Bezzecchi en souffrance et étonné d'être en tête
Bien que leader du jour à Silverstone, Marco Bezzecchi décrit des douleurs et un manque de mobilité qui font suite à ses blessures du mois dernier. Les courses s'annoncent compliquées pour le vainqueur 2025.
Photo de : Glyn Kirk / AFP via Getty Images
La première journée d'essais à Silverstone s'est conclue avec un leader inattendu en la personne de Marco Bezzecchi. Non pas que l'Italien, encore leader du championnat récemment et vainqueur de ce Grand Prix l'an dernier, n'en ait pas le potentiel. Mais les douleurs évidentes qu'il traînait en faisant son retour dans le paddock jeudi n'auguraient rien de bon.
On l'avait quitté lourdement accidenté en Allemagne, opéré deux fois dans la foulée pour une fracture de la clavicule gauche et une plaie au genou. Et après une pause entièrement dévolue à sa convalescence, dont il ne cache ni l'ennui ni la souffrance, lui-même pensait faire profil bas pour cette reprise.
Ce soir, il détient pourtant le nouveau record de la piste. "Je ne m'y attendais pas", avoue-t-il, pas le dernier pour se moquer de la grande peine qu'il a eue à descendre de sa moto après ces essais. Expliquant devoir composer avec la douleur autant qu'avec un manque de mobilité, il a levé le voile sur la réalité qui a été la sienne ces dernières semaines pour mieux insister sur sa surprise d'être leader ce soir et sur ses doutes pour la suite.
"Ça a été une journée formidable. Évidemment, je suis très content d'avoir fait un bon chrono mais le bilan global de la journée est un petit peu différent. En termes de rythme, j'ai un peu plus de mal. Quand je dois enchaîner quatre ou cinq tours, je commence à souffrir", explique le pilote Aprilia.
"À la fin de la séance, j'étais super fatigué. Mes blessures ont toutes les deux été rudes. Au niveau de l'épaule, il est vrai que ça n'était qu'une clavicule, mais la fracture était très moche, donc l'opération a été très difficile. Quant au genou, c'était juste une plaie mais très profonde. On me l'a refermée en Allemagne pour que je puisse prendre l'avion, mais il a fallu la rouvrir et ils ont alors vu que je me suis égratigné l'os. Donc l'opération au niveau du genou a été compliquée aussi."
Marco Bezzecchi (Aprilia Racing)
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
"Pendant la pause, c'était compliqué de déconnecter quand j'étais à la maison, c'était même impossible. Je suis retourné à la salle le lundi alors que j'avais été opéré le dimanche. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour essayer de revenir ici, et ça n'a pas été facile."
Questionné pour savoir s'il arrive malgré tout à piloter comme il le souhaite, Bezzecchi poursuit : "Non, je force un peu, surtout à cause du genou. C'est la plus petite des blessures mais celle qui me rend dingue, finalement. Les journées à la maison ont été un désastre ! Donc je force un peu, surtout dans les changements de direction : je ne peux pas totalement plier la jambe, alors j'ai du mal. Et sur cette piste, il y a beaucoup de changements de direction !"
Voir l'arrivée des courses et avancer pas à pas
Ce meilleur temps du jour envoie Marco Bezzecchi en Q2 pour tenter de prendre la meilleure place possible sur la grille de départ. Cela aura au moins l'avantage de lui éviter une séance et de lui laisser quelques minutes de repos supplémentaires entre les EL2 et les qualifications demain. Mais qu'attendre ensuite des courses au vu de son état ?
"Être rapide, ça aide toujours. Ça a été une belle satisfaction de faire ce chrono, même si on n'est que vendredi et que ça ne veut rien dire. Mais au moins pour un jour, j'ai le record de la piste ! J'espère qu'il va résister demain. Mais il est certain qu'il vaut bien mieux être rapide qu'être lent."
"Demain, ce sera certainement super dur, mais on y pensera demain", souligne-t-il, pragmatique. "J'espère être en mesure de terminer les deux courses. Le sprint a certes moins de tours, mais leur intensité est plus forte."
"On va tout essayer cet après-midi et ce soir pour que je me repose et que je me remette, avec le physio et l'équipe médicale d'Aprilia, et pour faire en sorte que je me réveille demain en étant au moins dans l'état dans lequel je suis maintenant. Mais peut-être qu'il va falloir qu'ils me sortent du lit avec une grue !"
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