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Bagnaia songe à revoir son approche du vendredi

Prendre le temps de préparer minutieusement la course pendant les essais du vendredi n'est-il pas un peu risqué ? C'est la réflexion que se fait Pecco Bagnaia, qui constate qu'il manque parfois les places qui comptent le plus avant les qualifications.

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Ses performances en qualifications n'ont rien à envier à personne : la position moyenne de Pecco Bagnaia sur la grille de départ cette saison est de 2,9 − et encore, elle pâtit fortement d'une contre-performance notable au GP d'Indonésie. Avec ses six pole positions et 13 premières lignes en 16 manches, le champion en titre reste indéniablement une référence dans l'exercice.

Et pourtant, il vient de passer deux fois de suite par la Q1. Après un premier accroc à Jerez, au printemps, il a manqué le top 10 salvateur lors des essais du vendredi à Mandalika puis à Phillip Island ces deux dernières semaines. S'il s'en est finalement sorti sans trop de difficultés en Australie, se qualifiant malgré tout en première ligne, cela lui avait coûté cher en Indonésie. Or, dans un championnat arrivé à sa phase décisive, et face à un Jorge Martín qui continue d'afficher une vitesse pure impressionnante, Bagnaia sait qu'il ne doit rien laisser au hasard.

"Je ne sais pas si c'est bien de continuer comme ça mais pendant les séances, j'ai une stratégie assez différente par rapport aux autres. Ça m'aide à être toujours très bien préparé pour la course mais pas pour figurer dans les premières places quand ça compte", analysait le pilote Ducati après son podium en Australie, samedi. "Ce week-end, par exemple, quand on a pris le pneu tendre je n'étais pas prêt pour ce niveau d'adhérence. Sur le côté gauche, la différence entre le medium et le tendre était énorme et j'avais du mal avec ça."

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"On a fini le travail samedi matin, heureusement, et on était prêts pour la course, mais peut-être qu'il faut qu'on commence à réfléchir différemment et qu'on prépare mieux les time attacks parce que maintenant, on se rend sur des circuits où il est très, très important d'être rapide", ajoutait le pilote italien.

S'il a réussi à se positionner en première ligne et finalement à devancer son principal adversaire en course, Bagnaia avait bouclé la première journée quelque peu perplexe. Certes, il gardait son calme, sachant trop bien que son équipe et lui ont généralement pour habitude de rester discrets lors des essais d'ouverture, occupés à préparer la performance qu'il faudra livrer sur la durée, mais observant néanmoins le retour des sensations imparfaites qui le perturbent quelque peu depuis la fin de l'été.

"En regardant les séances, on pouvait penser que j'étais en difficulté mais c'était simplement parce qu'on travaillait beaucoup pour la course", balayait-il finalement samedi, soulagé par sa remontée jusqu'au podium. "On était finalement prêts à se battre. Je suis content, parce qu'on est tout le temps aux avant-postes et il faut qu'on continue comme ça."

La bonne stratégie en course

Si le pilote Ducati a terminé le week-end le sourire aux lèvres, c'est aussi qu'il était satisfait de la stratégie qu'il a pu appliquer en course, qui découlait directement de la manière dont il avait travaillé vendredi. Car Bagnaia a vite compris qu'il aurait besoin de demeurer très doux avec les pneus dans les premiers tours, au lieu d'attaquer d'emblée comme il l'avait fait la semaine précédente.

En course, il a donné l'impression d'avoir simplement attendu son heure, déroulant une stratégie parfaite pour fondre sur Martín. "Il était très, très important de rester calme avec les pneus", a-t-il expliqué par la suite. "Je savais que Martín avait pris le pneu tendre et attaquer comme il l'a fait était la seule option. Il était clair pour moi qu'il y aurait ce genre de dégradation, donc il fallait qu'il essaye d'avoir une avance de la sorte pour disposer d'un peu de marge dans les derniers tours. Mais je voyais que Brad [Binder] commençait à suivre Jorge et je me suis mis à penser que j'étais peut-être un peu trop lent. J'ai donc augmenté un peu mon rythme, mais pas tant que ça."

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"On a beaucoup travaillé tout le week-end avec le pneu arrière medium. Le niveau de grip était plus faible, ça patinait plus et la performance était plus élevée, alors il était assez clair que la baisse du pneu pourrait être plus forte, et même bien plus forte. On a donc décidé d'avoir le contrôle sur les pneus et au bout de sept, huit ou dix tours, j'ai pu voir que Brad et Fabio [Di Giannantonio] ont cessé de creuser l'écart, donc je me suis dit 'OK, tu es en bonne position, ne tombe pas en cherchant à te rapprocher'. Il était clair qu'ils allaient commencer à se dépasser et qu'avec cette bagarre, ils seraient plus faciles à rattraper."

"Ça a donc été une stratégie de course complètement différente. À Mandalika, il était important de contrôler le pneu arrière mais ici, ça l'était bien plus. Dans mon esprit, j'ai toujours voulu demeurer calme, ne pas trop penser à combler mon retard et rester en contrôle."

Dithyrambique sur la prestation du Champion du monde en titre, Gigi Dall'Igna a justement salué sa course "préparée de manière optimale et gérée avec les choix nécessaires", soulignant à quel point, en étant plus discrète que d'autres, elle avait mené l'Italien à un résultat qui a la saveur d'une victoire.

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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