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Vers un nouveau concept de pneus F1 pour 2025 ?

Pirelli va plancher sur la mise en place, à l'horizon 2025, d'un nouveau pneu pour la Formule 1 qui réduit la dégradation tout en offrant malgré tout de la diversité stratégique.

Lewis Hamilton, Mercedes F1 W14

En vue de la saison 2022 et du changement de réglementation technique, Pirelli a conçu de nouveaux pneus 18 pouces. Même si le cahier des charges du manufacturier depuis son retour en F1 en 2011 a toujours mis en avant la dégradation comme une composante essentielle du spectacle en piste, ce paramètre a fluctué au fil du temps, notamment quand les concurrents ont commencé à se plaindre de la nécessité d'une gestion trop importante ou, au contraire, d'un manque de différenciation stratégique.

En 2023, la balance a été d'autant plus difficile à trouver que les gommes subissent une importante surchauffe, et donc de la dégradation, quand les voitures se trouvent dans un flux d'air altéré par une ou plusieurs monoplaces précédentes. Le phénomène est bien plus présent que l'an passé car la réglementation, pourtant censée le réduire, est mieux maitrisée par les écuries, qui ont donc trouvé des moyens d'augmenter l'appui généré par les surfaces exposées et donc d'abaisser la qualité du flux d'air pour les voitures suiveuses.

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Le paradoxe souvent vu depuis 2011 se retrouve alors : pour qu'il y ait des écarts dans l'utilisation des gommes et donc des stratégies différenciées à plusieurs arrêts, il faut que les pneus se dégradent assez fortement. Toutefois, s'ils se dégradent trop et trop vite, les pilotes ne peuvent pas attaquer lors des relais.

Les épreuves que la F1 souhaite échevelées et incertaines sur le plan stratégique ont donc plutôt tendance, dans des circonstances normales, à se transformer en course d'attente où la gestion est le maitre mot car, vu le temps perdu dans les stands et les risques liés au trafic, il vaut souvent mieux limiter le nombre d'arrêts que de multiplier les relais où il ne sera pas réellement possible d'attaquer en permanence.

Pirelli qui sera fournisseur unique de pneus de la Formule 1 jusqu'en 2027, voire 2028 si l'option est levée, va dans ce contexte débuter des recherches sur un nouveau concept pour ses produits, en tentant de concilier les différentes problématiques.

S'exprimant devant une sélection de médias, dont Motorsport.com, le directeur de la compétition de Pirelli, Mario Isola, a déclaré : "Sans une forte dégradation, il n'y a aucune raison de viser une course à deux arrêts. Mais je crois aussi que la majeure partie de l'action en piste est due à la dégradation des pneus et à la façon dont vous êtes capable de gérer cette dégradation."

Mario Isola avec Lando Norris, auteur du meilleur temps lors du shootout.

Mario Isola avec Lando Norris, auteur du meilleur temps lors du shootout.

"Si vous réduisez cela, je suis convaincu que le risque est d'avoir un train de voitures parce qu'évidemment, si vous pouvez attaquer, je peux attaquer, tout le monde peut attaquer. Ce n'est pas un pneu différent pour chaque pilote. Je comprends donc les pilotes qui se plaignent de la forte dégradation des pneus parce qu'ils aimeraient attaquer davantage, et c'est une indication claire."

Pirelli va débuter dans les "prochaines semaines" ses analyses sur le sujet. "Ce que nous voulons comprendre, c'est comment modifier le spectacle en piste et réduire la dégradation", a ajouté Isola. "C'est quelque chose que nous pouvons faire. Nous devons concevoir un pneu avec un niveau de dégradation différent et nous pouvons envisager cette option à l'avenir. Mais il est important de comprendre s'il existe des conséquences inattendues."

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Selon les informations de Motorsport.com, Pirelli va travailler avec la F1 et les écuries pour mener sa tâche à bien car son propre simulateur pour prédire les stratégies ne tient pas compte des effets liés au roulage dans le trafic.

Les pneus 2024 ayant déjà été définis dans leur structure et dans la gamme des gommes qui seront disponibles, tout changement de concept n'interviendra qu'en 2025. Isola insiste d'ailleurs sur l'aspect crucial, pour la firme milanaise et le championnat, de disposer d'un plan de route suffisamment précis pour le futur : "Il est important que, pour l'avenir, ce genre d'objectifs soit clarifié à l'avance. Nous devons comprendre ce qui est bon pour la discipline, en tenant compte des conseils et des commentaires des pilotes, mais dans l'intérêt de la discipline."

Avec Matt Kew

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