Vasseur écarte l'idée qu'Andretti devienne la 11e écurie F1
Pour Frédéric Vasseur, la Formule 1 n'a pas besoin d'une 11e écurie et les racines américaines d'Andretti ne suffisent pas à justifier son arrivée dans la discipline.
Alors que la FIA a lancé un appel d'offres pour intégrer de nouvelles équipes en F1 en début d'année, la candidature la plus solide jusqu'ici semble être celle d'Andretti, qui a été renforcée par les liens avec General Motors, via Cadillac, et une future motorisation déjà trouvée, avec Renault/Alpine. Des réponses sont attendues prochainement concernant le succès de cette demande d'accession à la discipline, mais l'enthousiasme n'est clairement pas partagé par les écuries déjà en place.
Les structures craignent en effet la diminution de leur part de revenus avec l'arrivée d'un 11e acteur, sans que cela ne se traduise par l'apport de suffisamment de valeur à la discipline, une vision des choses partagée par le PDG de la F1 lui-même, Stefano Domenicali. Dans le même temps, la FIA se veut bien plus accueillante, comme le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem l'a souligné encore très récemment.
Interrogé sur le sujet, Frédéric Vasseur, le directeur de Ferrari, l'écurie la plus prestigieuse de la Formule 1, a toutefois clairement réitéré la position générale au sein des équipes, battant en brèche l'argument selon lequel les racines 100% américaines de l'alliance Andretti-Cadillac seraient suffisantes pour une arrivée prochaine dans la discipline.
"Ma position, c'est que pour les dix équipes qui ont fait d'énormes efforts même quand il était difficile d'être sur la grille, et de survivre pour certaines d'entre elles, si nous devons accueillir une autre écurie aujourd'hui, ce doit être pour de méga bonnes raisons", a déclaré le Français. "Le fait d'avoir une équipe américaine n'est pas une bonne raison. Pour moi, tout d'abord, nous avons [déjà] une équipe américaine grâce à Haas. Et la deuxième raison est que si vous voulez être au sommet dans le pays, c'est une question de pilotes."
"Regardez ce qui s'est passé aux Pays-Bas. Le succès est aujourd'hui à son comble, et ils n'ont pas d'équipe, ils ont Max [Verstappen]. Je pense qu'en premier lieu, nous connaissons un certain succès aux États-Unis. Si vous voulez accroître cette réussite, il est plus important pour moi d'avoir un pilote américain. Ce n'est pas une question d'équipe."
Michael Andretti
Quand la question lui est posée de savoir s'il tiendrait le même raisonnement face à un grand constructeur, Vasseur de répondre : "Je dois répéter que nous avons fait collectivement un gros effort. Si quelqu'un veut nous rejoindre aujourd'hui, il faut que tout le monde dans le paddock y trouve son compte. Cela signifie qu'ils doivent apporter quelque chose à la F1. Je ne pense pas que la nationalité de l'équipe soit un atout."
Également interrogé sur le sujet, le directeur de Red Bull, Christian Horner, n'a pas caché son scepticisme : "GM est une grande marque, mais ce qui m'intéresse, c'est de savoir quel est leur modèle. Je ne pense pas qu'ils vont construire une usine comme la nôtre. Je suppose qu'il s'agit d'un exercice de badgeage."
Quand il lui est fait remarquer que cela peut s'apparenter à l'accord que son équipe a signé avec Ford en vue de 2026, où la participation du constructeur américain au processus de motorisation est limitée à quelques domaines, il répond : "Oui, mais Ford ne prétend pas être un candidat à la F1. GM est actuellement associé à Andretti, qui n'a pas encore d'écurie."
"Maintenant, la FIA va suivre sa procédure. Je pense que, dans tous les cas, il y a un problème logistique lié à l'accueil d'une 11e équipe. Mais en réalité, la question qui se pose est la suivante : qui va payer pour ça ? Et si cela 'dilue' les dix équipes existantes, bien sûr, ils auront un problème avec ça. Liberty ne voudra pas diluer sa part de revenus. C'est donc là que vous vous retrouvez dans une impasse."
Avec Adam Cooper
Galerie - Les F1 historiques à Silverstone
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