Espargaró retrouve la victoire après s'être senti "invincible"
Convaincu de son potentiel à Silverstone, Aleix Espargaró a construit sa course à la perfection jusqu'à arracher la victoire à Pecco Bagnaia dans le dernier tour.
Il y a des jours comme ça où on se sent "invincible", et ce dimanche était de cet acabit pour Aleix Espargaró. Solide, resté imperturbable à l'arrivée de la pluie à huit tours de l'arrivée, il a arraché à Pecco Bagnaia la victoire du GP de Grande-Bretagne, la deuxième qu'il décroche en MotoGP.
Le pilote espagnol n'était plus monté sur la plus haute marche depuis la manche argentine l'an dernier, mais dès les premiers essais de ce week-end à Silverstone, la piste sur laquelle il avait ramené Aprilia sur le podium il y a deux ans, il avait affiché son potentiel. L'arrivée de fortes pluies samedi avait quelque peu masqué ce potentiel, cependant l'excellente préparation réalisée par Aprilia pour le sec laissait les pilotes ambitieux pour dimanche, grâce à l'accalmie annoncée.
Finalement, ce sont les quelques gouttes venues troubler la fin de course qui ont permis à Espargaró de faire main basse sur la victoire. Solide jusqu'alors, il a pu se rapprocher de Bagnaia, le marquer à la culotte durant plusieurs tours puis finalement porter l'attaque décisive à quelques virages de l'arrivée.
"J'étais beaucoup plus rapide dans les virages 2 et 3, donc mon plan était de dépasser Pecco au virage 3. Mais au virage 2, alors que j'étais en train de me préparer, j'ai eu un highside, je suis passé tout près de la chute, et j'ai perdu du terrain", raconte le pilote Aprilia.
"Ensuite, je me suis concentré pour essayer de revenir sur lui. Dans le dernier virage du tracé de l'année dernière, Pecco avait beaucoup moins de traction que moi, alors j'ai gagné beaucoup de temps à cet endroit. Et je savais que s'il avait perdu de la motricité dans le premier droite, il aurait encore moins d'accélération dans le second, avec encore plus de température sur le flanc droit du pneu. J'ai freiné très, très tard, j'ai pris l'extérieur et j'ai mieux accéléré que lui."
Aleix Espargaró a réussi à dépasser Pecco Bagnaia dans le dernier tour.
"Il a fait du super boulot, parce que c'était vraiment difficile d'ouvrir la voie quand la pluie est arrivée, mais j'avais plus de motricité que lui donc j'avais un avantage dans le dernier tour", résume l'Espagnol, qui a semblé accueillir cette victoire sans surprise. "Même en partant 12e, dès le premier tour je me suis senti super bien avec la moto. C'était une de ces journées où on se sent invincible ! La moto tournait bien, j'avais beaucoup de grip, une bonne stabilité au freinage."
Mais son visage assez fermé à l'arrivée traduisait aussi la grande concentration qu'il lui a fallu pour réaliser cette performance alors que les pilotes de tête ont conservé les pneus slicks malgré les gouttes de pluie.
"Aujourd'hui j'étais super concentré, la dernière partie de la course était super fatigante mentalement avec la pluie", décrit-il, expliquant avoir été "super concentré, dans [son] monde". "Mais quand je suis rentré au parc fermé, j'ai vu mes enfants. C'était génial parce que c'est ma première victoire avec eux [sur place]. Ce matin, Max m'a dit 'Papa, s'il te plaît, essaye d'être dans le premier groupe sinon je ne peux pas te voir à la TV !' Alors je lui ai dit que je ne savais pas si j'allais pouvoir gagner, mais que je pensais avoir le rythme pour être dans le groupe de tête et qu'il ne devait pas s'inquiéter, il verrait son papa devant !"
Cette promesse, Aleix Espargaró ne la faisait pas en l'air, bien qu'il se soit qualifié seulement 12e. À la fin du premier tour, il avait déjà bondi à la sixième place, puis il s'est défait de Maverick Viñales, Álex Márquez et enfin Brad Binder pour s'installer à la deuxième position. Peu à peu, il s'est alors rapproché du leader, jusqu'à ce dernier tour décisif qui l'a vu l'emporter. Il s'agit de la première victoire décrochée par un pilote MotoGP en partant d'aussi loin sur la grille depuis celle de Marco Melandri au GP de Turquie 2006 !
Comment expliquer cette supériorité ? "J'étais très fort sur le sec vendredi et les conditions aident, avec des températures très basses et une pression du pneu avant qui n'augmente pas beaucoup. Et puis, Silverstone est une piste très large donc on peut facilement dépasser aussi. C'est un ensemble de choses. Le risque est quand même toujours élevé en partant 12e. Mais j'ai pris un bon départ. Aprilia travaille très dur sur l'embrayage et sur le système de départ. Pour cette course, j'avais de nouvelles pièces à essayer et ça m'a beaucoup aidé. L'aide fournie par Aprilia a donc aussi été très bonne et ça a été une bonne course."
"J'étais rapide vendredi. Hier, malheureusement on a couru sur le mouillé, mais j'étais assez content de ma performance. Aujourd'hui, j'étais super investi, je savais que j'avais un bon rythme, une bonne opportunité de gagner", ajoute Espargaró. "Je ne me mettais pas la pression en partant 12e, parce que je savais que ce serait une longue course et c'est une piste sur laquelle il n'est pas difficile de dépasser. Je suis très content."
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