Espargaró soutient Iannone : "4 ans de suspension c'est ridicule"

Solidaire de son ancien coéquipier, Aleix Espargaró exprime également son inquiétude face aux difficultés que pose pour Aprilia la suspension d'Andrea Iannone.

Espargaró soutient Iannone : "4 ans de suspension c'est ridicule"

Dès l'annonce de la sentence du Tribunal arbitral du sport, mardi, Aleix Espargaró a assuré Andrea Iannone de son soutien alors que le pilote italien, suspendu pour dopage en décembre 2019, a vu sa sanction alourdie et portée à quatre ans, ce qui semble désormais mettre un terme à sa carrière MotoGP.

Lire aussi :

Si les fortes personnalités des deux hommes ont parfois fait des étincelles, l'Espagnol a exprimé sa stupeur face à la brutalité de cette affaire, alors que son ancien coéquipier n'a cessé de clamer son innocence. Et de son point de vue, coupable de dopage volontaire ou pas, la sanction est trop lourde.

"Il n'y a que lui qui sache s'il a fait une erreur ou s'il s'agit d'une contamination [involontaire], mais je pense que quatre ans de suspension c'est ridicule. Un an ou 18 mois, c'était déjà plus que suffisant. Quatre ans c'est abusé, c'est vraiment trop pour moi. Mais l'AMA en a décidé ainsi, il n'y a donc plus rien à faire désormais", a commenté Espargaró ce jeudi, à la veille de la reprise à Valence.

"Au final personne ne sait [ce qui s'est passé], il n'y a que lui qui sache. Si Andrea dit qu'il a été contaminé par de la viande, je lui fais confiance. Pourquoi pas ? En MotoGP, on ne peut pas gagner grand-chose en se dopant. Mais il est le seul à savoir ce qu'il a fait. Ceci dit, la seule chose que je puisse dire c'est que quatre ans c'est trop, même s'il a pris ces produits et encore plus si ça a été une contamination par de la viande."

Lire aussi :

Aleix Espargaró a pu s'entretenir avec le pilote italien lorsque la sentence est tombée, tentant alors de le soutenir moralement. "Je lui ai parlé pendant dix minutes. Il était très, très affecté. J'ai essayé de le convaincre de venir à Valence ce week-end pour venir nous dire bonjour, et j'espère qu'il le pourra", a-t-il expliqué. "Notre relation est ce qu'elle est, et au Qatar on s'est plus ou moins disputés, mais au final on est amis. Je pense être un gars plutôt facile, je m'entends avec pratiquement tout le monde, et d'un point de vue personnel Andrea est un très bon gars. Je me sens donc très mal pour un gars qui ne pourra probablement plus courir. Je me sens vraiment mal pour lui."

À défaut de Dovizioso et Crutchlow, un jeune pilote

Avec cette sentence rendue par le TAS, les quelques jours séparant les deux manches de Valence se sont révélés particulièrement mouvementés pour l'équipe Aprilia, qui a reçu une fin de non-retour quant à ses espoirs de retrouver Iannone à son poste en 2021. Dans l'équipe de Noale, l'amertume prédomine au vu de ce verdict, mais aussi des longs mois durant lesquels la direction de l'équipe a accordé sa fidélité au pilote.

Désormais, les options sont peu nombreuses pour compléter le line-up en recrutant un nouveau coéquipier pour Espargaró, et l'Espagnol lui-même accueille cette nouvelle avec résignation. "Aprilia a défendu Iannone et l'a soutenu jusqu'au bout, mais cela a des conséquences et on va maintenant les payer. Au fil du temps, les options se sont épuisées", a souligné l'Espagnol. "Aprilia a toujours été aux côtés d'Andrea et c'est louable, mais d'un autre côté, quand on joue une carte comme celle-là, on peut gagner ou perdre, et Aprilia et Iannone ont perdu."

Lire aussi :

"Cal [Crutchlow] et Dovizioso étaient tous deux sur le point de signer", regrette le #41, qui s'est longtemps montré fervent défenseur d'un profil expérimenté pour faire équipe avec lui. "Ce n'est pas facile pour le management d'Aprilia actuellement. Franchement, c'est une décision vraiment très difficile. Ce que j'ai dit, en sachant à quel point il est difficile de s'adapter à une moto et surtout à l'Aprilia, c'est que la meilleure décision était de rester avec Iannone parce qu'il connait la moto et il aurait pu m'aider. Mais dès qu'on a appris cela, pour moi la meilleure option a été Dovi, seulement Dovi n'est plus disponible. Cal était aussi une bonne option, car c'est un pilote très expérimenté et rapide, mais il semble proche de signer avec Yamaha."

"À ce point-là, je pense qu'il n'y a pas beaucoup de pilotes forts qui aient de l'expérience en MotoGP, alors je pense que le mieux serait de prendre un jeune pilote. On voit à quel point Mir et Quartararo sont rapides avec à peine un an ou un an et demi d'expérience en MotoGP, alors mon point de vue c'est que ce serait bien que j'aie un jeune coéquipier."

Beaucoup de noms circulent pour ce dernier guidon à pourvoir sur le plateau MotoGP 2021, et ce sont en effet ceux de jeunes pilotes qui semblent avoir la cote. Une situation qui voudrait toutefois dire que le développement technique de la RS-GP reposerait en grande partie sur Espargaró. 

