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Rétro

Champions avec plusieurs marques : l'exploit de Lawson (2/3)

Poursuivons notre retour en arrière en nous intéressant au premier qui réussit l'exploit d'être titré coup sur coup avec deux marques différentes. Eddie Lawson n'avait rejoint Honda que pour un an mais un quatrième titre l'y attendait…

Eddie Lawson

Eddie Lawson en 1989

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Rétro : Dans l'Histoire des sports méca

Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.

Tout juste champion du monde avec Ducati, Jorge Martín s'attaque au défi ultime, celui de conserver son titre tout en rejoignant une autre marque, en l'occurrence Aprilia. L'Espagnol ne manque pas d'ambition, pourtant il n'est pas sans savoir qu'il s'agirait d'un véritable exploit s'il y parvenait.

D'une part, car en l'état actuel des performances, il y a fort à parier que Ducati saura maintenir sa suprématie sur le MotoGP, tandis qu'Aprilia en est au stade de victoires encore sporadiques. Mais la marque de Noale entraperçoit néanmoins des signaux qui peuvent donner espoir, puisqu'elle a été la seule à empêcher les Desmosedici de faire main basse sur la totalité des courses en 2024 et que sa nouvelle recrue est aussi très enthousiaste quant aux progrès obtenus avec la RS-GP25.

Alors voilà que Jorge Martín se prend à rêver de réaliser l'impensable… Ils ne sont que deux à avoir réussi ce pari de remporter le championnat dès l'année de leur changement de moto. Le tout premier à y être parvenu est Eddie Lawson, en 1989, soit au bout de 40 ans d'existence du championnat du monde.

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Arrivée dans les Grands Prix à 25 ans, ce pur produit de l'école américaine, glorieuse à l'époque, avait d'abord fait les belles heures de Yamaha, avec qui il avait débuté aux côtés d'un Kenny Roberts Sr en fin de carrière. Sage, peut-être pas assez spectaculaire aux yeux de certains, Steady Eddie fit montre durant la petite dizaine d'année qu'il passa en Grand Prix d'une grande stabilité, tombant peu et récoltant ainsi de belles moissons de points face à des adversaires au pilotage parfois plus rocambolesque.

Régulier, Lawson l'était aussi dans ses classements au championnat : c'est bien simple, ses six premières saisons mondiales furent rythmées par un titre tous les deux ans. En 1984, 1986 et 1988, Randy Mamola et Wayne Gardner se cassèrent les dents sur ce grand sérieux, limite taiseux, qui livra bataille également, et entre autres, contre Freddie Spencer et Christian Sarron. Une époque où aucune domination ne sut s'inscrire dans la durée, ce qui donne encore plus de valeur avec le recul à ces trois titres 500cc obtenus avec constance et une capacité à rebondir à chaque échec.

Eddie Lawson en lutte contre Wayne Gardner et Christian Sarron en 1988.

Eddie Lawson en lutte contre Wayne Gardner et Christian Sarron en 1988.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Mais là où Lawson réalisa un véritable exploit, c'est lorsqu'il rejoignit Honda en 1989, pour une saison seulement et avec à la clé un nouveau sacre. Un transfert retentissant à l'époque, qui menait l'Américain à courir aux côtés de son grand rival Gardner et à transférer sa plaque de numéro 1 de la Yamaha à la moto directement concurrente. Mais il allait surtout travailler auprès d'Erv Kanemoto qui avait tous les arguments techniques pour le convaincre d'opérer ce changement.

Son duo avec Gardner fut vite perturbé, puisque son coéquipier australien se blessa dès le troisième Grand Prix de la saison, tandis que Lawson réussit à maintenir ce qui était devenu sa marque de fabrique : monter sur le podium pratiquement à chaque course. Avec au passage quatre victoires, sa régulière apparition dans les premières places fut son meilleur atout face à celui qui émergea comme son premier adversaire, un certain Wayne Rainey en pleine ascension.

Quarante ans après la création du championnat du monde, Lawson était donc le premier à abattre ce qui semblait être un mur infranchissable en menant sa Honda aux couleurs de Rothmans au titre, un an seulement après son dernier sacre avec Yamaha. Une prouesse qui faisait aussi écho à une autre, celle d'être titré en étant considéré comme pilote indépendant.

Dès 1990, Eddie Lawson fit le chemin inverse, en ramenant la plaque de numéro 1 sur la Yamaha, mais cette fois sans remporter le championnat, pas plus qu'avec Cagiva les deux années suivantes, ses dernières en Grand Prix. Vingt-cinq ans après lui, un autre pilote allait parvenir à être titré avec deux constructeurs différents coup sur coup, mais cette fois sans faire passer le #1 de l'une à l'autre des motos. Oui, car le pilote en question n'a jamais quitté son numéro fétiche : le 46…

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