Aprilia fait confiance au talent de Bezzecchi malgré sa saison difficile

Massimo Rivola partage son enthousiasme après avoir recruté Marco Bezzecchi, convaincu du talent du pilote grâce notamment à certaines performances passées. Si la saison en cours est moins bonne, ce n'est selon lui qu'une parenthèse.

Marco Bezzecchi, VR46 Racing Team

Photo de: Marc Fleury

Ces dernières semaines, Marco Bezzecchi lui-même estimait ne pas être dans le premier groupe de pilotes susceptibles d'intéresser les plus grandes équipes, relégué au second plan sur le marché des transferts par un début de championnat décevant. Pourtant, l'Italien a bel et bien été choisi par Aprilia pour intégrer son équipe officielle, et Massimo Rivola défend sa décision par une vision large du potentiel de sa nouvelle recrue.

Arrivé en MotoGP il y a deux ans, le pilote couvé par Valentino Rossi a été le meilleur rookie lors de sa première saison, puis il a remporté trois Grands Prix sur un total de sept podiums l'an dernier pour terminer troisième du championnat. Refusant une possibilité de passer chez Pramac Racing, il est resté cette année sous les couleurs du team VR46 qui aligne des Ducati datant pourtant de la saison précédente. Aujourd'hui, il ne figure qu'au 11e rang du classement, avec deux fois moins de points qu'il y a un an au même stade.

Récemment, Bezzecchi a pointé du doigt le changement de construction pneumatique introduit cette année pour expliquer des mauvaises sensations au guidon de la Ducati GP23 qui peuvent se révéler particulièrement contraignantes. Massimo Rivola estime pour sa part qu'un élément, quel qu'il soit, vient en effet troubler la performance du pilote.

"Lorsqu'un pilote réalise d'aussi bonnes performances une année et que ce n'est plus la même chose l'année suivante, on commence à se demander si cela signifie qu'il n'a pas assez de talent ou s'il n'y a pas d'autres problèmes qui peuvent provenir de différentes parties, pas nécessairement de la technique. En fin de compte, mon sentiment est que le vrai Bez est celui de l'année dernière et non celui de cette année", juge le PDG d'Aprilia Racing.

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Massimo Rivola n'a finalement pas vraiment accordé d'intérêt aux performances actuelles de l'Italien pour le recruter. C'est ce que celui-ci a réalisé par le passé qui l'a convaincu, le patron de Noale jugeant que le talent du pilote de 25 ans n'a pas disparu malgré cette parenthèse plus compliquée au guidon de la Ducati GP23 cette année. Il retient plusieurs moments forts dans les premières saisons de Bezzecchi, et cela suffit à le convaincre.

"Il y a des caractéristiques qui m'ont pas mal impressionné. L'une d'elles est clairement son pilotage sur le mouillé. L'autre, c'est que la seule fois que nous sommes allés sur un circuit qui était nouveau pour tout le monde [le GP d'Inde, ndlr], il a gagné avec un écart énorme. Il y a donc des signes de talent qui sont indéniables, quelque chose qui fait que l'on voit vraiment que ce gars a quelque chose de spécial", explique le responsable.

"On pourrait répondre que cette année, il ne réalise pas de bonnes performances, alors que Marc Márquez, par exemple, a la même moto et se bat tout le temps pour les premières places. Mais je pense qu'il y a parfois des facteurs externes, pas seulement techniques, qui peuvent dicter la performance et l'aspect le plus délicat mais aussi le plus sympa, c'est de trouver le secret qui va permettre d'aligner les planètes. Par exemple, si je regarde [ce qu'a fait] Maverick [Viñales] à Austin, je m'attends à ce qu'il devienne Champion du monde ! Mais malheureusement, les planètes ne sont pas toujours alignées. Nous devons donc trouver un moyen d'aligner ces planètes."