"J'aime beaucoup Bezzecchi. Di Giannantonio aussi est un pilote très rapide", a-t-il souligné. "Bezzecchi pourrait gagner le titre cette année et il n'a pas de guidon MotoGP pour l'année prochaine. Et puis ils sont Italiens, alors je pense que c'est bien pour Aprilia. Après, ils ne seraient pas en mesure de m'aider au début, donc encore une fois je serai apparemment un peu seul la saison prochaine dans le développement de la moto et ça n'est pas bon du tout, mais c'est comme ça. Si un jeune pilote arrive, ce sera dur pour moi une année de plus, mais c'est comme ça, la situation est très difficile cette année."

Interrogé enfin sur le chouchou des spéculations, Jorge Lorenzo, Aleix Espargaró s'est montré beaucoup plus pondéré, bien qu'il affirme ne pas être "opposé" à son recrutement : "Ce que j'ai dit, c'est que je ne sais pas s'il est prêt et en forme physiquement et mentalement pour rejoindre un projet comme Aprilia. Ce n'est pas Yamaha. C'est le seul point d'interrogation que j'ai. Mais je ne pense pas que Lorenzo soit une option pour Aprilia à ce jour."

Avec Oriol Puigdemont

partages
commentaires
Rossi incertain après un nouveau test positif au COVID-19

Article précédent

Rossi incertain après un nouveau test positif au COVID-19

Article suivant

Valentino Rossi est bien autorisé à disputer le GP de Valence

Valentino Rossi est bien autorisé à disputer le GP de Valence
Charger les commentaires
Le gentil géant qui manquera au MotoGP Prime

Le gentil géant qui manquera au MotoGP

Imaginer le MotoGP sans Danilo Petrucci, c'est envisager de perdre l'un des rares pilotes qui aient pu battre Marc Márquez au sommet de son art et un garçon aussi attachant que combattif.

MotoGP
26 juil. 2021
Joan Mir, un Champion du monde bousculé mais pas résigné Prime

Joan Mir, un Champion du monde bousculé mais pas résigné

Joan Mir croit en ses chances de conserver son titre en MotoGP, malgré une première moitié de saison en dessous de ses attentes. Motorsport.com a pu échanger avec le pilote Suzuki sur ses chances au championnat, le départ de Davide Brivio et la célébrité apportée par son sacre mondial en 2020.

MotoGP
23 juil. 2021
Quartararo décrypte sa réussite : sérénité retrouvée et Yamaha en progrès Prime

Quartararo décrypte sa réussite : sérénité retrouvée et Yamaha en progrès

À la peine dans les dernières de la saison 2020, Fabio Quartararo a retrouvé le sommet et domine le championnat à mi-parcours. Motorsport.com s'est entretenu avec le Niçois pour évoquer sa nouvelle approche, sa progression et son arrivée dans l'équipe Yamaha factory, mais aussi les grandes difficultés de son coéquipier.

MotoGP
15 juil. 2021
Pourquoi Yamaha risque de perdre Valentino Rossi Prime

Pourquoi Yamaha risque de perdre Valentino Rossi

En sa qualité de patron d'équipe, Valentino Rossi va entrer de façon imminente dans une nouvelle ère dans sa carrière, et celle-ci aura une influence considérable sur un certain nombre de pilotes et d'équipes du championnat. Mais c'est précisément chez Yamaha que se fera sentir l'un des plus gros impacts car la marque joue un rôle central dans cet épisode et pourrait en conséquence perdre ses liens avec le Docteur.

MotoGP
23 juin 2021
Donner ou prendre le sillage : entre aubaine, tolérance et nécessité ! Prime

Donner ou prendre le sillage : entre aubaine, tolérance et nécessité !

Prendre le sillage d'un rival pour gagner en performance... ou être celui qui est accroché et donne, de son plein gré ou non, un avantage à un concurrent. Le sujet n'a pas pas fini de faire parler, mais crée en tout cas des dynamiques intéressantes entre les pilotes du plateau MotoGP.

MotoGP
10 juin 2021
Éligibilité aux concessions techniques : le remède pour Honda ? Prime

Éligibilité aux concessions techniques : le remède pour Honda ?

Aveu d'échec mais coup de pouce possiblement bienvenu : l'éligibilité à des concessions en MotoGP peut être vue de plusieurs manières, comme en témoignent les réactions de Marc Márquez et Pol Espargaró à cette évocation...

MotoGP
6 juin 2021
Lucio Cecchinello : "Ma récompense ? Le plaisir que je continue à prendre" Prime

Lucio Cecchinello : "Ma récompense ? Le plaisir que je continue à prendre"

Toujours aussi passionné, mais aussi ancré dans la réalité, l'ancien pilote Lucio Cecchinello partage avec nous son regard sur les effets de la crise actuelle en MotoGP et la manière dont le championnat devrait selon lui évoluer.

MotoGP
28 mai 2021
Hervé Poncharal, taille patron Prime

Hervé Poncharal, taille patron

Patron du team Tech3 et président de l'IRTA, Hervé Poncharal est une figure incontournable du MotoGP. Aussi impliqué dans le sauvetage du championnat face à la crise sanitaire que touché par l'évolution de la planète, le Français a partagé avec nous son regard sur le monde.

MotoGP
26 mai 2021