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MotoGP GP de Catalogne

Enea Bastianini a volontairement ignoré ses long-laps

S'estimant injustement visé par les commissaires, Enea Bastianini a refusé de respecter les différentes pénalités qu'il avait reçues au cours du Grand Prix de Catalogne. L'Italien assure que les commissaires de course ont fini par reconnaître leurs torts, mais qu'ils ne pouvaient pas revenir en arrière.

Enea Bastianini, Ducati Team

Enea Bastianini a reçu plusieurs pénalités en course principale à Barcelone mais n'en a respecté aucune. Sur le moment, on pouvait imaginer que le pilote Ducati n'avait pas connaissance des sanctions, parfois difficiles à distinguer sur le panneau et le tableau de bord, mais ce n'est pas du tout ce qui s'est passé de ce dimanche.

"Le tableau de bord était très clair !" a expliqué Bastianini, qui a volontairement ignoré les consignes : "Je n'étais pas d'accord avec le tableau de bord."

Comment l'Italien en est-il arrivé là ? Huitième en début de course, il était sous la menace des frères Márquez. Marc l'a doublé et Álex a aussi pris l'avantage, au prix d'une manœuvre agressive au premier virage. Pour éviter le contact, Bastianini est passé dans le dégagement, ce qui est souvent automatiquement considéré comme un avantage par les commissaires de course, ce que Fabio Di Giannantonio avait déjà vécu au GP de France.

Bastianini a donc reçu un premier long-lap mais l'a volontairement ignoré, ce qui lui a valu un double long-lap, tout autant ignoré... Il a finalement écopé d'un ride-through, un passage à vitesse modérée par les stands, pour ne pas avoir respecté les deux premières pénalités. Bastianini a une nouvelle fois refusé de s'acquitter de la sanction, transformée en pénalité de 32 secondes à l'arrivée, qui l'a fait passer de la neuvième place à la 18e place.

VIDÉO - Le résumé du GP de Catalogne

Il assume pleinement cette attitude : "J'ai doublé Álex en ligne droite en quand on est arrivés sur les freins, il a freiné plus tard que moi et m'a poussé sur le vibreur. C'était impossible de rester sur les freins et la seule solution était de couper la chicane. Il fallait revenir, mais où ? Sur le vibreur du virage 2 ? Non, impossible. J'ai aussi perdu du temps parce que j'ai suivi le chemin du long-lap."

Je sais que ce n'est pas le bon choix mais il fallait faire quelque chose parce que rien ne change, à chaque course il faut une explication avec les commissaires et pour moi, ce n'est pas correct.

Bastianini s'estimait victime de l'incident mais a finalement été jugé coupable d'un avantage en passant hors de la piste, ce qu'il conteste fermement : "J'ai attendu qu'Álex rende la position pendant deux ou trois tours, mais j'ai reçu le long-lap. Je n'étais pas d'accord et j'ai décidé de continuer sans faire le long-lap. Je sais que ce n'est pas le bon choix mais il fallait faire quelque chose parce que rien ne change, à chaque course il faut une explication avec les commissaires et pour moi, ce n'est pas correct."

"C'était sans contact [avec Álex Márquez] parce que je n'ai pas insisté pour passer à l'intérieur", a-t-il détaillé. "J'étais sur le vibreur, c'était risqué d'aller à l'intérieur pour moi. Selon moi, c'était trop à la limite, j'ai attendu qu'il rende la position mais si ce n'était pas le cas, pour moi ça allait."

En cas de passage hors des limites de la piste, les pilotes doivent perdre au moins une seconde pour ne pas être sanctionnés et Bastianini assure avoir volontairement perdu du temps "pour ne pas recevoir de long-lap" mais voyant que Márquez ne lui rendait pas la position, il a vite compris que c'est lui qui était dans le viseur des commissaires : "Je me suis dit 'Perds un peu de temps, ne pense pas à ça parce que je sais comment c'est comme pour les commissaires, pour eux tu as coupé la chicane'."

La direction de course aurait reconnu ses torts

L'entêtement de Bastianini l'a privé de points alors qu'un long-lap ne lui aurait probablement coûté que quelques places mais il tenait à affirmer son point de vue et il assure que "toute l'équipe est d'accord" avec la façon dont il a appréhendé la situation : "Ils ont compris ce qu'il s'est passé. C'est comme ça."

Bastianini assure même que la direction de course a reconnu une erreur de jugement... tout en continuant à lui reprocher de ne pas avoir perdu assez de temps lors de son passage hors de la piste : "Après la course, je suis allé [voir les commissaires] avec Davide [Tardozzi, team manager de l'équipe Ducati] pour expliquer les problèmes et mieux voir les images. Pour les commissaires, au début, le long-lap était correct, puis il a dit 'Ok, non'... Ils ont vu que la décision était mauvaise."

Enea Bastianini, Ducati Team

Enea Bastianini

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

"J'ai essayé de récupérer ma neuvième place mais la direction de course ne peut rien faire. Et pour la direction de course, je n'ai pas perdu [suffisamment] de temps en reprenant la piste. J'ai dit 'Non, non, non... Regardez-mieux la vidéo, j'ai perdu une seconde'."

"Je ne sais pas si c'est certain [que le temps perdu a été d'au moins une seconde], mais j'ai bien perdu du temps", a insisté Bastianini. "Álex était derrière moi et en reprenant [la piste], Álex était 200 m [devant]. Je ne sais pas combien [il leur faut]."

Quant au refus de supprimer la pénalité en temps, les commissaires ont expliqué à Bastianini qu'ils n'avaient pas la capacité de revenir sur la décision. "C'est impossible, c'est fou, c'est comme ça", a résumé un pilote désabusé.

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