénalité de cinq secondes et il a crié : 'Pourquoi ?!' Je me souviens être rentré à la maison et avoir vu un message de Kimi disant : 'Désolé, j'ai peut-être été un peu dur avec toi, alors je m'en excuse'. Il y a eu beaucoup de communications amusantes de ce genre. La seule chose que je peux dire, c'est que j'ai toujours eu du plaisir à travailler avec Kimi et c'est quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie."

 

La victoire du Champion du monde 2007 lors du Grand Prix d'Abou Dhabi 2012, accompagnée de son fameux "Laisse-moi tranquille, je sais ce que j'ai à faire", dont a été témoin Simon-Chautemps en tant qu'ingénieur de performance, n'a pas été le seul moment de satisfaction et de fierté du Français dans sa carrière.

 

Comme tous ceux qui travaillent dans la discipline le savent, il est rare que plus d'une ou deux équipes se battent pour la première place. Il est donc essentiel de définir ses attentes en conséquence et de se motiver en réalisant ce qui est possible lors d'un week-end de course donné, plutôt que de se frustrer de ne pas avoir la voiture la plus rapide.

 

"Le podium à Spa avec Romain en 2015, alors que l'équipe était confrontée à d'énormes difficultés financières, ou les premiers points que nous avons marqués avec Jolyon et Marcus, ont également été des moments de grande fierté", conclut-il.

L'équipe Lotus avec Romain Grosjean.

L'équipe Lotus avec Romain Grosjean.

Photo de: Lotus F1 Team

"On ne peut pas toujours gagner, il faut donc se fixer son propre niveau d'exigence et trouver le bonheur dans la réalisation de ses propres objectifs. Si on ne peut pas gagner, il faut essayer de monter sur le podium. Si on ne peut pas monter sur le podium, il faut marquer des points. Si on ne peut pas marquer de points, il faut essayer de devancer ses principaux concurrents."

 

"Il faut toujours viser le plus haut possible, ne jamais se laisser abattre et avoir l'esprit d'équipe afin d'encourager ceux qui vous entourent à réaliser leur plein potentiel pour le bien de l'équipeC'est ainsi que l'on reste motivé en F1. Et c'est aussi ce que j'aime dans ce sport ; ce sont les leçons que nous pouvons tous apprendre, et que j'essaie aussi d'inculquer à mes enfants."

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