Le choix de pneu de Bagnaia, un pari mais pas une erreur
Michelin ne voit pas d'erreur dans le choix pneumatique singulier fait par Pecco Bagnaia au GP d'Inde. La chute du leader du championnat pourrait en tout cas être un tournant dans la saison.
Treizième manche sur 20, le Grand Prix d'Inde a réservé son lot de surprises et de micro-événements qui, dans le récit global de la saison, pourraient bien s'avérer être des étapes marquantes. Parmi eux, la chute du leader du championnat...
Sur la piste de Buddh, inconnue des pilotes mais aussi des techniciens de Michelin, l'allocation pneumatique était plus riche que d'habitude. "Les pneus que nous avons choisis se sont bien comportés", se félicite Piero Taramasso dans une interview pour l'édition italienne de Motorsport.com. "En course, trois des quatre pneus avant que nous avions apportés ont été utilisés, ainsi que les deux pneus arrière. Cela signifie que nous avons bien travaillé dans nos simulations et que nous avons choisi les bons composés."
Les choix ont été uniformes pendant la course sprint, mais ils ont quelque peu différé dimanche pour l'épreuve longue. Parmi les solutions qui sont sorties du lot, Pecco Bagnaia a opté pour le pneu avant le plus dur, une solution censée servir de back-up pour le week-end si jamais l'allocation de base ne fonctionnait pas.
Après sa chute, le champion en titre admettait avoir fait un choix risqué, motivé par les problèmes inhabituels qu'il rencontre depuis deux Grands Prix et qui l'ont affaibli sur les freinages, jusqu'ici son point fort. "On a accepté le risque de rouler avec le dur", a-t-il expliqué dimanche. "On ne sait pas pourquoi mais sincèrement, toutes les autres Ducati acceptaient mieux le medium à l'avant et pas moi ; j'avais des soucis avec le medium, j'avais beaucoup de blocages."
Du point de vue de Michelin, ce pneu dur certes un choix hasardeux mais pas une erreur. "Ça a été un peu un pari, parce qu'il a été le seul pilote à le choisir", concède Piero Taramasso. "En Inde, nous avions deux types de pneus durs : Morbidelli a monté le pneu [hard] standard, tandis que Pecco a choisi la solution de secours, que l'on peut appeler extra-hard. Disons que c'était un peu un pari, mais il s'est toujours senti à l'aise avec ce pneu. Il l'avait essayé également à Mandalika l'année dernière, et il lui avait plu."
"Le risque a peut-être été de l'essayer en course sur une nouvelle piste, sachant que le medium pouvait facilement faire la course. Pour moi, c'est un pari dans ce sens, car il n'y avait pas besoin d'aller vers ce type de solution, ce n'était pas obligatoire puisqu'il y avait un pneu medium qui fonctionnait bien."
Bagnaia a expliqué avoir fait ce choix car il recherchait plus de stabilité sur les freins. "Il est vrai que c'est un pneu qui offre assurément plus de stabilité au freinage par rapport au medium", ajoute le responsable deux-roues de Michelin Motorsport. "Ça n'a pas été une erreur de faire ce choix car les données montraient qu'il fonctionnait bien et, lui, il avait de bonnes sensations. Vu les températures, c'est une solution qui pouvait fonctionner, mais ensuite, en course, il peut toujours se passer quelque chose."
Une "amère déception" chez Ducati
C'est la cinquième fois que Bagnaia tombe lors de la course du dimanche cette année, à chaque fois alors qu'il trouvait en tête ou se battait pour les premières places. Gigi Dall'Igna a vu dans sa glissade de Buddh une "amère déception" et "la dernière chose dont [il avait] besoin". Le patron de Ducati Corse estime que son pilote "gérait de façon optimale" son duel contre Jorge Martín et qu'une "petite indécision a suffi à ce que sa course se termine dans les graviers".
Cette chute est en tout cas dommageable pour Bagnaia au classement général, alors que Martín est au sommet de la vague et réalise depuis plusieurs week-ends de grosses moissons de points. Seuls 13 unités séparent désormais les deux hommes, contre 62 après le GP d'Autriche, il y a un mois. Si le championnat prend une bonne tournure pour Ducati, le suspense est relancé depuis l'accident du #1 à Barcelone et on entre dans une phase nouvelle de cette course au titre, qui n'est pas pour détendre le management.
"Il semble que, très probablement, ce sera un pilote Ducati qui va remporter le championnat, mais évidemment il va falloir voir comment ça va évoluer dans les prochaines courses", observait Paolo Ciabatti, directeur sportif de Ducati Corse, dans le podcast officiel du MotoGP à la veille des premiers essais de Buddh, conscient qu'il restait encore beaucoup de points en jeu à l'aube d'une phase extrêmement intense de la saison.
"Même des pilotes qui sont quatrième ou cinquième ont encore une bonne chance de faire partie des candidats au titre. Nous sommes actuellement dans une très bonne position, mais nous gardons les pieds sur terre car la course, c'est la course, et tout peut arriver. D'autant qu'avec toutes ces courses à la suite, une petite erreur peut se révéler très, très [dommageable]", pointait le responsable italien. Les événements du week-end ne l'ont pas fait mentir…
Avec Matteo Nugnes
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires