Le regain de forme de Bastianini destiné à durer ou encore fragile ?
Après un début de championnat très compliqué, Enea Bastianini a sorti la tête de l'eau et semble se stabiliser dans le top 10. Si le pilote met ses progrès sur le compte d'un changement destiné à durer, son team manager reste prudent à ce stade.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Seul représentant de Tech3 à Jerez, Enea Bastianini n'a pas démérité. Alors que son début de championnat s'était révélé plutôt préoccupant dans la lignée des performances les plus modestes qu'il a pu produire l'an dernier, le pilote italien a cette fois retrouvé le top 10 de manière stable et s'est mis en évidence dans des bagarres.
Dimanche, il a décroché la huitième place de la course principale, non sans avoir ferraillé avec les Aprilia du team Trackhouse en début d'épreuve pour un temps espérer se classer deux rangs plus haut. Samedi, la pluie a sans doute quelque peu masqué son potentiel, sachant qu'il a manqué la bonne fenêtre pour rentrer changer de moto, se classant finalement 11e, mais l'essentiel était ailleurs : ses sensations ont bel et bien progressé.
"Quand il pleut, et notamment quand la pluie arrive en pleine course, c'est toujours une roulette russe", rappelait Bastianini samedi. "Dans les trois ou quatre premiers tours, j'étais compétitif et c'était important pour moi. J'ai fait de bons chronos, c'était mon objectif."
Le pilote Tech3 a montré son potentiel dès le début du week-end en passant directement en Q2 alors qu'il a souvent eu du mal à performer sur le tour qualifs. Puis, malgré une chute en qualifications, il a obtenu la huitième place sur la grille, ce dont il a profité dimanche une fois le beau temps revenu.
"Ça a été un week-end solide en ce qui me concerne, je peux être satisfait parce qu'on a été compétitifs dans toutes les séances, qu'il fasse froid ou chaud, même avec le vent pendant la course", retenait-il en fin de week-end, à l'heure de dresse le bilan pour le site officiel du MotoGP.
"Franchement, je m'attendais à un peu mieux pour la course, je pensais à un top 5 mais après cinq tours j'ai senti une grosse dégradation de mon pneu avant et, à partir de là, il m'a été impossible de pousser sur l'avant. Ensuite, c'est resté constant sur la fin de la course et j'ai essayé de gérer cela et ça a donné une huitième place."
Enea Bastianini se sent mieux depuis Austin.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Bastianini a une explication à la hausse de ses performances
Malgré les quelques regrets qu'il peut nourrir au sujet de ce qui l'a empêché d'exprimer pleinement son potentiel pendant le week-end, Enea Bastianini apparaît surtout soulagé. Car il sait que ce qu'il juge avoir été l'élément déclencheur n'est pas qu'une éclaircie de passage : il met en effet ses progrès sur le compte du retour du pneu à la carcasse standard, réapparu à Austin, où il avait déjà fait repartir sa courbe de performance à la hausse.
"Je pense que j'ai gagné beaucoup de grip quand on a changé de pneu et qu'on est revenu au pneu standard", répond-il lorsqu'il lui est demandé ce qui a changé. "Mon principal problème pendant les deux premières manches, c'était le grip à l'avant, et aussi à l'arrière. Je n'avais absolument aucun grip. Mais à partir d'Austin, on a bien progressé, et ça a été le cas ici, à chaque séance. Je veux continuer comme ça, on fait du bon boulot."
À la direction de l'équipe, la satisfaction prime également. "On est plutôt contents de la performance d'Enea", se félicite Nicolas Goyon au micro de Canal+. "On avait vraiment un gros point d'interrogation après Austin. À Austin, il nous a fait une course vraiment complète et on était ravis de retrouver l'Enea qu'on a vu l'an dernier. Ça, c'était vraiment un point positif. On avait vraiment un point d'interrogation ici : le retour en Europe, cette piste de Jerez que tout le monde connaît par cœur."
Enea Bastianini est désormais dixième du championnat.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"Enea nous a fait un vrai beau week-end. Il nous fait la Q2 - on sait que pour lui c'est vraiment un point crucial du week-end - il réussit à faire [sa] meilleure qualification de l'année en huitième place, donc un résultat positif. [Samedi] une vraie belle [couse] sprint, en tout cas sur la partie sèche avec une sixième place. Il y a les aléas de la météo, il s'est fait un petit peu piéger par ces conditions climatiques, néanmoins sa performance était vraiment bonne sur le sec. Et [dimanche] une solide performance."
"On aurait pu espérer un petit peu mieux [dimanche], Enea est un pilote qui manage vraiment la dégradation de ses pneus et on pensait qu'il pourrait accrocher le top 5. Maintenant, on a vu des Aprilia très, très fortes. On finit premier KTM, quelque huit secondes devant Acosta. C'est quand même vraiment un bilan positif."
Une performance encore fragile et à confirmer
Un bilan positif, qui s'accompagne d'une place dans le top 10 du championnat, de quoi renforcer encore la confiance du pilote. Néanmoins, lorsqu'il lui est demandé si cette performance traduit un déclic à l'image de celui qu'a pu avoir Viñales l'an dernier, Nicolas Goyon reste très prudent.
"Non, pas vraiment", répond-il pour Canal+. "C'est vrai que, l'an dernier, Maverick avait eu un déclic clair en Argentine, on avait changé sa position sur la moto et ça lui avait carrément changé le feeling. C'était vraiment un déclic. Avec Enea, c'est différent : il se sent un petit peu mieux sur la moto cette année, néanmoins les premières courses ont été vraiment difficiles."
Avec Maverick, c'était vraiment un déclic. Avec Enea, c'est différent.
"À Austin, le week-end s'est plutôt bien enchaîné, ici il reste sur une performance très correcte. Maintenant, je dirais que la performance d'Enea est un peu plus fragile. On va plus regarder course après course, pour voir vraiment ce qui se passe. Mais on a une confiance un petit peu moindre par rapport à la situation de Maverick l'an dernier."
Rassuré tout de même par de meilleures sensations sur sa moto, le pilote a pu les confirmer lundi, lors du test réalisé à Jerez, et il espère bel et bien poursuivre sur cette lancée pour le Grand Prix maison de Tech3, la semaine prochaine.
"On a fait du bon travail en essayant différentes choses", expliquait Bastianini à l'issue du test. "Rien de gros, mais en ce qui me concerne, les progrès n'ont pas été mauvais, surtout l'après-midi où l'on a testé différentes solutions et notamment quelque chose qui allait dans la bonne direction, avec un bien meilleur rythme en pneu medium par rapport à hier. Maintenant, on est confiants de pouvoir aller au Mans et essayer cela à nouveau sur une nouvelle piste."
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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