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Vettel inquiet pour "le sport automobile tel que nous le connaissons"

Sebastian Vettel a longuement exprimé ses préoccupations pour le sport automobile et son évolution dans les années à venir. Un plaidoyer aux intentions sincères, mais sans réelles propositions.

Sebastian Vettel se prépare à piloter la McLaren MP4/8 d'Ayrton Senna

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images

Absent de la Formule 1 et de toute forme de compétition automobile depuis bientôt trois ans, Sebastian Vettel se dit préoccupé par l'avenir des sports mécaniques. Observateur attentif d'une discipline dans laquelle il ne s'imagine plus jouer un rôle de pilote mais où il pourrait un jour revenir comme dirigeant, par exemple dans la galaxie Red Bull, le quadruple champion du monde observe un monde qui, selon lui, ne doit pas se tromper pour assurer sa survie.

Pour l'Allemand, les intentions sont une chose, mais à l'heure où la question environnementale est devenue pour lui un vrai cheval de bataille, les choix techniques qui ont été faits, notamment pour le règlement moteur qui évoluera en 2026, ont de quoi rendre perplexe. 

"La nouvelle réglementation ne me convainc pas encore totalement", explique-t-il à Auto Motor und Sport. "La récupération d'énergie est une bonne chose, mais la limiter uniquement à l'essieu arrière en ignorant l'avant n'a pas de sens pour moi. Le règlement 2014 était bon dans son principe. L'idée qu'il y avait derrière était juste, mais sa mise en œuvre ne l'était pas. Ça a coûté beaucoup trop d'argent et ça n'a rien apporté aux voitures de série."

"Des solutions innovantes de l'actuel règlement moteur sont abandonnées afin de rendre le tout moins coûteux. L'objectif est d'attirer de nouveaux constructeurs. La partie électrique est globalement positive, et elle est également nécessaire pour la mobilité. Mais sur route, nous sommes déjà plus avancés avec la mobilité 100 % électrique en raison de son efficacité imbattable."

"Le sport automobile a des exigences différentes. Aux 24 Heures du Mans, elles sont complètement différentes de celles de la Formule 1 ou des formules de promotion. Quoi qu'il en soit, cela ne fonctionnera pas avec des motorisations entièrement électriques."

Les questions environnementales sont devenues centrales pour Sebastian Vettel.

Les questions environnementales sont devenues centrales pour Sebastian Vettel.

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

Pour Sebastian Vettel, la meilleure alternative est à chercher impérativement du côté des carburants durables. Néanmoins, il s'inquiète de la tournure que peut prendre l'exploration de ce chemin si le cadre n'est pas convenablement fixé. 

"Je pense que les carburants neutres en carbone sont une bonne chose, car il y en a besoin dans le monde en dehors du sport automobile, pour les nombreux véhicules déjà sur les routes, pour le transport maritime et l'aviation", avance-t-il. "Ce dont il faut se méfier, c'est de l'origine de ces carburants. Si on déclenche une course au développement typique de la Formule 1 sur cette question, les choses peuvent rapidement prendre une mauvaise direction, comme ce fut le cas en 2014."

"En matière de carburants, on devrait fermer la porte en limitant l'origine des molécules et en établissant un certain degré de pertinence pour la production en série. Cela revient toujours à se demander : que cherchez-t-on à atteindre ? Comment l'atteindre ? D'où viennent les ressources ?"

Selon Sebastian Vettel, la quête du transfert de technologie entre la piste et la route risque de peu à peu disparaître "pour aller vers davantage de divertissement", et s'il estime que cet aspect est évidemment essentiel, il constitue aussi une réelle source de préoccupation à ses yeux car "cela doit être mieux fait sur le plan environnemental".

"Les chaussures que j'achète doivent être fabriquées de manière à ne pas nuire à l'environnement et à respecter des conditions de travail équitables", cite-t-il en exemple. "Il en va de même pour les voitures et les événements de sport automobile. Ce serait dommage que le sport automobile tel que nous le connaissons cesse d'exister. Il est tout à fait normal qu'il évolue."

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