"C'est vrai que cette année, il est un peu plus en difficulté, mais ce qu'il a montré l'an dernier, qui était sa deuxième saison, est le signe d'un énorme talent", reprend-il. "Quand on regarde la carrière d'un pilote à tous les niveaux, il y a des signes qui font qu'on remarque sa vitesse et son talent par rapport à un autre pilote. Après, c'est clair que c'est un personnage un peu comme Vale ou Simoncelli, des personnages qui conviennent super bien au MotoGP. Cela dit, nous l'avons pris parce qu'il est rapide, pas parce que c'est un personnage."

Massimo Rivola réunit dans son équipe deux pilotes qui figuraient dans le top 3 du championnat la saison dernière.

Massimo Rivola réunit dans son équipe deux pilotes qui figuraient dans le top 3 du championnat la saison dernière.

Interrogé pour savoir s'il pensait que Bezzecchi a un style de pilotage adapté aux exigences de l'Aprilia, Massimo Rivola poursuit : "Sur le papier, je le vois bien. Marco est quelqu'un qui a toujours été très fort sur les circuits rapides. J'ai mentionné l'Argentine tout à l'heure, il a aussi été rapide à Assen et je crois qu'on pourrait le revoir rapide ce week-end. Notre moto convient bien de ce point de vue. Et toutes les fois où je l'ai vu tomber… Je pense à Silverstone [l'année dernière], où il a perdu l'avant parce qu'il a freiné un peu tard en étant incliné, et je dois dire que notre moto est assez bonne de ce point de vue."

"Il va falloir apprendre à se connaître, comprendre d'abord comment le mettre en selle, parce que l'ergonomie du pilote est fondamentale et qu'il roule sur le même type de moto depuis des années. Il faudra donc un minimum d'adaptation, mais j'espère le moins possible, car nous avons besoin de ramener rapidement des résultats."

Le fait est que Marco Bezzecchi a été annoncé avec un contrat de plusieurs saisons, ce qui signifie qu'il va avoir du temps devant lui pour s'adapter à l'Aprilia. Son futur coéquipier, Jorge Martín, n'a lui aussi connu que la Ducati depuis son arrivée dans la catégorie reine.

Un contact établi il y a plusieurs années

Il y a plusieurs semaines déjà, avant même que le départ de Maverick Viñales soit acté, Massimo Rivola avait évoqué le souhait de recruter un pilote italien. Si Enea Bastianini a fait partie des noms cités, le patron d'Aprilia Racing révèle que des contacts avec Marco Bezzecchi existaient déjà.

"La vérité est que son manager, avec qui je m'entends très bien, nous a approchés dès le début de la saison. Nous avons d'abord attendu la décision d'Aleix [Espargaró], puis le Mugello, et nous nous sommes concentrés sur les priorités, qui étaient clairement les pilotes. Ce qui m'a fait très plaisir, c'est que tout s'est fait très naturellement, dans le sens où Marco voulait venir chez nous, piloter notre moto, et cela fait clairement très plaisir."

Le contact, en réalité, est même bien plus ancien et Massimo Rivola réalise aujourd'hui un recrutement qu'il espérait déjà il y a quelques années. "Je vais vous raconter une anecdote : Bez a été le premier à qui j'ai proposé le guidon il y a quatre ans, quand nous nous sommes retrouvés dans la merde [avec la suspension d'Andrea Iannone, ndlr]. Il a été l'un de ceux qui ont refusé, mais il l'a fait en toute connaissance de cause. Il avait déjà une place en Moto2 avec VR46, qui était une équipe très forte, il visait donc le titre et il savait qu'en cas de succès, il aurait une voie royale en MotoGP avec l'équipe de Valentino."

"J'étais déçu, mais je ne l'ai pas mal pris. Au contraire, je pense d'ailleurs que faire une année supplémentaire en Moto2 lui a été utile", ajoute Massimo Rivola, tout sourire après avoir validé un duo de pilotes parmi ceux qui ont le plus gagné ces dernières saisons.

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