Qu'ont pensé les pilotes MotoGP de la touchette Márquez-Acosta ?
Un contact à la fin du sprint de Buriram a valu à Marc Márquez d'être pénalisé et a offert à Pedro Acosta sa première victoire sur fond de controverse. Voici ce qu'en ont pensé les autres pilotes.
Première course, et première polémique en MotoGP. Le sprint inaugural de cette saison s'est terminé par un succès de Pedro Acosta, que Marc Márquez a toutefois laissé passer dans le dernier virage. Les commissaires lui avaient en effet imposé de rendre une position après une manœuvre de dépassement estimée injuste à l'égard du pilote KTM, qui a été poussé à sortir des limites de la piste.
Márquez s'est fendu d'un geste ironique en passant l'arrivée, dévoilant son avis sur cette sanction plus qu'il ne l'a fait dans les mots, car sa réaction face aux médias s'est avérée très policée. En revanche, son team manager s'est chargé de dire tout le mal qu'il a pensé de cette décision, et Acosta lui-même a admis qu'il aurait agi comme l'a fait son adversaire.
Mais qu'en ont pensé les autres pilotes ? S'ils n'étaient pas impliqués cette fois, une telle manœuvre peut aisément se reproduire et chacun peut être concerné, en la réalisant ou en la subissant, aussi ils ont tous un avis sur la question.
Il y a d'abord ceux qui disent comprendre la sanction. Ils sont assez rares mais c'est le cas de Fabio Quartararo, qui souligne toutefois à quel point il a dû être difficile de trancher. "Je comprends la pénalité, mais Marc était encore sur la piste. C'était limite, mais dans ce cas précis, je suis content de ne pas être à la direction de course", a-t-il déclaré.
"Je pense que c'est un block-pass, c'est sûr, mais pour moi, c'était vraiment propre", a ajouté le champion du monde 2021. "Et puis, il y a aussi la façon dont il s'est retrouvé sur la piste. Mais bon, c'est du 50/50. Ça dépend du point de vue. C'était un dépassement propre, mais il était aussi un peu hors trajectoire, tout en restant sur la piste."
Jack Miller, qui avait protesté contre les commissaires pour l'avoir pénalisé à la suite d'une collision avec Fermín Aldeguer, l'an dernier à Valence, a rappelé son point de vue sur ce type de contact, qu'il juge provoqué par la résistance exagérée d'un pilote.
"Vous connaissez ma position sur ce point, depuis l'année dernière à Valence, et elle est très claire", a-t-il réagi face aux journalistes. "Quand un pilote continue de relâcher les freins à l'extérieur, au lieu de faire ce qui serait logique, c'est-à-dire laisser de la place et faire un undercut - comme on l'a vu avec Marc ici avec Dovi, ou comme Dovi l'a fait avec Marc à de nombreuses reprises - et qu'il persiste à essayer de doubler par l'extérieur, au bout d'un moment la piste tourne…"
Marc Márquez méritait-il d'être pénalisé pour son contact avec Pedro Acosta ?
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Ces dernières années, les pilotes MotoGP ont maintes fois été échaudés par ce qu'ils ont jugé être une inconstance de la part du panel de commissaires. Alors Joan Mir a mis en garde : si c'est la donne, elle devra s'appliquer avec tout le monde.
"Si la manœuvre de Marc est systématiquement pénalisée à partir de maintenant, très bien. Ce qui ne me plaît pas, c'est l'inconstance. Moi je comprends [la pénalité], car après le contact, l'autre pilote est sorti de la piste", a fait remarquer le pilote Honda.
Franco Morbidelli, justement, a tenu à souligner la rigueur du président des commissaires, Simon Crafar. "Je veux juste dire que je respecte les décisions de Simon", a-t-il fait savoir, "car il fait preuve d'une grande constance dans ces choses-là. On peut être d'accord ou pas, mais on ne peut pas ne pas voir la constance dans les processus de réflexion et les prises de décision."
"Let us race !"
Néanmoins, beaucoup de pilotes se sont insurgés contre cette décision, qui semble faire écho à une volonté déjà vue en Formule 1 d'exagérément cadrer les manœuvres afin d'éviter le moindre contact. Raúl Fernández est de ceux-là, lui qui est le seul à avoir véritablement été aux premières loges, puisqu'il était troisième à cet instant et en a même profité pour se rapprocher. Pour lui, la pénalité du champion en titre n'était pas justifiée.
"Normalement, je n'aime pas m'impliquer dans ce genre de choses, mais c'est le MotoGP. Ils ont fait preuve de beaucoup de respect", a défendu le pilote Trackhouse. "Le problème avec cette moto, c'est que quand elle se cabre, on ne peut pas changer de direction. Or, si vous regardez bien ce qui s'est passé entre Marc et Pedro, quand Marc a touché Pedro, c'est parce que sa moto s'était un peu cabrée et qu'il ne pouvait pas changer de direction."
"En tout cas, je ne suis pas vraiment d'accord avec ces pénalités, car c'est ce qui fait la beauté des courses. Je ne veux pas entrer plus dans le débat, mais si on veut préserver le spectacle, si on veut montrer que le MotoGP est le meilleur sport au monde, il faut maintenir ce genre de bagarres."
Fabio Di Giannantonio, qui a lui-même été pris dans un contact très dommageable avec Álex Márquez dans cette course, a tenu à rappeler que les contacts faisaient partie intégrante du MotoGP et qu'il était important de laisser les pilotes se battre au coude à coude.
"Mon point de vue, non pas sur cet incident, mais sur la course [en général], c'est qu'on doit se donner des coups, se cogner les carénages, on doit jouer des coudes sur la piste, entre les lignes blanches, en pensant à la sécurité de l'autre pilote et en respectant les limites", a-t-il défendu.
"Donc, quoi qu'il se passe en dehors de la piste, on met l'autre pilote en quelque sorte en danger. Je ne parle pas de cet incident précis, c'est important. Au sujet d'aujourd'hui, je veux faire confiance à la direction de course, au fait qu'ils ont une manière constante de juger [les incidents], c'est tout."
Interrogé par Canal+, Johann Zarco s'est quant à lui risqué à une métaphore imagée avec la conduite sur route. "Non, je ne pense pas", a-t-il répondu lorsqu'il lui a été demandé si la pénalité était justifiée. "En fait, on peut tous faire ça. Quand on voit l'autre rentrer, on reste à l'extérieur. On est battu mais le fait d'insister et d'aller chercher le contact… C'est comme avec les assurances : il vaut mieux mettre un coup de frein et se faire rentrer dedans, et ça n'est pas nous qui allons payer. Là, c'est exactement le même cas."
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