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Le choix de Barcelone pour le dernier GP ne convainc pas tout le monde

S'ils se plient au choix de la Dorna, Enea Bastianini et Pecco Bagnaia ont exprimé des réserves quant au fait de maintenir le dernier Grand Prix de la saison MotoGP en Espagne, à 400 km d'une zone dévastée par les intempéries.

De nouveaux aménagements à Barcelone

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Intempéries à Valence

Le point sur la situation à Valence après le passage d'une tempête dévastatrice, à quelques jours du Grand Prix MotoGP prévu sur place.

À l'issue d'une semaine dramatique pour la population espagnole, avec le passage mardi d'intempéries d'une ampleur extrême et une situation aujourd'hui catastrophique dans la région de Valence, le MotoGP a fait le choix de Barcelone pour reprogrammer le dernier Grand Prix de sa saison. Malgré l'espoir initial de maintenir l'épreuve sur le circuit Ricardo Tormo, les décideurs se sont rendus à l'évidence et ont étudié des alternatives, pour finalement opter pour un autre site espagnol, à 400 km de la piste initialement prévue.

Si les pilotes s'étaient unanimement positionnés en faveur d'une annulation du GP de Valence, Pecco Bagnaia allant même jusqu'à affirmer, lorsque l'option du maintien était encore sur la table, qu'il refuserait de s'y rendre, quitte à perdre le titre, le choix de Barcelone en fait tiquer certains.

C'est le cas en particulier d'Enea Bastianini, qui ne trouve toujours "pas correct" d'organiser un événement d'une telle ampleur, destiné à couronner le champion du monde, dans le contexte de crise humaine et sanitaire que traverse l'Espagne actuellement.

"Pour moi, ça n'est pas correct de courir en Espagne mais c'est comme ça, c'est le choix de la Dorna", fait savoir le pilote italien. "Le fait qu'on coure en Espagne après ce qui s'est passé, je ne trouve pas ça très bien. Je ne suis pas d'accord à 100%, mais de toute évidence ceux qui ont pris cette décision l'ont fait parce que c'était la seule solution. Alors je crois qu'il faut s'adapter."

"Je continue à dire que courir en Espagne, ça n'est quand même pas génial", lui fait écho Pecco Bagnaia, "mais au moins on ne sera pas à Valence, où il faut se souvenir que la situation ne cesse d'empirer. On n'oublie pas cela, donc il est juste de courir ailleurs, même si c'est dommage."

Le MotoGP va retrouver le Circuit de Catalunya pour son dernier Grand Prix et le test organisé dans la foulée.

Le MotoGP va retrouver le Circuit de Catalunya pour son dernier Grand Prix et le test organisé dans la foulée.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Le circuit de Montmeló a été préféré à celui de Losail, ainsi qu'à Portimão et Jerez qui figuraient aussi parmi les options possibles. De multiples raisons, notamment budgétaires et logistiques, ont mené à ce choix, qui va pousser les équipes à répéter un Grand Prix qu'ils ont disputé sur place au mois de mai, mais avec cette fois une météo beaucoup plus fraîche.

"Ça sera piégeux. Les conditions seront plus difficiles qu'en [mai] parce qu'il fera froid et il y a deux virages à Barcelone qui sont assez délicats, à savoir le 2 et le 5", prévient Bagnaia. "On s'adapte tout le temps à tout. Je suis plus performant à Barcelone, normalement. Mais c'est aussi une piste plus piégeuse où les erreurs sont très faciles. Il faut être très précis."

Jorge Martín, qui pourrait y décrocher son premier titre mondial, prend ce choix avec pragmatisme... mais il risque d'être très attentif aux prévisions météo. "Je crois que mes performances sont très similaires à Barcelone et à Valence. J'étais sur le podium à Barcelone en 2022 et 2023, donc je pense pouvoir être compétitif. Par contre, il y a des virages piégeux", a observé le Madrilène. "Et puis il faut voir comment ce sera maintenant, en novembre. On pourrait rencontrer beaucoup de conditions différentes… Il peut pleuvoir, il peut y avoir du vent, il peut neiger, on n'en sait rien ! J'espère que Michelin va trouver une bonne solution, comme pour l'Australie. On verra bien."

Bagnaia vainqueur du Grand Prix en mai

Logiquement, chacun pense aux performances qu'il s'imagine capable de réaliser sur cette piste. Pour Aleix Espargaró, c'est une bonne nouvelle, sachant qu'il va donc terminer sa carrière à quelques kilomètres de son lieu de naissance et là où il a remporté en mai dernier ce qui est son dernier succès en date, dans la course sprint.

En lutte pour le titre, Bagnaia ne peut oublier que c'est sa chute, dans le dernier tour de ce sprint, qui avait permis cette victoire d'Espargaró, alors qu'il s'était brillamment imposé le dimanche. Martín, lui, n'y a jamais gagné, en revanche il est monté sur le podium ces trois dernières années et un résultat similaire serait amplement suffisant pour qu'il valide le titre.

Quant à Enea Bastianini et Marc Márquez, qui doivent se départager pour la troisième place du classement final, ils ont des souvenirs mitigés sur place. "Il va falloir se donner à 100%. Il faudra que je sois plus fort qu'à la course de Barcelone du début de saison, où j'avais été rapide mais où j'avais pris deux ou trois pénalités long-lap !", rappelle en effet l'Italien.

"Marc a l'avantage en allant à Barcelone, c'est sa ville !", ajoute Bastianini, à tort sans doute car le circuit catalan ne fait pas partie des bonnes pistes du #93, "mais ici, ça n'était pas non plus une bonne piste et on a pu être compétitifs", rappelle celui-ci en quittant Sepang. "Je préférerais bien sûr un autre circuit mais c'est celui qui sera au calendrier alors on va essayer de se donner à 100%. On aura bien sûr des conditions délicates au niveau météo car on est en novembre."

Par ailleurs, Barcelone est vu comme un choix intéressant par les pilotes des marques japonaises dans l'optique du test qui s'y déroulera au surlendemain du Grand Prix, car la piste offre traditionnellement peu d'adhérence et pourrait donc mettre les motos à rude épreuve, offrant des conditions d'évaluation très pertinentes pour progresser.

Quelle que soit la manière dont ce Grand Prix se déroulera d'un point de vue sportif, les pilotes militent en tout cas pour une aide conjointe envers les sinistrés de la région de Valence. De plus amples informations sont attendues dans les 48 heures, avec l'officialisation de ce choix de circuit par la Dorna et la FIM.

Lire aussi :
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